Les responsables politiques réunis à Matignon sur le Liban
Rien n'avance et l'on sent bien de toute façon que Jacques Chirac est bloqué. C'est à ce moment précis qu'il faut se rendre compte combien la France a perdu sa liberté d'action et combien elle est muselée, baîllonée, ficelée, se trouvant ainsi dans une position inextricable. Nous sommes en contact tant avec des Libanais que des Israéliens pacifistes antisionistes vivant sur le terrain. Pour les premiers, ils vivent dans la peur constante de nouveaux bombardements. Il faut imaginer les avions sillonnant le ciel, les bombes sales larguées au phosphore notamment bien que les sites sionistes crient au scandale et disent que ce n'est pas vrai. Ils n'ont qu'à aller lire le dernier rapport d'Human Rights pour voir de quoi il retourne ou celui de Médecins du Monde dénonçant les dernières armes non conventionnelles utilisées à Gaza et causant des blessures qu'ils n'avaient jamais vues auparavant... quant aux israéliens justes et de coeur, ils ne cessent de soutenir le Liban et son Peuple en organisant diverses manifestations et ils sont bien conscients que les katiouchas qui tombent en Israël sont le fait de la politique sioniste unilatérale d'Olmert...
Les responsables politiques réunis à Matignon sur le Liban
Dominique de Villepin réunit ce mardi à Matignon les responsables politiques pour les informer de la crise libanaise. Il sera notamment entrouré de Nicolas Sarkozy (Intérieur), Michèle Alliot-Marie (Défense) et Philippe Douste-Blazy (Affaires étrangères).
Le service de presse du Premier ministre a indiqué dans un communiqué que M. de Villepin tiendra, à partir de 18h30 à l'Hôtel Matignon, "une réunion sur la situation au Liban avec les présidents de l'Assemblée nationale et du Sénat, les responsables des partis constitués en groupe au Parlement, les présidents des groupes parlementaires, et les présidents des commissions des affaires étrangères et de la défense" des deux assemblées.
Participeront également à cette réunion le ministre de la Santé Xavier Bertrand, ainsi que le ministre chargé des Relations avec le Parlement Henri Cuq, a précisé Matignon. Cette réunion, souhaitée notamment par le président de l'Assemblée nationale Jean-Louis Debré, est organisée alors que la position de la France, malgré quelques nuances, est approuvée à droite et à gauche.
Le Premier ministre recevra à 18H00 les principaux leaders des partis représentés au Parlement, ainsi que différents responsables parlementaires, dont les présidents de l'Assemblée nationale, Jean-Louis Debré, et du Sénat, Christian Poncelet.
Cette réunion est organisée alors que Jacques Chirac, très présent depuis le début de la crise, est soutenu et approuvé, y compris dans l'opposition. Ses propos condamnant le Hezbollah mais aussi la réaction "disproportionnée" d'Israël, comme la visite éclair de Dominique de Villepin à Beyrouth lundi dernier ou la demande du président de la République de corridors humanitaires pour évacuer les réfugiés, rencontrent peu de critiques.
Le premier secrétaire du PS François Hollande a reconnu que sur ce dossier "un consensus est possible" dans le pays. Le PS n'a pas eu d'autres mots pour évoquer le conflit. La semaine dernière, son porte-parole Julien Dray a dénoncé à la fois le Hezbollah "agresseur" et la réaction "disproportionnée" du gouvernement israélien, et plaidé pour "un désarmement des milices". "Une fois n'est pas coutume, j'approuve les paroles et les actes" de Jacques Chirac, a dit Jack Lang, l'un des prétendants à l'investiture du PS. La plus populaire des socialistes, Ségolène Royal, a estimé que "l'action de la France, par la voix du président de la République, va dans la bonne direction".
Quant à Nicolas Sarkozy, il a affirmé le 16 juillet qu'"Israël doit se défendre et a le droit de se défendre" et qu'il "y avait un agresseur, le Hezbollah, qui se comporte de manière invraisemblable". "Mais, a-t-il ajouté, si on est un ami d'Israël, et je le suis, on doit conseiller à Israël de garder son sang-froid et de ne pas faire de la surenchère et de proportionner la réaction".
Du côté de la droite parlementaire, les seules réserves sont venues de François Bayrou qui a déploré l'absence de l'Europe dans cette crise. Tout en soutenant lui aussi l'action du chef de l'Etat, le président de l'UDF a réclamé à deux reprises une réunion "d'urgence" d'un conseil européen des chefs d'Etat et de gouvernement pour arrêter "une position commune" et ainsi parler d'"une voix forte et coordonnée". "Seule, la France peut avoir une action symbolique. Mais c'est dans le seul cadre européen que cette action prendra de l'efficacité", estime-t-il.
Sur un autre registre, le PCF juge que Paris ne va pas assez loin. Sa secrétaire nationale, Marie-George Buffet, qui a demandé à être reçue par Jacques Chirac avec des élus de son parti, souhaite "voir la France s'exprimer et peser --comme elle a su le faire à son honneur lors de l'invasion de l'Irak par les Etats-Unis-- pour exiger l'arrêt immédiat et sans condition des bombardements au Liban comme à Gaza".
L'opinion publique semble elle aussi adhérer à la position défendue par le président de la République. Dans le baromètre Ifop-JDD, effectué les 20 et 21 juillet, la cote de popularité de Jacques Chirac fait un bond de 11 points par rapport à juin. Le Premier ministre Dominique de Villepin a gagné dans le même temps 5 points.
Surces : AFP
Posté par Adriana Evangelizt