La méthode de DDV

Publié le par Adriana EVANGELIZT

Le Premier Ministre entend contourner la constestation

par Christophe Jakubyszyn
 
Pour sortir de la crise du CPE, Dominique de Villepin n'a qu'un seul scénario : ne rien céder sur l'essentiel, négocier des aménagements avec quelques partenaires choisis et parier sur l'essoufflement du mouvement. Ni l'ampleur de la journée de manifestations et de grève du mardi 28 mars, ni la décision du Conseil constitutionnel attendue pour jeudi, ne sont susceptibles de lui faire envisager d'autres solutions. "Ce serait irresponsable et antirépublicain de retirer le CPE", martèle son entourage.

Samedi, devant les syndicats d'étudiants qu'il avait conviés à Matignon, le premier ministre a vidé ses poches. Toutes ses propositions d'"aménagement" du CPE, dont certaines avaient été distillées par son entourage au cours des deux dernières semaines, ont été répétées et précisées. Sans qu'il soit jamais question de remettre en cause le coeur du CPE, inscrit dans la loi : la non motivation juridique du licenciement pendant la période d'essai de deux ans.

A la marge, l'Etat propose de compléter l'indemnité chômage d'un salarié dont le CPE serait rompu, afin de lui maintenir son ancienne rémunération pendant trois mois, le temps qu'il entreprenne une formation. Ensuite, le gouvernement se propose d'encadrer plus strictement les CDD et les stages, afin de leur substituer des CPE. Lesquels, insiste Matignon, sont des contrats à durée indéterminée. Samedi, M. de Villepin a avancé l'idée d'interdire aux entreprises d'offrir des stages aux étudiants déjà diplômés. Il a proposé, enfin, de prolonger les bourses d'études jusqu'au premier emploi.

Les organisations lycéennes et étudiantes à la pointe de la contestation anti-CPE (UNEF, Confédération étudiante, Coordinations, FIDL, UNL, etc.) ayant boycotté la réunion, le premier ministre s'efforce de légitimer les autres. La FAGE et l'UNI, qui ont remporté la première et la troisième place aux élections aux CROUS boycottées par l'UNEF, sont d'ailleurs désormais qualifiées de "premières organisations étudiantes" par Matignon. Ce, dans un scrutin où le taux de participation s'est établi à 4,41 %. Ces deux organisations ont été invitées à faire partie du comité "d'évaluation" du CPE. Côté étudiants, le gouvernement parie ainsi et sur un prochain accord avec la FAGE et l'UNI et sur un essoufflement du mouvement à partir des vacances de Pâques.

Quant aux confédérations de salariés, Matignon a décidé pour le moment de s'en passer. La rencontre de vendredi avec M. de Villepin leur a laissé un goût amer. Elles disent, depuis, leur impression d'avoir été instrumentalisées dans une mise en scène de dialogue. FO et la CGT ont juré qu'on ne les y reprendrait plus.

Matignon sait que les syndicats les plus réformistes, dont la CFTC et la CFDT, ne pourront pas non plus se rasseoir autour d'une table pour discuter du CPE. "On n'est pas complètement idiots", fait remarquer l'entourage du premier ministre. Le ministre du travail Jean-Louis Borloo estime de son côté que les aménagements du gouvernement sont arrivés trop tard pour "décrocher" ces organisations. Le numéro un de la CFDT, François Chérèque affirme n'avoir eu aucun contact avec M. Borloo ce week-end.

S'il fait aujourd'hui l'impasse sur les partenaires syndicaux, le premier ministre mise en revanche sur quelques entreprises "pilotes" et amies qui signeront les premiers CPE en réduisant d'emblée la période d'essai. Par exemple à un an. Le député (UMP) Hervé Mariton, a été chargé de jouer les émissaires auprès de patrons. Ce n'est qu'après cette étape, et devant l'état de fait que constituera bientôt la signature des premiers CPE, que certains syndicats pourraient accepter de rouvrir le dialogue social, escompte Matignon.

Sources :  LE MONDE

Par Adriana Evangelizt

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M
Bien vu ...Enfin nous avons quand même une bonne raison de ne pas trop en vouloir personnellement à De villepin qui nous aura quand même éviter la guerre d'Irak, mais bien sûr ce n'est pas une raison pour maintenant le laisser démolir notre droit du travail même s'il semble convaincu que c'est comme cela qu'il relancera l'emploi...précaire !<br />  <br /> Mais peut-être nous aide -t-il aussi , à sa façon, à mieux comprendre les véritables intentions de sa majorité UMP (en faveur du détricotage du droit du travail et des OGM à tous les repas hexagonaux !!!) ....comme une façon de nous avertir que ces gars et ce parti là là ne valent pas le coup !<br />  <br /> A bon entendeur<br />  <br />  <br />
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