La France appelle à la solidarité européenne
L'affaire n'est pas facile, nous le savons. Que les dirigeants israéliens accusent la France de limiter le nombre d'envois d'hommes nous semble un peu fort. Ils ont qu'à nous accuser tant qu'ils y sont de les avoir pousser à violer la trève et à mener leurs incursions au Liban. Comme s'ils avaient besoin de nous pour ce faire. Qu'ils arrêtent donc leurs hypocrisies et leurs manoeuvres et ça ira bien pour tout le monde.
Troupes au Liban : la France appelle à la "solidarité" européenne,
réunion dans la semaine
La France a lancé dimanche un appel à la "solidarité" de ses partenaires européens, réticents à s'engager dans la poudrière libanaise et que Paris va tenter de convaincre lors d'une réunion qui se tiendra "probablement" mercredi à Bruxelles. Pressée par l'Onu de constituer "l'épine dorsale" de la force internationale au Liban où la trêve entre l'armée israélienne et la formation chiite Hezbollah a subi selon l'Onu une première "violation", la France a demandé une réunion pour que les pays de l'Union européenne définissent leurs contributions respectives à cette force.
La présidence finlandaise a confirmé la tenue de cette réunion "probablement" mercredi à Bruxelles, en soulignant que d'autres pays que la France l'avaient également demandée.
Paris aimerait "savoir combien (d'hommes) nos partenaires européens sont prêts à mettre sur le terrain", a expliqué le ministre français des Affaires étrangères Philippe Douste-Blazy.
La France, qui a déçu l'Onu en envoyant un renfort de 200 hommes contre plusieurs milliers attendus, en appelle à la "solidarité européenne", a dit le ministre.
Il s'est dit "heureux de voir que les Italiens, j'espère les Espagnols, j'espère les autres Européens, gèreront aussi l'urgence avec des contingents qui permettront de crédibiliser le retrait israélien".
"L'annonce des effectifs doit être simultanée, faute de quoi des pays pourraient se défausser sur d'autres", fait-on valoir côté français.
Signe des réticences des Européens, l'Italie s'apprêterait à n'envoyer que 2.000 ou 2.200 hommes pour renforcer la Finul, au lieu des quelque 3.000 initialement prévus, indiquent dimanche plusieurs quotidiens de la Péninsule.
L'Onu souhaite pourtant un déploiement dans les dix jours d'une avant-garde d'environ 3.500 hommes de cette force. L'effectif total de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) devrait être porté à 15.000 hommes contre 2.000 actuellement, en vertu de la résolution 1701 du Conseil de sécurité, qui a mis fin le 12 août à un mois de combats entre Israël et la milice chiite libanaise du Hezbollah.
La pression sur les Européens a encore été accentué dimanche par l'annonce d'Israël qui a décidé d'empêcher le déploiement de l'armée libanaise au voisinage immédiat de la frontière israélo-libanaise tant qu'elle ne sera pas appuyée par une force multinationale.
Israël a directement mis en cause la France, un haut responsable des Affaires étrangères accusant Paris, sous couvert d'anonymat, d'avoir provoqué la "stupeur" et le "désarroi" en Israël par sa "décision décevante de limiter à 200" le nombre de soldats français envoyés en renfort au Liban.
M. Douste-Blazy a fait valoir que la France était le seul pays à avoir dépêché dans l'urgence 200 hommes, doublant ainsi ses effectifs au sein de la Finul, composée de 2.000 hommes au total.
"150 hommes sont en train d'arriver au Liban. 50 sont déjà arrivés. L'opération Baliste (évacuation des Français, transport d'aide humanitaire à la population libanaise et soutien logistique à la Finul, ndlr) engage 1.700 hommes supplémentaires" au large du Liban, a-t-il souligné.
Insistant sur la nécessité de renforts d'urgence à la Finul, le ministre n'a pas écarté des renforts ultérieurs.
En ce qui concerne la contribution totale de la France à la Finul, "ce que nous ferons ensuite viendra au moment où les précisions que nous demandons à l'Onu seront connues", a dit M. Douste-Blazy.
Les Français comme les éventuels autres pays contributeurs exigent des garanties des Nations unies sur la mission des Casques bleus.
"En particulier: à qui doit rapporter le commandement de la Finul ? Quelle est la liberté de réaction de cette force ?", a souligné le ministre.
Le ministre a rappelé que Paris attendait "aussi de savoir ce que les pays musulmans vont faire". "Il ne s'agit pas de mettre une force occidentale en plein milieu du sud liban", a-t-il prévenu.
De nouvelles consultations sont également prévues la semaine prochaine à l'Onu sur la mise en place de la Finul renforcée.
Sources : AFP
Posté par Adriana Evangelizt