La réforme du code de travail de DDV

Publié le par Adriana EVANGELIZT

Pas à pas, Villepin réforme en profondeur le code du travail

Face à des syndicats et une gauche jusqu'alors assez atones, Dominique de Villepin vient d'engager une nouvelle étape de la réforme du code du travail en lançant pour les moins de 26 ans le contrat première embauche (CPE), un CDI résiliable à tout moment pendant deux ans.

Tout en se proclamant défenseur du modèle social à la française pour mieux se démarquer de son rival Nicolas Sarkozy, chantre de la rupture, le Premier ministre, qui fait de la "bataille pour l'emploi" sa priorité, a ouvert une nouvelle brèche, au nom du »pragmatisme».

Après l'apprentissage à 14 ans et la création du contrat nouvelles embauches (CNE) dans les très petites entreprises, assorti d'une période d'essai de deux ans au cours de laquelle l'employeur n'a pas à justifier le licenciement du salarié, le CPE s'inscrit dans une démarche libérale que M. de Villepin préfère qualifier de "modernisation du marché du travail".

Malgré les risques politiques d'une telle déréglementation -la gauche et les syndicats l'ont accusé de "tuer le Contrat à durée indéterminée"- M. de Villepin semble faire le pari que les Français ne désavoueront pas ses choix, l'accès direct au CDI classique étant, il est vrai, devenu virtuel pour la grande majorité des jeunes.

"Face à un PS englué dans ses querelles intestines et des syndicats qui n'arrivent pas à surmonter leurs divisions, il a un boulevard devant lui", affirme une source gouvernementale.

Reste que, comme l'a montré en 1994 la fronde qui avait entraîné le retrait du CIP -"Smic-jeunes"- d'Edouard Balladur, toute mesure concernant les jeunes peut s'avérer périlleuse.

Une douzaine d'organisations étudiantes et lycéennes marquées à gauche ont appelé dès jeudi à la mobilisation générale pour obtenir le retrait du CPE, qualifié d'"insulte à la jeunesse'.

Après des mois d'atermoiements, les syndicats ont eux aussi promis 'une action spécifique sur le CPE' et pris contact avec ces organisations.

Face aux critiques relatives au court-circuitage des partenaires sociaux sur le CPE -une "erreur", selon le sarkozyste François Fillon-, le Premier ministre met en avant "l'urgence" de la lutte contre le "cycle infernal" du chômage des jeunes et accuse ses détracteurs de ne pas avoir "atterri dans la réalité du monde du 21e siècle".

"Le CPE est un contrat anti-précarité (...) Pas de bataille idéologique ! Avant de manifester, de contester, de critiquer, informons-nous !", a-t-il exhorté vendredi, en se disant soucieux de dissiper "les malentendus, les préoccupations et les amalgames".

Alors que le chômage est redevenu la préoccupation numéro un des Français, il entend d'ailleurs aller plus loin avec, dans les mois à venir, la "troisième étape" de son plan pour l'emploi.

Là aussi, les chantiers s'annoncent explosifs: réforme "globale" du contrat de travail, avec une possible unification des contrats existants, et abaissement du coût des heures supplémentaires pour tourner définitivement la page des 35 heures.

Prenant soin de taire toute ambition présidentielle, M. de Villepin mise sur cette ardeur réformatrice pour réduire chaque jour un peu plus l'espace de M. Sarkozy et en toucher personnellement les dividendes, le moment venu.

Convaincu que son propre destin dépend en grande partie de "résultats" sur l'emploi, il a fait le lien pour la première fois mardi entre son plan et les élections de 2007: "les jeunes s'en rappelleront dans un an et demi et ne vous pardonneront pas de leur avoir menti", a-t-il lancé à Jean-Marc Ayrault (PS), qui l'accusait de démanteler le code du travail.

Sources : TAGEBLATT

Posté par Adriana Evangelizt

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Publié dans CHÔMAGE

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