GDF Tel est pris qui croyait prendre

Publié le par Adriana EVANGELIZT

GDF : à la recherche d'une sortie honorable

par Patrice Biancone

Grandes sont le plus souvent les ambitions proclamées de nos responsables politiques. Et petites, très petites même, pour ne pas dire mesquines, certaines techniques qui, soit disant, leur permettent de les réaliser. Ainsi, Nicolas Sarkozy qui voulait absolument être sur la photo avec Georges Bush et qui a obtenu gain de cause en critiquant, sur le sol américain, ces arrogants compatriotes que nous sommes, va vraisemblablement payer, après coup, son voyage et son attitude au prix fort. En effet, Jacques Chirac ne décolère pas. Il juge désormais que Nicolas Sarkozy n'est qu'un atlantiste doublé d'un communautariste qu'il faut absolument circonscrire. Quant à Dominique de Villepin, il est persuadé que si François Fillon, le conseiller politique du même Nicolas Sarkozy, a fait la déclaration qu'il a faite sur la nécessaire disparition de la carte scolaire, c'est uniquement pour brouiller le débat déjà très compliqué sur Gaz de France, et pour lui nuire, alors qu'il reprend quelques points dans les sondages.

Autrement dit, les deux têtes de l'exécutif considèrent que le ministre de l'Intérieur n'a rien trouvé de mieux que d'appliquer la théorie dévastatrice qui consiste à se faire valoir en piétinant les autres qui servent aussi à ça : renvoyer une image améliorée de lui-même. Cela ressemble à de la psychologie de bazar, mais, dans tous les cas, c'est là le sentiment des chiraquiens exprimés à l'Assemblée hier, les chiraquiens qui ont donc décidé d'aller au plus pressé, et de dégager la route afin que les bons résultats économiques du moment ne soient pas occultés par le candidat pressé.

Cet état d'esprit de l'exécutif s'est donc traduit par une annonce étonnante. Les responsables de la majorité, et ceux de l'opposition, ont décidé d'en finir avec la bataille qu'ils avaient engagée à l'Assemblée nationale sur la privatisation de GDF. La gauche aurait accepté de retirer ses amendements, malgré les cris de quelques uns, les amis de Laurent Fabius. Et le gouvernement, en contrepartie, n'utiliserait pas le recours à l'article 49-3 qu'il brandissait en menaçant de passer en force pour cause d'obstruction volontaire. Un accord qualifié de «sortie honorable»  de part et d'autre. L'opposition a tiré la leçon de la faible mobilisation des Français, et de leur incompréhension devant le dépôt de 137 000 amendements. Quant à l'exécutif, il pourra, si le vote a bien lieu le 3 octobre prochain, revendiquer une nouvelle victoire, une de plus que Nicolas Sarkozy n'aura pas, ce qui fait les affaires de Dominique de Villepin et de la gauche qui sait bien qu'en politique comme en tauromachie, mieux vaut affaiblir le fauve avant de l'affronter dans l'arène : c'est tout le rôle des picadors.

 
Désormais, dans la majorité, alors que chacun en appelle à l'unité, il sera bien difficile de ne pas voter la privatisation de GDF, malgré les préventions et les réserves déclarées. Nicolas Sarkozy qui comptait sur le 49-3, sur le passage en force, pour ne pas avoir à imposer une consigne de vote, va devoir se résigner. Il est rendu de fait, solidaire de la décision, et ne pourra plus se livrer au double jeu qui est le sien et qui peut se résumer à prendre le bon grain du gouvernement et à lui abandonner l'ivraie, cette plante monocotylédone appelée «ray-grass» par les Américains, plante particulièrement nuisible aux céréales.

Sources : RFI

Posté par Adriana Evangelizt

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V
Une sortie de crise dans ce sens metterait à l'honneur les députés socialistes démocrates et les député UMP qui soutenait réelement le projet.<br /> Ce serait beau ...
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