Liban : première entorse à la trève
Ce qui montre bien qui a rompu la trève en premier et à quoi doivent s'attendre les soldats. Ce qui nous porte sur les nerfs, c'est l'hypocrisie ambiante lorsque l'on lit ceci : "Redoutant de tomber dans un guêpier en raison du refus du Hezbollah de remettre ses armes et d'une possible reprise des hostilités, de nombreux pays hésitent à s'engager militairement sur le terrain." Dans l'immédiat, il nous semble que ce n'est pas le Hezbollah qui a franchi la frontière pour aller en Israël et d'autre part, l'intrusion israélienne selon la version mensongère de l'armée «dont le but était d’empêcher le Hezbollah de recevoir des armes de la Syrie et de l’Iran» était en réalité «l’objectif des Israéliens était de capturer Mohammad Yazbek, membre du Conseil consultatif du Hezbollah, la plus haute instance dirigeante du parti.» comme vous pourrez le constater sur cet article. Dans l'immédiat, la seule chose que l'on constate c'est que si le Hezbollah n'avait pas veillé au grain, il y aurait eu un kidnapping.
Liban: première entorse à la trêve,
les renforts internationaux arrivent
Des combats, les premiers depuis la fin de la guerre, ont opposé des soldats israéliens au Hezbollah samedi au Liban, où sont arrivés les premiers éléments d'une force internationale appelée à consolider une trêve toujours précaire.
L'armée israélienne a mené une opération héliportée contre le Hezbollah à l'aube près de Baalbeck, dans l'est du pays, a indiqué un porte-parole de l'armée libanaise.
A Jérusalem, un porte-parole de l'armée a confirmé l'opération commando déclenchée, selon lui, afin d'"empêcher des livraisons d'armes au Hezbollah de l'Iran et de la Syrie".
Cette opération constitue la première violation grave de la trêve observée depuis le 14 août par l'armée israélienne et la milice chiite libanaise, conformément à la résolution 1701 du Conseil de sécurité.
Les soldats israéliens ont attaqué l'école de la localité de Boudaï, un fief du Hezbollah, appuyés par des tirs d'hélicoptères, alors que des avions bombardaient des positions des combattants chiites.
Aucun bilan n'a été fourni.
Selon le porte-parole de l'armée libanaise, "les soldats israéliens ont laissé derrière eux six grandes flaques de sang".
Un porte-parole local du Hezbollah a affirmé que les combattants chiites avaient "forcé (les soldats israéliens) à rebrousser chemin après leur avoir infligé des pertes".
L'armée israélienne a, de son côté, affirmé que "les objectifs de l'opération ont été entièrement atteints".
Cet épisode survient alors que les premiers éléments de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) élargie, des membres d'une unité du génie française, sont arrivés dans le sud du Liban.
Une cinquantaine de soldats français ont été débarqués dans le port de Naqoura, proche de la frontière israélienne, depuis le bâtiment de transport et de commandement Mistral.
La résolution 1701 prévoit que les effectifs de la force internationale soient portés à 15.000 hommes et que son mandat soit élargi. Mise sur pied en 1978, la Finul actuelle compte 2.000 hommes.
A la peine pour rassembler les troupes nécessaires, l'Onu multiplie les appels en direction de la France et de l'Europe pour qu'elles fournissent davantage de Casques bleus.
Redoutant de tomber dans un guêpier en raison du refus du Hezbollah de remettre ses armes et d'une possible reprise des hostilités, de nombreux pays hésitent à s'engager militairement sur le terrain.
A New York, le secrétaire général adjoint de l'Onu, Mark Malloch Brown, a indiqué que l'organisation n'était pas encore parvenue à rassembler l'avant-garde de 3.500 hommes qu'elle souhaite envoyer au Liban d'ici au 28 août.
Il a lancé un appel urgent aux pays européens pour qu'ils fournissent rapidement des troupes, estimant que les prochains jours allaient être "très délicats".
La France, sur laquelle l'Onu comptait pour fournir l'ossature de la force, avait déçu jeudi en annonçant l'envoi de 200 militaires seulement, réclamant des garanties de sécurité avant l'envoi éventuel de troupes supplémentaires. Cette force s'ajoutera aux 200 Casques bleus français de l'actuelle Finul.
"On ne demande pas à la France de fournir plus de la moitié de la force de 15.000 hommes. Ce serait trop lui demander. Ce qui est important c'est qu'elle puisse être l'épine dorsale de la force", a dit Jean-Marie Guéhenno, le chef des opérations de maintien de la paix de l'Onu, dans le journal Ouest-France samedi.
Il faut que la France "donne le signal d'une contribution significative. Tout le monde l'observe avant de se décider", a-t-il ajouté. "Cependant, il est important aussi que la France ne porte pas tout le fardeau".
Le président américain George W. Bush a lui aussi exprimé l'espoir que la France enverrait "davantage" d'hommes.
M. Malloch Brown a indiqué que l'Onu avait fourni aux éventuels pays contributeurs les précisions qu'ils demandaient sur les termes d'engagement et le concept d'opération de la future force. "La balle est maintenant dans leur camp", a affirmé le numéro deux de l'Onu.
Jusqu'à présent, les offres les plus fermes sont venues, selon lui, du Bangladesh, de l'Indonésie, de la Malaisie et du Népal. Mais les Européens doivent être présents afin que la Finul ait véritablement "un caractère international qui augmentera sa légitimité", selon lui.
La force devrait notamment comprendre huit bataillons d'infanterie mécanisée, trois bataillons légers de reconnaissance, trois bataillons du génie, une unité d'hélicoptères d'observation et un bataillon de logistique.
L'Allemagne et les Pays-Bas, qui envisageaient de contribuer à la Finul élargie, ont, dans le cas de la première, exclu de dépêcher des troupes de combat et, dans le cas des seconds, exclu toute participation militaire, quelle qu'elle soit.
En revanche, les participations italienne, finlandaise, danoise et norvégienne semblent acquises.
En attendant le renforcement de la Finul, des milliers de soldats libanais se déploient depuis jeudi dans le sud du pays.
L'armée libanaise s'est ainsi installée samedi pour la première fois depuis 1975 sur la frontière avec Israël en prenant position à la "Porte de Fatima", dans le sud-est du pays.
Sources : AFP
Posté par Adriana Evangelizt