La loi de Sarkozy
Tenons-nous prêts au combat, les mauvais coups de Sarkozy commencent à pointer leur nez mais ils ne sont que le début d'une longue liste. Nous lui faisons confiance pour porter ombrage et nuire au Premier Ministre. La preuve en est hier, au Havre, où il a fallu qu'il dévoile son plan alors que DDV devait en parler aujourd'hui. Histoire de lui couper l'herbe sous les pieds comme le fait si gentiment remarquer Libération. Et puis apparaît sa méthode que l'on nommera la carotte avant le bâton... ainsi prévient-il qu'il peut "être très généreux avec ceux qui veulent s'en sortir"... comme s'il suffisait de vouloir pour pouvoir. Ou comme s'il se prenait pour le Père Noël ou le magicien qui peut rendre tout possible. On peut rêver. Nous sommes bien placée pour savoir que non.
Un des points importants de son projet étant "une réforme profonde de l'ordonnance de 1945". Sarkozy veut "tripoter" encore et toujours toutes les lois, tous les codes, toutes les ordonnances de notre Constitution comme fait Bush avec la Constitution américaine dont plus rien ne reste pour le plus grand malheur des citoyens condamnés à vivre dans un pays totalitaire. Là où il copie encore sur les USA, c'est sur le traitement des mineurs dont des milliers croupissent en prison à perpétuité sans pouvoir bénéficier de liberté conditionnelle. Et que de nombreux autres sont condamnés à mort. On ne dirait jamais que Sarkozy a été avocat quant à sa connaissance de l'humain, elle est quasiment nulle. En se penchant un peu sur les statistiques, il verrait que la délinquance se développe dans les quartiers dits sensibles et dans les foyers défavorisés. Donc pour combattre la délinquance, il faut la prévenir et pour la prévenir, il ne faut pas qu'il y ait de misère, on y revient.
Trois mois après, Sarkozy reparaît en banlieue
par Antoine GUIRAL
Au Havre, le ministre de l'Intérieur a présenté un plan de prévention... ultrasécuritaire
Nicolas Sarkozy a dévoilé hier en Haute-Normandie une partie de son plan de prévention... anti-Villepin. Soit une journée de «terrain» destinée à couper l'herbe sous le pied du Premier ministre qui préside aujourd'hui à Matignon un comité interministériel de prévention de la délinquance. Persuadé que Dominique de Villepin s'apprêtait à récupérer à son profit un texte mis au point par la place Beauvau, le ministre de l'Intérieur est donc allé le devancer toute la journée d'hier en terres chiraquiennes, en déclinant ses propositions : lutte contre l'absentéisme scolaire, développement de la vidéosurveillance, créations d'internats. Sans oublier «une réforme profonde de l'ordonnance sur les mineurs de 1945» avec à la clé des comparutions immédiates pour les moins de 18 ans.
Pour son premier déplacement dans un quartier sensible depuis la crise des banlieues, Nicolas Sarkozy s'est rendu dans le secteur de la Mare rouge au Havre, une ville dirigée par Antoine Rufenacht (UMP), directeur de la campagne présidentielle de Jacques Chirac en 2002. Sur place, pas de risques : la population est tenue à bonne distance derrière des barrières et un solide dispositif policier. Sarkozy s'engouffre dans une salle pour un dialogue avec des représentants d'associations de quartier triés sur le volet. D'emblée, il prévient qu'il veut «être très ferme avec ceux qui ne veulent rien et très généreux avec ceux qui veulent s'en sortir» et assure «ne pas avoir de leçons à donner». Soucieux de renouer avec une grande partie de la jeunesse qui le fuit, il se lance en réponse à une question sur «la stigmatisation de certains courants artistiques» dans un dégagement sur le rap. «Toutes les générations ont connu des mouvements musicaux. Il y a eu le rock'n roll... puis les yéyés [...] Brassens et ses mélodies étaient précurseurs de ce qui se fait aujourd'hui. Parfois des voyous prennent en otage un courant musical et le détournent.» Interpellé sur son vocabulaire, il s'en amuse : «En plus, j'ai fait de la publicité pour Kärcher, et ils ne m'ont jamais remercié.» La salle ne rit pas.
A la mairie du Havre où près d'un millier de personnes l'attendent, Rufenacht fait son outing sarkozyste : «Vous êtes un homme d'action et de projet. Vous faites bouger les lignes et suscitez débats et controverses.» La machine Sarkozy se met en marche pour une demi-heure de discours à droite toute, où il dénonce pêle-mêle «des décennies de laxisme», promet d'«assouplir le marché du travail» ou s'en prend «au cortège de tous les immobiles qui se mobilisent dès [qu'il] demande quelque chose».
Fonçant toutes ambitions en bandoulière à travers la campagne normande, Sarkozy s'est offert un ultime plaisir lors d'un meeting aux Andelys : entendre la salle siffler le député du département, Jean-Louis Debré, fervent antisarkozyste absent hier soir.
Sources : LIBERATION
Posté par Adriana Evangelizt