Francophonie : Dissensions pour le texte final
Du quotidien libanais Lorient le jour... Jacques Chirac se serait donc agacé car il y a eu des blocages de la part de la part de la Roumanie et du Canada pour inclure certains termes pour le Liban... Roumanie-Canada, on a tout compris, l'axe pro-bush et défenseur d'Israël, se sont donc opposés à l'Egypte et à la France comme vous le lirez ci-dessous...
Sommet de la francophonie - L’OIF déplore la guerre au Liban et appelle à une cessation totale des hostilités
Succès médiatique pour le Liban, victoire diplomatique pour Mitri
Antoine AJOURY
Tout est bien qui finit bien. Le XIe sommet de la francophonie qui s’est déroulé à Bucarest et qui a terminé ses travaux hier a confirmé la place essentielle du pays du Cèdre dans la famille francophone, grâce surtout aux efforts du ministre de la Culture, Tarek Mitri, qui a su échapper, à merveille, aux méandres de la polémique diplomatique concernant l’invitation du Liban, d’une part, et le respect de la Constitution libanaise, d’autre part.
On savait bien avant le début des travaux de la conférence des chefs d’État et de gouvernement des pays ayant le français en partage que le dossier libanais allait occuper une place importante à l’ordre du jour du sommet.
En effet, entre la souffrance que le peuple libanais a subie lors de l’agression israélienne en juillet dernier et la polémique entre l’Élysée et Baabda autour de la non-invitation du président Émile Lahoud au sommet de la francophonie, le Liban a été omniprésent.
La clôture de la conférence n’a pas dérogé à la règle. Plus de deux heures de retard ont été nécessaires pour mettre au point la déclaration finale, en raison de deux phrases que l’Égypte a demandé d’ajouter afin de concrétiser la solidarité des membres de l’Organisation internationale de la francophonie avec le Liban.
En effet, lors de la séance à huis clos des délégations présentes, M. Mitri a, comme prévu, prononcé son discours dans lequel il a tenu à dire la « gratitude du Liban pour la solidarité active des pays francophones et amis, durant le guerre ». Neuf intervenants ont par la suite été favorables au Liban et à ce qui a été dit par le ministre de la Culture. Parmi eux « le président français Jacques Chirac, qui a été très fort dans son soutien au Liban », selon M. Mitri.
Puis la délégation égyptienne a présenté un amendement au texte initial concernant le Liban, dans lequel il invite les participants à « déplorer la guerre sur le Liban », tout en affirmant que l’arrêt des hostilités n’est pas encore complet, et toujours selon le ministre de la Culture, « tout le monde était visiblement d’accord sur la version proposée ».
Arrivant à la séance plénière, la Roumanie prétextant un vice de forme, en considérant qu’il n’y a pas eu un consensus sur le texte, puisque le Canada s’y est opposé, a décidé de ne pas discuter de cet amendement. Selon M. Mitri, « l’Égypte et surtout M. Chirac ont vigoureusement appuyé la position libanaise, en demandant aux participants de voter le texte ». Toutefois, la présidence roumaine a refusé de le soumettre au vote. Selon des sources présentes lors des débats, le président français a manifesté à plusieurs reprises son agacement. La séance a par la suite été suspendue pour de plus amples discussions. Dans les coulisses, le duo France-Égypte a œuvré inlassablement pour trouver un consensus avec l’axe Roumanie-Canada, d’autant que, selon M. Mitri, « la majorité écrasante des pays était favorable à un texte plus fort, plus chaleureux sur le Liban ».
Dans ce contexte, plusieurs diplomates présents ont affirmé que les discussions étaient souvent assez tendues, que certains préconisaient même d’éliminer la partie concernant le pays du Cèdre. Néanmoins, « il n’y a jamais eu un débat de fond, et c’était uniquement un débat de forme », affirme le ministre de la Culture.
En fin de compte, une déclaration consensuelle est apparue, confortant la position du gouvernement libanais, puisqu’elle « déplore la tragédie au Liban et les conséquences dramatiques pour l’ensemble des populations civiles, tout en appelant à une cessation totale des hostilités et au retour au calme au Liban ».
Selon certains observateurs, « toute cette controverse n’aurait pas eu lieu si la délégation libanaise avait participé activement à la préparation du sommet, et sa position aurait été plus forte si elle était présente dès le début », malgré le fait que la présence de M. Mitri, surtout dans les coulisses, a considérablement aidé à ce succès diplomatique. Notons tout de même qu’en tant que représentant spécial du Premier ministre, M. Mitri n’a pas voté lors des débats.
Sources : Lorient le Jour
Posté par Adriana Evangelizt