Un Président trop souvent à cran
Merci Antoine Guiral pour ce superbe article, comme quoi tous les journalistes ne se contentent pas d'être des scribouillards puisant leurs infos sur l'AFP. Parce que là, il rejoint irrémédiablement ce que nous disions ICI et ICI. Pour cerner la personnalité et les comportements de Nicolas Sarkozy, il faut incontestablement comprendre la psychologie du personnage. Or, le fait est que l'homme inquiète. Le mot "inquiétant" déjà n'est pas très rassurant. On attribue cet adjectif à des individus troubles, glauques, voire même dangereux. Mais si Nicolas Sarkozy est ce qu'il est aujourd'hui c'est parce qu'au fond de lui, il est extrêmement fragile et peu sûr de lui. Ceci lui vient, bien sûr, de son enfance. On sait qu'il a beaucoup souffert du comportement du père mais comme nous le disions sur un autre blog, à force de ne pas vouloir lui ressembler, il finit par en être la copie conforme. Il a fini par être un séducteur comme lui. Nous avons aussi connu ce problème avec certains membres de notre famille. Le manque d'amour ou le rejet peuvent greffer dans la personnalité de tout un chacun de graves lacunes. Nicolas Sarkozy n'a pas comblé ces lacunes. Bien au contraire. Plus il montait dans son accession au pouvoir, davantage elles sont ressorties lui faisant croire qu'il pouvait tout oser, tout se permettre et tout posséder. La première chose qu'il faut qu'il travaille c'est son humilité. Parce que l'orgueil le bouffe littéralement et que la boursuflure de son égo prend des proportions qu'il ne pourra bientôt plus juguler. Il faut bien qu'il comprenne que tout le monde ne peut pas penser comme lui et qu'il n'a pas à imposer quoique ce soit de néfaste ni à son entourage ni à la France. Il faudrait qu'il redescende un peu sur terre et qu'il s'axe davantage sur l'universalité et non sur son égoïsme.
A ce stade, nous nous permettrons aussi d'ajouter que Nicolas Sarkozy est très mal entouré. Il ne faut pas autour de lui des individus qui l'orientent vers une politique ou des idéologies qui nuirait à notre pays et par là même à lui et à son image. Or là, qu'avons-nous ? Nous n'allons pas citer de noms mais ceux qui savent comprendront ce que nous voulons dire. Parce qu'il faut bien observer une chose, si Nicolas Sarkozy est capable du pire, il est aussi capable du meilleur. Seulement si autour de lui il y a des personnages glauques qui lui disent et parviennent à le convaincre que le pire est le meilleur, alors bien entendu, cela ne peut que dégénérer.
Il faut qu'il se libère de certaines tutelles, qu'il travaille son moi monstrueux et qu'il parvienne surtout à acquérir cette sérénité qui lui fait tant défaut. Parce que c'est un inquiet de nature, qui n'est finalement sûr de rien même s'il tend à prouver le contraire. Il faut aussi qu'il transforme cette fragilité destructrice en une sensibilité intelligente qui lui ouvrira enfin les portes de la lucidité intuitive.
Réveillez-vous Nicolas Sarkozy, cessez d'être un butor ! Arrêtez de foncer comme un taureau en rut ! Devenez le Président de la France ! Vous qui avez tant besoin d'être Aimé et qui enragez de ne pas avoir l'Amour des Français, apprenez que l'Amour se mérite ! Apprenez à devenir "Aimable" ! Les Français ne seront pas ingrats si vous vous mettez à leur portée au lieu de vous réfugier dans vos rêves de grandeur. Que vaut la proximité des puissants si vous n'avez pas l'Amour de votre Peuple ? Tenez vous donc tant que ça à vous briser dans la Chute plutôt que de connaître la merveilleuse sensation de la Reconnaissance ? La clef de votre destin est entre vos mains. Grandeur ou décadence ?
Un Président trop souvent à cran
par Antoine Guiral
Impulsif, Sarkozy semble se contenir en permanence. Et intimide jusqu’à son entourage.
Nicolas Sarkozy ou la présidence borderline. Depuis le mois de janvier et l’amorce de sa chute dans les sondages, le chef de l’Etat offre le visage inquiétant d’un homme ayant toutes les peines à gérer ses sautes d’humeur et à réprimer ses pulsions. Ses coups de gueule permanents dans le huis clos de l’Elysée, ses décisions à l’emporte-pièce qui bafouent les institutions dont il est constitutionnellement le garant ou ses envies d’en découdre avec le premier provocateur venu, traité de «pauvre con» samedi au Salon de l’agriculture, en disent long sur sa fébrilité lorsqu’il est contrarié.
Jeudi pourtant, en déplacement dans une usine du Pas-de-Calais (Libération du 22 février), Nicolas Sarkozy était apparu concentré, sûr de la ligne de conduite à tenir dans la tempête et d’une humeur presque de rose. Certes, l’homme reste en toute circonstance un bloc de rage prêt à déborder sur ses contradicteurs. Et ses tics incessants (sauts d’épaule, grimaces, besoin perpétuel de toucher l’autre…), renforcent l’impression qu’il se contient en permanence. Ses hauts et ses bas, son absence de constance dans son comportement, donnent aujourd’hui le tournis à gauche comme à droite. Même Edouard Balladur, un de ses plus fidèles soutiens, s’est senti le devoir de lui faire la leçon la semaine dernière en l’appelant à davantage de «sobriété» et à «infléchir» son style. Ce qui, pour le chaste monsieur Balladur, traduit la manifestation d’une profonde inquiétude. François Hollande, hier, a lui jugé «insupportable que Nicolas Sarkozy ne soit pas exemplaire».
Huit mois après son élection, Nicolas Sarkozy a du mal à intégrer que la fonction exige une certaine réserve. Au Guilvinec (Finistère), début novembre, il s’était déjà laissé aller à vouloir faire le coup de poing avec un marin-pêcheur. On pourrait sourire de ce côté coq. Mais, à l’entendre sur des sujets comme la religion ou à observer ses réactions face à certains faits divers, il semble trop souvent que ses émotions les plus intimes inspirent ses décisions. Quitte à prendre le pas sur les grands équilibres républicains - voire sur le respect des institutions, qu’il est censé incarner. L’application immédiate de la rétention de sûreté qu’il réclame en contournant l’avis du Conseil constitutionnel en est une parfaite illustration. Elle révèle un Nicolas Sarkozy prêt à tout pour coller aux pulsions de l’opinion publique bouleversée par de sinistres affaires de violeurs ou de tueurs récidivistes. Depuis cinq ans, il surfe avec succès sur le créneau du «droit des victimes». A deux semaines des municipales, il juge utile de rallumer cette flamme en montrant que la sécurité au sens large reste sa priorité. Que personne dans son cabinet à l’Elysée vendredi n’ait pu empêcher le Président de faire fausse route en s’attaquant aux décisions du Conseil constitutionnel montre à quel point la peur de contrer la toute-puissance du chef est réelle.
Sources Libération
Posté par Adriana Evangelizt