Sarkozy, Borloo, Alliot-Marie en retrait
Un article du monde qui rejoint un peu ce que nous disions précédemment. Là, Dominique de Villepin fait le jeu de tout le monde, sauf le sien. On peut même dire que s'ils le soutiennent apparemment, tout le monde est contre le CPE, y compris Borloo et Alliot-Marie. Le pire étant que l'on hypothétise presque ou déjà sur le départ du Premier Ministre et sur son remplacement, comme vous pourrez le lire. Ce qui est drôle, c'est que je pose une fiction sur le Net, un petit chapitre est consacré à DDV et je lui fais dire " Plutôt démissionner. Ce sera le CPE ou moi !" Irait-il jusque là ?
MM. Sarkozy et Borloo et Mme Alliot-Marie tentent de jouer leur carte personnelle
par Rémi Barroux et Philippe Ridet
Nicolas Sarkozy : "solidaire mais différent". Le ministre de l'intérieur a rencontré Dominique de Villepin, une heure dans l'après-midi du dimanche 19 mars, à Matignon, pour lui faire des "propositions de sortie de crise". Une manière pour le président de l'UMP de réaffirmer "son soutien" au contrat première embauche (CPE).
Pourtant, cela ne va pas de soi. Les conseillers de M. Sarkozy se divisent sur la stratégie à suivre, certains souhaitant qu'il élabore au plus vite "une stratégie de départ". "On ne gagnera pas contre Villepin", a rappelé M. Sarkozy aux partisans de son départ du gouvernement. Dès lors, toute la difficulté est de paraître "solidaire mais différent".
Comme lors de la campagne du référendum européen, les chiraquiens soupçonnent le probable candidat à la présidentielle de traîner les pieds. "On ne peut pas donner le sentiment de lâcher Villepin sur un coup pareil, explique François Fillon. Mais Nicolas n'a pas envie de mourir en première ligne pour défendre le CPE."
Pour échapper à ce dilemme, M. Sarkozy compte accélérer son entrée en campagne pour retrouver en tant que candidat sa liberté de parole.
La crainte de Jean-Louis Borloo. Il a, dit-il, "mis en garde le premier ministre" et n'a jamais caché ses réserves, voire son hostilité, au CPE. Mais la volonté du premier ministre d'aller jusqu'au bout l'a contraint à afficher son soutien, au-delà de ses convictions. Il conserve toutefois une crainte : voir son image de "ministre social" forgée d'abord comme ministre de la ville puis comme ministre des affaires sociales, s'abîmer dans la défense du CPE.
En désaccord sur la méthode, il redoute désormais une brouille durable avec les syndicats. "On était sur le point, avant l'annonce du CPE, de parvenir à une discussion avec les syndicats sur la sécurité et la flexibilité du marché du travail, regrette-t-il. Mais, désormais, c'est beaucoup plus compliqué." Il continue de parler régulièrement aux syndicats même s'il n'a encore rien de précis à leur proposer.
Présenté comme un premier ministre de rechange au cas où M. de Villepin devrait quitter son poste, il lui appartiendrait alors de renouer les fils du dialogue.
Le silence de Michèle Alliot-Marie. Peu concernée par le CPE, la ministre de la défense se fait plus discrète encore que son statut le lui autorise.
Pas une prise de position, pas une déclaration, sinon cette phrase sibylline, confiée lors de son séjour au Chili : "Le jour où l'on aura compris, en France, que la politique ça peut être aussi de la chaleur humaine, de l'humour, de la simplicité, on aura beaucoup progressé." Parlait-elle pour M. de Villepin ? Ou pour elle-même ?
Alors que son nom circule lui aussi pour remplacer M. de Villepin, ses proches assurent "qu'elle ne se prépare pas à remplacer le premier ministre". "Elle n'est pas en train de constituer son équipe ou de préparer son discours de politique générale, dit l'un d'eux. Mais si Chirac le décidait, il n'y a qu'elle pour remplacer (le premier ministre)."
Son entourage met en avant "sa bonne image, même à gauche" et "ses bonnes relations avec le chef de l'Etat et Nicolas Sarkozy". Atout supplémentaire : au dire d'un proche, l'affaire du Clemenceau serait oubliée : "Chirac lui a dit qu'il ne la tenait pas pour responsable de ce qui est arrivé."
Sources : LE MONDE
Posté par Adriana Evangelizt