Gilles de Robien le condescendant
Alors Gilles de Robien... encore un personnage qui n'a pas notre sympathie. Quand on le voit parler avec sa condescendance naturelle, on l'imaginerait plutôt à la cour de Louis XIV qu'en train de comprendre les préoccupations du Peuple. Il en est à dix mille lieues. On voit aussi comment il a tracé sa route, sans états d'âme envers Bayrou... la carrière prime sur l'idéal. Pauvre France et pauvres Français !
Un ministre sans éducation
par Dominique Dhombres
Le cardinal de Retz raconte admirablement, dans ses Mémoires relatifs à l'histoire de France, ce qui s'est passé un jour d'août 1648. "Le mouvement fut comme un incendie subit et violent qui se prit du Pont-Neuf à toute la ville. Il y eut dans Paris plus de douze cents barricades en moins de deux heures."
Gustave Flaubert, maintenant. "Les arbres des boulevards, les vespasiennes, les bancs, les grilles, les becs de gaz, tout fut arraché, renversé." On est en 1848, en pleine Education sentimentale.
Le fait n'a pas pu vous échapper, amie télé-spectatrice, camarade téléspectateur ! Les journaux télévisés sont remplis, à en déborder, d'images du carrefour Sèvres-Babylone dévasté et des abord de la Sorbonne carbonisés. On voit aussi beaucoup d'étudiants bastonnés et de CRS blessés par des pavés.
Sans rabâcher encore Mai 1968, cette humble chronique veut seulement rappeler une évidence : le peuple de Paris (de Rennes aussi, d'ailleurs), étudiant ou pas, gaulois ou pas, a le sang chaud. Il ne déteste pas, à intervalles réguliers, faire la nique aux sergents du guet, empiler tables, chaises et balais, et mettre le feu à l'édifice improvisé.
Cela s'appelle, pour ceux qui auraient vraiment la tête ailleurs, dresser une barricade, casser une vitrine, mettre le feu, comme à Sèvres- Babylone, à un kiosque à journaux. Ce n'est pas bien. C'est même très mal. C'est s'en prendre lâchement au mobilier urbain et détruire une propriété qui ne vous appartient pas.
C'est grave ? Evidemment. Est-ce que c'est important ? C'est toute la question. On se la posait gravement lors de l'émission consacrée, jeudi soir sur France 2, à la fronde anti-CPE. Le cardinal de Retz était frondeur. Il était aussi complètement tordu, puisqu'il se perdait lui-même dans ses intrigues contre l'ennemi de toute sa vie : Mazarin. Mais au moins, il avait du style.
On ne peut pas en dire autant de Gilles de Robien. Le ministre de l'éducation agressait Martine Aubry sur le plateau d'Arlette Chabot. "Une partie du chômage d'aujourd'hui vient des 35 heures", disait-il. "Elles ont créé 500 000 emplois", répliquait-elle. " Provisoirement", l'interrompait le rustre, "c'est comme l'alcool, cela fait du bien pendant une heure et on le paye pendant dix heures".
La fille de Jacques Delors constatait avec mépris : "Vous donnez une drôle d'image en tant que ministre de l'éducation." De fait, le jeune Bruno Julliard, président de l'UNEF était nettement mieux élevé, et plus convaincant que ce ministre sans éducation.
Sources : LE MONDE
Posté par Adriana Evangelizt