Paix armée entre Villepin et Sarkozy
Une bonne analyse venant pourtant de l'Humanité mais où ils ont bien compris le "climat Sarkozy Villepin"... il serait quand même temps que Dominique de Villepin ait un sursaut...
Paix armée entre Villepin et Sarkozy
Service civil, retraites, ZEP, politique étrangère... Villepin met en scène ses différences avec Sarkozy. Lequel lui réplique sèchement.
La droite, définitivement unie autour du candidat Sarkozy ? Rien n’est moins sûr. Mercredi, après la visite d’un centre « défense deuxième chance » à Montlhéry (Essonne), Dominique de Villepin, accompagné de la ministre de la Défense, Michèle Alliot-Marie, a multiplié les critiques visant Nicolas Sarkozy.
La question du service civil
Premier sujet de démarcation : le service civil, que le président de l’UMP, comme le PS, veut « obligatoire ». Une proposition que le premier ministre juge coûteuse, difficile à mettre en place et, surtout, incompatible avec « les aspirations des jeunes d’aujourd’hui ». Pas question donc de céder aux sirènes d’une « idée qui peut paraître séduisante parce qu’elle se rapproche de ce qui a été pendant longtemps le ferment de la République : le service militaire obligatoire », supprimé par Jacques Chirac en 1996. En revanche, le premier ministre a vanté la mise en place, depuis juillet, d’un « service civil » sur la base du volontariat, annoncé par le chef de l’État après la crise des banlieues en novembre dernier. D’une durée de six, neuf ou douze mois, ce dispositif cible les jeunes de seize à vingt-cinq ans « en difficulté » sur le marché du travail. En s’appuyant sur des associations qui peuvent recevoir jusqu’à 900 euros par mois par jeune engagé, le gouvernement espère attirer 50 000 jeunes dans ce dispositif en 2007.
les dossier des régimes de retraites
L’autre point de discorde porte sur les ballons d’essai lancés par les proches du ministre de l’Intérieur sur les régimes spéciaux de retraites. Une telle réforme n’est pas inscrite à l’agenda de son gouvernement, a expliqué en substance Dominique de Villepin. En plein bras de fer sur GDF, le premier ministre n’apprécie visiblement pas l’ouverture de ce dossier épineux et a mis en garde contre le fait de « monter certains Français contre d’autres ». Réplique sèche et immédiate de Sarkozy : en cas de victoire en 2007, il ferait « la réforme, car la réforme doit être faite », déclarait-il hier en fin d’après midi.
Mais, au-delà de la gestion de ces dossiers, la divergence de fond qui oppose les deux hommes porte, sans surprise, sur la politique internationale. À l’occasion de son voyage aux États-Unis, Nicolas Sarkozy a jugé « inutile » la menace de veto brandie par la France au Conseil de sécurité de l’ONU en 2003 à la veille de la croisade de George W. Bush en Irak. Un épisode lors duquel Dominique de Villepin, alors ministre des Affaires étrangères, fut au premier plan. La position française qu’il avait alors défendue avec Jacques Chirac avait reçu le soutien massif de l’opinion publique française. À l’heure où les mensonges d’État et la politique étrangère de l’administration Bush sont plus que jamais contestés, jusque dans l’opinion états-unienne, Dominique de Villepin espère tirer profit du zèle atlantiste du numéro 2 de son gouvernement. Pour apparaître en homme d’État apte à faire entendre la voix de la France dans un contexte international explosif. Et pourquoi pas s’offrir, lui aussi, une « deuxième chance ».
Sources : L'Humanité
Posté par Adriana Evangelizt