Le double-jeu de Sarkozy

Publié le par Adriana EVANGELIZT

Face à la fronde des députés MP, Nicolas Sarkozy joue double-jeu

par Philippe Ridet

Officiellement, Nicolas Sarkozy est toujours "à la recherche d'une solution". Officieusement, le probable candidat à l'élection présidentielle entend tirer tout le profit possible de ce nouveau rejet de la "méthode Villepin".

Recevant Gérard Mestrallet, patron de Suez, ou le président du Conseil italien, Romano Prodi, le ministre de l'intérieur a su mettre en scène son image d'homme d'Etat responsable. Suprême raffinement : il a laissé s'exprimer abondamment ceux qui, parmi ses proches, sont favorables à la fusion entre Gaz de France (GDF) et Suez, pour ne pas être soupçonné de jouer contre le gouvernement. Mais il n'a rien fait pour apaiser la fronde des députés de l'UMP, soucieux d'éviter toute nouvelle crise à un an des législatives.

Pour le président de l'UMP, cette affaire était mal engagée. "Nous étions dans le schéma du contrat première embauche (CPE), décrypte un de ses conseillers. Pas de véritable négociation préalable, un risque de crise sociale au moment des grands départs en vacances, une possibilité d'enlisement au Parlement et, pour finir, le 49.3". M. Sarkozy avait par ailleurs la certitude que Jacques Chirac ne suivrait pas son premier ministre sur ce dossier. "On verra à cette occasion qui tient vraiment les commandes", avait-il confié au Monde, il y a deux semaines. Député (UMP) d'Indre-et-Loire, Hervé Novelli note qu'un "dossier éminemment politique doit être porté par un homme qui a encore des capacités d'action". Pour les sarkozystes, il est évident que M. de Villepin ne les a plus.

Double jeu ou réalisme ? Depuis la fin de la crise du CPE, le ministre de l'intérieur avait paru vouloir engager une phase de décrispation avec le premier ministre. Mais la volonté toujours affichée de M. de Villepin de jouer sa carte lors des échéances futures a modifié ce scénario d'une paix armée.

Dans l'entourage de M. Sarkozy, on évoque la possibilité d'un "contrat" avec M. de Villepin, dans lequel celui-ci s'engagerait sur quelques objectifs négociés avec l'UMP. "Il faut des garde-fous pour éviter les embardées. Un code pour ne pas aller dans le mur", explique un député. Une façon de mettre M. de Villepin sous tutelle et de le priver de toute initiative.

Sources  : Le Monde

Posté par Adriana Evangelizt

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Publié dans Villepin Sarkhozy

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