Attaques contre la justice et rupture de l'équilibre républicain
Voilà un communiqué de presse du syndicat de la magistrature qui ne mâche pas ses mots. Nous vous conseillons d'ailleurs d'aller sur leur site, on apprend des tas de choses. Mon ami et avocat, qui est devenu substitut du procureur depuis cinq ans possède d'excellent tuyaux quant aux mécontentements du "Barreau" suite à la politique de Sarko. Ainsi peut-on lire une chose bien réaliste au sujet du dernier emprisonnement de José Bové...
"La sévérité des poursuites à l´encontre des "contestaires"a pour corollaire une justice d´une extrême lenteur et d´une grande clémence à l´égard des puissants. Alors que J.Bové est jeté en prison, JC Trichet, ex-gouverneur de la Banque de France, est relaxé le 18 juin, et nommé, deux jours après, président de la Banque Centrale Européenne. Dans l´affaire du Crédit Lyonnais, dont le trou financier vaut largement le déficit virtuel des caisses de retraites, le parquet n´a bien sûr pas fait appel de la relaxe de JC Trichet, sans doute pour ne pas gêner sa réinsertion professionnelle !
Quant aux hauts fonctionnaires et conseillers ministériels de l´affaire du sang contaminé, ils ont eux aussi été relaxés au bout de 15 ans de procédure. Mais soyons sûr que s´il s´était trouvé, à l´époque, un José Bové pour détruire, au Centre National de Transfusion Sanguine, les poches du sang mortel pour les hémophiles, il aurait été immédiatement embastillé pour"dégradations volontaires", car qui détruit un oeuf est beaucoup plus criminel que celui qui détourne dix boeufs."
C'est le moins que l'on puisse dire... voir ce que je pense de la Justice sur mon nouveau blog de poésie... ce qui avait fait un peu grincer des dents mon ami qui m'avait dit "Il y a justice et Justice..."
Communiqué de presse
Attaques contre la justice rupture de l'équilibre républicain
La publication par le journal Le Monde d'un rapport du préfet de Seine Saint Denis daté du 13 juin 2006, et des rapports de 27 autres préfets suscités par le ministre de l'intérieur et déposés en juillet dernier sert les nouvelles attaques de celui-ci à l'encontre de l'institution judiciaire et plus spécialement de la justice des mineurs. Ces publications et ces attaques tombent opportunément pour Nicolas Sarkozy, en plein débat sur son projet de loi relatif à la prévention de la délinquance, alors même que ce projet se heurte à une forte opposition, après avoir fait l'objet de difficiles arbitrages ministériels.
Alors que l'échec de sa politique ultra-sécuritaire et l'inefficacité des modalités d'intervention et d'organisation des services de police éclatent au grand jour, il essaie d'en faire endosser la responsabilité aux juges taxés de laxisme. Pour appuyer son analyse, il érige le recours à l'emprisonnement en indicateur absolu de l'efficience de la justice des mineurs. Il réclame ainsi implicitement les pleins pouvoirs pour mener à bien l'entreprise d'abrogation de l'ordonnance de 1945 relative à la délinquance des mineurs dont il a fait l'un de ses thèmes de campagne électorale. Il dévoile ainsi son véritable projet politique.
Le Syndicat de la magistrature dénonce une véritable entreprise de déstabilisation de l'institution judiciaire, et l'instrumentalisation de l'appareil d'État au service des ambitions d'un candidat à l'élection présidentielle.
Le Syndicat de la magistrature attend du Président de la République une réponse à la hauteur de l'atteinte ainsi porté au bon fonctionnement des institutions de la République.
Sources : Syndicat de la magistrature
Posté par Adriana Evangelizt