Tortures : des zones d'ombres et de non-dits

Publié le par Adriana EVANGELIZT

Un interview donc des auteurs du livre "Place Beauvau"... qui parlent aussi de l'implication de la Franc-Maçonnerie dans le ministère de l'Intérieur, entre autre,, car la Justice n'est pas épargnée non plus pour "couvrir les gros coups"... on citera le cas de Jean-Claude Trichet impliqué dans le scandale du Crédit Lyonnais où on cherche toujours les 16 millions d'euros qui se sont envolés comme par enchantement mais qui a malgré tout été relaxé tout comme les individus politiques incriminés dans un autre scandale, celui du sang contaminé. Qui eux, ont été relaxés au bout de 15 ans. Comme dit le Syndicat de la magistrature au sujet de l'arrestation de José Bové : "La sévérité des poursuites à l´encontre des "contestaires"a pour corollaire une justice d´une extrême lenteur et d´une grande clémence à l´égard des puissants." ... mais tout ça, on le sait depuis longtemps. Pour en savoir plus, allez sur le site des 3 d'Hiram, trois frères maçons anonymes qui dénoncent toutes les magouilles... vers le milieu de la page, vous trouverez la rubrique "La Franc-Maçonnerie et le Ministère de l'Intérieur..." Moi, je suis d'avis que ces hauts fonctionnaires devraient être autant torturés que les petits délinquants pour leur faire avouer où ils ont planqué l'argent. Il n'y a pas de raison que les mauvais traitements soient toujours réservés aux mêmes qui eux, n'ont rien volé.

"Des zones d'ombres et de non-dits"

Par Christophe Labbé, journaliste au Point,
auteur de "Place Beauvau, La face cachée de la police"
(avec Olivia Rescasens et Jean-Michel Decugis,
Robert Laffont, 2006)


Propos recueillis par Pauline Mouchard


Qu'elles sont les révélations les plus choquantes de votre livre?

- Pour moi, la révélation la plus marquante est le fait que certains policiers de l'anti-terrorisme aient pu faire déposer des explosifs chez des suspects nationalistes, en Corse, dans le but de les mouiller dans une procédure liée à l'assassinat du préfet Erignac.
Notre livre représente un an et demi de travail et le recueil de 200 témoignages de policiers de tous grades, de préfets et de conseillers de ministres. Notre étonnement a été de découvrir comment tout fonctionne à l'Intérieur, nous avons soulevé le couvercle du ministère. Et il se trouve qu'il y a un vrai décalage entre les communications faites par le ministère et la réalité. Par exemple, le poids de la Franc-maçonnerie, la manière dont fonctionnent les syndicats, les relations avec le pouvoir politique en place, la guerre entre les services. Mais aussi le rôle des "indics", qui est très importants, leurs rémunérations, l'argent liquide qui circule, la sophistication de la tricherie pour les chiffres sur la délinquance.
Nous nous sommes donc demandés pourquoi et comment il pouvait y avoir de telles dérives.

Notamment, et surtout, la torture, pratiquée sur certains suspects lors des attentats de 1995. Il faut, néanmoins, garder en mémoire que cela ne concerne qu'une petite minorité de policiers qui a dérapé lorsque la hiérarchie d'attente urgente de résultats. Ce qui nous a intéressé c'est comment une poignée de policiers a pût, ainsi, franchir la ligne rouge, et comment le système a pût laisser faire ça.
En effet, nous avons voulu décortiquer le système policier, les rouages de l'Intérieur et comprendre les raisons de ces dérives. Beaucoup de choses sont dissimulées, il y a énormément de zones de non-dits. Le livre raconte l'envers du décor, qui est très éloigné de la communication officielle.
Depuis 1981, la police, malgré elle, s'est de plus en plus politisée aux grès des alternances du pouvoir. Les chefs de la police doivent choisir leur camp. De plus, la sécurité devient un réel enjeu politique. A droite, les deux concurrents à la présidence sont tout deux passés par le ministère de l'Intérieur, ce qui est significatif. On peut difficilement se faire élire sans le soutient de la police et de ses réseaux.

Comment avez-vous réussi à vous infiltrer dans les institutions policières et à recueillir de tels témoignages?

- Nous avons des témoignages officiels recueillis lors de rendez-vous et d'entretiens.
Pour les témoignages "off" nous avons dû prendre d'énormes précautions. Pour parler à des journalistes, un policier doit recevoir l'autorisation de son syndicat. Tout est verrouillé, les réseaux sont tissés. Mais nous avons toujours affiché notre souci de ne pas révéler l'identité de ceux qui se sont confiés, ainsi nous avons recueilli une parole libre. Le décryptage du ministère nous a permis de raconter ce que le public, et une bonne partie des policiers, ne voient pas. Même le ministre de l'Intérieur, l'homme au sommet de la hiérarchie et le mieux informé de France, est filtré. Il y a de vraies zones d'ombres. Pour obtenir une information complète, le ministre doit avoir des fidèles et des syndicats proches qui lui remontent des informations "off". De nombreuses forces s'affrontent que nous ne connaissons pas.

Comment réagissez-vous à l'ouverture de l'enquête administrative par le ministère de l'Intérieur et l'IGPN suite à la publication de votre livre? Qu'elles seraient les conséquences d'une telle enquête?

- C'est tout à fait normal qu'il y ait une enquête, même si ces faits, la torture, sont limités à un petit nombre de personnes et à une époque précise. Je suis sceptique quant aux conséquences et aux suites de l'enquête. Tout simplement parce que dans la police, il y a une règle primordiale qui est de ne pas balancer!
Beaucoup d'informations circulent à l'intérieur de l'institution mais ne sortiront jamais. Je m'interroge sur la volonté réelle d'y voir clair. La question est: l'administration compte-t-elle vraiment faire toute la lumière sur ce qui s'est passé?

Sources : LE NOUVEL OBSERVATEUR

Posté par Adriana Evangelizt

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Publié dans BAVURES POLICIERES

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