Quand DDV chute, Sarko dévisse aussi

Publié le par Adriana EVANGELIZT

Quand le premier ministre chute, Nicolas Sarkozy dévisse avec lui

par Philippe Ridet

 

Le premier ministre baisse dans les sondages, mais il ne sera pas dit que Nicolas Sarkozy s'en réjouisse. Interrogé sur Canal+, mercredi 1er mars, à propos de la chute de popularité du premier ministre, le numéro 2 du gouvernement a joué les blasés, l'homme qui en a vu d'autres. "On ne peut pas se fier à un seul sondage. J'ai eu moi-même quelques hauts et quelques bas retentissants. Le conseil que je lui donne, c'est de rester lui-même." "De continuer à baisser ?", a relancé, ironique, son intervieweuse. Silence.

Quelques jours plus tôt, le 16 février, dans l'avion qui le ramenait de Berlin, il n'avait eu qu'une toute petite phrase, prononcée d'un ton presque neutre, pour commenter les premiers signes d'essoufflement de Dominique de Villepin : "C'est fou comme il s'effondre."

L'événement était pourtant attendu par toute la "Sarkozie". Parti bas dans les sondages, M. de Villepin avait surpris par sa remontée à l'automne 2005, jusqu'à venir supplanter le ministre de l'intérieur dans les enquêtes d'opinion, où M. Sarkozy ne souffrait quasiment d'aucune concurrence à droite depuis sa première nomination place Beauvau. "Normal, jugeait-on dans son entourage. Mais cela n'ira pas très haut." D'autres se rassuraient en jugeant que le "coup déterminant" avait été porté par le ministre de l'intérieur lors de la prise de l'UMP, en décembre 2004. Un Blitzkrieg que Jacques Chirac n'a pu empêcher. "Comment ont-ils pu être assez balourds pour rater un coup pareil ?", s'interroge encore, deux ans plus tard, un conseiller de M. Sarkozy.

Mais derrière cette assurance, l'inquiétude pointait, illustrée par une image ravageuse : le premier ministre sortant en boxer-short de l'Atlantique un matin de septembre 2005 lors de l'université d'été de l'UMP, alors que son rival l'attendait, migraineux et renfrogné, à la porte de son hôtel. "Villepin, c'est Chirac", avait pronostiqué, peu après sa nomination, le président de l'UMP. Une manière de lui prédire un destin limité, une marge de manoeuvre réduite et une expression surveillée. Mais ce jour-là, sur le front de mer, à La Baule, force était de constater que la "bête" promise au laminoir de Matignon résistait.

Pire : sitôt passée la crise des banlieues de novembre 2005, c'est M. Sarkozy qui subissait l'ivresse de la descente. Ses conseillers se sont alors penchés sur d'autres courbes pour se donner un nouvel espoir : "Raffarin a mis quinze mois pour chuter", relevaient-ils. Finalement, neuf mois auront suffi pour interrompre la progression du premier ministre.

Et si tout cela n'arrivait pas trop tôt ? M. Sarkozy a théorisé sa relation politique au premier ministre comme un double contrat : "Je ne bâtirais rien sur des ruines, vous ne construirez rien sur mon échec", lui avait-il lancé en forme de défi et de mise en garde en juin 2005. Pour gagner en 2007, M. Sarkozy a besoin d'incarner la "rupture" dans son camp, mais il ne peut courir le risque de voir la droite discréditée durablement par un échec de M. de Villepin.

Dans son scénario idéal, M. Sarkozy escomptait que les sondages de l'automne 2006 règlent la question de la suprématie des deux rivaux sur l'UMP. Une manière de se protéger le plus longtemps possible du discrédit subi par M. de Villepin.

Car la chute de popularité du premier ministre n'est pas sans conséquences sur l'image de M. Sarkozy. Selon un sondage TNS-Sofres pour Le Figaro Magazine publié le 2 mars, c'est toute la cordée gouvernementale qui dévisse derrière le premier ministre : M. de Villepin perd 7 points, le ministre de l'intérieur 8, payant lui aussi la contestation du CPE, la circumnavigation piteuse du Clemenceau et des inquiétudes sanitaires.

Ainsi, la "rupture" n'aurait pas ignifugé le président de l'UMP contre l'impopularité du gouvernement. Ministre et candidat, M. Sarkozy voit sa stratégie ébranlée, même si, une fois encore, le mot d'ordre dans son entourage est à la sérénité. "Quand la campagne commencera, on remettra tous les compteurs à zéro", explique un de ses conseillers. Et puis, "Nicolas" ne reste-t-il pas toujours le plus "populaire" à droite ?

Sources : LE MONDE

Posté par Adriana Evangelizt

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Publié dans Villepin Sarkhozy

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