Rapprochement des positions franco-américaines
En attendant, aucune résolution en vue et chaque jour qui passe amène son lot de victimes. Il faudra que les dirigeants français comprennent combien certaines tutelles nous sont préjudiciables et qu'il nous faut retrouver notre liberté d'action à tout prix, ce qui se passe là est inadmissible.
Nations unies - Les cinq Grands progressent vers un accord sur le Liban ; « les résultats des conversations sont jusqu’à présent encourageants, même s’il reste un peu de travail à faire », indique Bolton
Les positions française et américaine
sur le cessez-le-feu se rapprochent
d’Élie MASBOUNGI
Les divergences franco-américaines sur le Liban se sont légèrement atténuées hier, malgré l’annonce officielle par le porte-parole adjoint du Quai d’Orsay que la France n’envisage pas, pour l’heure, de participer à la réunion des contributeurs potentiels d’une future force internationale au Liban, prévue par le secrétaire général des Nations unies. Paris estime en effet que les conditions du déploiement d’une force multinationale ne sont pas réunies et que par conséquent, une telle réunion est prématurée.
Hier, des efforts étaient déployés à Bruxelles en vue de mettre une sourdine aux tiraillements entre Paris et Washington. Des hauts fonctionnaires européens ont laissé entendre que les deux motifs de mécontentement de la France sont les suivants : le premier report de la réunion préparatoire du Conseil de sécurité sur la formation de la force internationale qui doit être envoyée au Liban et ce que Paris considère comme une alliance américano-britannique destinée à « contrer les efforts diplomatiques de la France pour un cessez-le-feu immédiat », pour reprendre l’expression d’un responsable du Quai d’Orsay aujourd’hui à la retraite.
Dans les cercles proches de l’Élysée et du ministère des Affaires étrangères qui ne cachent plus leur ressentiment à l’égard de l’Administration Bush, on reconnaissait toutefois hier que le Liban vaut bien une réconciliation, même éphémère, pour hâter autant que possible l’adoption à New York d’une résolution réclamant un cessez-le-feu immédiat. On estimait aussi que les bons offices de la diplomatie européenne pourraient donner des résultats à très court terme.
Une sorte de confirmation en a été donnée au cours du point de presse du Quai d’Orsay lorsque le porte-parole adjoint des AE a déclaré : « La priorité est aujourd’hui à la discussion du projet de résolution (relatif au cessez-le-feu) qui définirait le cadre juridique indispensable au déploiement d’une force internationale au Liban, ainsi que le mandat qui lui serait donné. »
« Notre point de vue et celui des Français convergent au point que nous travaillons désormais sur un projet de résolution unique », a confirmé pour sa part, à Washington, le porte-parole du département d’État américain, Sean McCormack.
Washington confirme
« Nous sommes d’accord sur tous les points principaux. Il s’agit maintenant d’assembler tous ces éléments, de les articuler afin d’en faire un texte de résolution de l’ONU », a-t-il dit.
M. McCormack a précisé que Washington espérait finaliser un accord avec Paris et présenter un texte commun dans quelques jours, d’ici à la fin de la semaine ou au début de la semaine prochaine.
Aucune réunion n’est prévue au niveau des ministres des Affaires étrangères des cinq membres permanents du Conseil de sécurité, a-t-il dit.
La Maison-Blanche a déclaré de son côté que les efforts diplomatiques au Conseil de sécurité et avec la France avaient produit suffisamment de « réels progrès » pour espérer une résolution réclamant un cessez-le-feu au Liban dans les jours à venir.
Paris et Washington divergaient jusqu’à présent sur la « séquence » des propositions : Paris souhaite obtenir un accord politique de règlement du contentieux israélo-libanais avant le déploiement d’une force internationale, alors que les États-Unis souhaitent voir cette force opérationnelle le plus vite possible.
Le climat positif répercuté à Paris et Washington était également de mise à New York où les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU ont progressé vers un accord sur une résolution sur le Liban et se livraient hier à une intense activité diplomatique pour aplanir leurs dernières divergences, ont indiqué des diplomates occidentaux, cités par l’AFP.
« J’ai bon espoir que demain (jeudi), nous serons en position d’avoir des discussions sur un texte qui nous permettra d’avancer. Les perspectives d’une adoption prochaine d’une résolution se sont améliorées considérablement », a déclaré à la presse l’ambassadeur de Grande-Bretagne à l’ONU, Emyr Jones Parry.
« Nous travaillons très bien, nous sommes plus proches (d’un accord), beaucoup plus proches », a dit de son côté son homologue français, Jean-Marc de La Sablière.
À son tour, l’ambassadeur des États-Unis, John Bolton, a affirmé que « les résultats des conversations sont jusqu’à présent encourageants, même s’il reste un peu de travail à faire ».
Selon une source occidentale citée par l’AFP, l’idée a été avancée de proposer deux résolutions successives, la première, brève, appelant à une cessation des hostilités, la seconde, plus élaborée, définissant les détails d’un plan de règlement durable du conflit.
En réponse à une question sur ce point, M. Bolton s’est contenté de répondre : « Il reste à voir combien de résolutions seront nécessaires. »
Selon lui, il n’y a pas de « différence philosophique » entre Paris et Washington. « Il y a des différences d’approche sur la nature de la cessation des hostilités et la façon de la rendre permanente, mais il y a un accord complet sur le cadre politique fondamental qui doit être mis en place », a-t-il dit.
« Nous avons fait des progrès là-dessus ici à New York et dans les échanges entre capitales, et c’est significatif, car cela souligne le fait fondamental que nous ne voulons pas voir un retour au statu quo ante », a ajouté l’ambassadeur américain.
Aucun des diplomates interrogés mercredi par la presse n’a souhaité entrer dans le détail des discussions.
Sources : LORIENT LE JOUR
Posté par Adriana Evangelizt