Le «Spiegel» halluciné par l'affaire PPDA
Voilà un article qui en dit long sur ce que l'on pense à l'étranger de Sarkozy et du Peuple Français. Il n'est aimé par personne et à nous, le Peuple, on nous plaint. Cette semaine de passage en Espagne, plusieurs fois on nous a demandé "comment était la vie avec le "Duce" ?", c'est dire !
Le «Spiegel» halluciné par l'affaire PPDA
par Elsa Vigoureux
Les relations de Sarkozy avec la presse française ? Les journalistes du premier hebdomadaire allemand n'en reviennent pas
Un grand immeuble sombre, mais plein de baies vitrées, avec vue sur la ville portuaire, ses monuments de brique rouge, ses entrepôts d'avant-guerre. C'est là, à Hambourg, au coin de la WillyBrandtStrasse, que se fabrique «Der Spiegel» (le Miroir, en français), hebdomadaire allemand de référence, le plus vendu du pays, avec un tirage qui dépasse le million d'exemplaires. Là aussi qu'en janvier dernier la rédaction choisissait d'afficher en une le visage du couple présidentiel français avec ce titre : «Affaire d'Etat Sarkozy-Bruni, l'érotisme du pouvoir». Le journal n'avait pas consacré sa couverture à la France depuis 1994, pour le 50e anniversaire du Débarquement. Mais depuis la dernière campagne présidentielle, «les aventures du Petit Nicolas» intéressent toute l'Allemagne. Quatorze pages, alors, pour raconter les aventures du président «bling-bling», sa Rolex, ses Ray-Ban, ses chaussures John Lobb, ses femmes, ses apparitions à cheval, en bateau, au footing. C'est le «Sarko-Show», et l'Allemagne hallucine, stupéfaite. Elle compte aussi les têtes qui tombent dans la presse française, d'Alain Genestar (ancien patron de «Paris Match») à Patrick Poivre d'Arvor en passant par Jacques Espérandieu (ancien directeur du «JDD»), depuis l'accession au pouvoir de Nicolas Sarkozy.
Alors, au-delà d'un exotisme un peu loufoque qui rappelle les feuilletons monégasques, l'Allemagne s'inquiète d'un «risque Sarkozy». Britta Sandberg, journaliste au service étranger du magazine, justement réputé pour son indépendance, le dit franchement : «Il y a des côtés berlusconiens chez votre président. Des comportements qui sont inimaginables chez nous. Si la chancelière tentait seulement une fois d'intervenir dans le paysage médiatique allemand, ça déclencherait un scandale national !» Car voilà, Sarkozy ressemble précisément à ce que l'Allemagne, dans sa longue tradition protestante, refuse : «Nous, on préfère le sérieux au superflu, poursuit Britta. Et de ce point de vue Nicolas Sarkozy a un côté m'as-tu-vu qui fait de lui le contraire d'Angela Merkel. Notre chancelière est une scientifique, qui s'applique, et oeuvre - presque à l'excès - dans la discrétion. Nous sommes dans la culture du résultat, pas dans celle des effets d'annonce.» Si les Allemands ont la dent plutôt dure contre Sarkozy, leur tendresse pour le peuple français en est d'autant plus affirmée : un récent sondage indiquait par exemple qu'en cas de défaite des Allemands à l'Euro ces derniers espéraient voir les Français l'emporter. «La sympathie de fond qui lie nos deux pays est inébranlable», assure Romain Leick, chef du service culture au «Spiegel». Mais politiquement la méfiance règne : «Si on tend la main à Sarkozy, qui dit qu'il ne nous la tordra pas ?»
Sources Nouvel Observateur
Posté par Adriana Evangelizt