Assassinat Hariri : Lahoud s'en prend à Chirac

Publié le par Adriana EVANGELIZT

On se demande bien à quel jeu joue Chirac ?

Assassinat Hariri

Lahoud s’en prend à nouveau à Chirac

Paris invoque l’indépendance judiciaire dans le dossier d’extradition de Siddiq

Paris s’est abstenu hier de commenter la relance par le président Émile Lahoud des démarches pour obtenir l’extradition d’un témoin à charge dans l’assassinat de l’ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri, se retranchant derrière l’indépendance de la justice.


Le président Lahoud a demandé mercredi de relancer auprès de la France le processus d’extradition de ce témoin, Mohammad Saïd Siddiq, s’engageant à user de son droit de grâce s’il était condamné à mort au Liban.


Cette personne « a fait l’objet d’une demande d’extradition en octobre 2005, rejetée par la cour d’appel de Versailles le 24 février 2006 », a déclaré à la presse le porte-parole du ministère des Affaires étrangères français, Jean-Baptiste Mattéi. « Si une nouvelle demande était présentée, elle serait examinée selon le droit applicable et il appartiendrait aux tribunaux de statuer en toute indépendance », a-t-il ajouté.


Une source judiciaire française avait, après la décision de justice de février dernier, expliqué le refus de l’extrader et la décision de le libérer par « l’absence de garantie de non-application de la peine de mort à l’intéressé ».


Sous le coup d’un mandat d’arrêt international, M. Siddiq, un transfuge syrien, avait été arrêté en octobre en banlieue parisienne, dans le cadre de l’enquête sur l’assassinat de Hariri, le 14 février 2005.


La justice libanaise veut entendre cet ancien officier des services de renseignements syriens, qui intéresse également la commission d’enquête internationale sur l’assassinat de Hariri.


M. Siddiq avait affirmé début septembre que les présidents libanais et syrien avaient donné l’ordre de commettre ce crime.



Les attaques de Lahoud


Signalons dans ce cadre que le président Lahoud s’en est pris de nouveau au président Jacques Chirac et à « ses amis à Beyrouth », affirmant : « Chaque fois que le Liban invoque son droit de faire comparaître Siddiq devant les tribunaux libanais et de permettre à des magistrats libanais de l’interroger ou de le confronter avec les quatre généraux arrêtés sur base de son témoignage devant la commission d’enquête internationale, le président Chirac intervient, en coordination totale avec ses amis à Beyrouth, et s’arrange pour que Siddiq se manifeste, lance des accusations à droite et à gauche et raconte des histoires, dans le but d’orienter l’enquête dans une direction déterminée. »
Et M. Lahoud d’ajouter : « Cela fait partie de la campagne qui vise la présidence de la République et la personne du président. »
Le chef de l’État s’est donc interrogé sur « les raisons véritables qui poussent le président Chirac à intervenir pour empêcher la magistrature libanaise d’interroger Siddiq, alors même que le Liban a proposé que cet interrogatoire et la confrontation avec les quatre généraux se déroulent à Paris ».
M. Lahoud a même soulevé la possibilité que Siddiq puisse avoir fait de faux aveux dans le but de « tromper les enquêteurs et de cacher l’identité des véritables assassins ». Il a été jusqu’à affirmer que le témoin devrait, « pour sa propre sécurité », être aux mains de la justice libanaise.

Mirza : Pas de réponse


Dans les faits, le procureur général près la Cour de cassation, Saïd Mirza, a informé hier le ministre de la Justice que le parquet s’était adressé aux autorités judiciaires françaises, conformément au vœu du président Lahoud, mais qu’il n’avait pas encore obtenu de réponse à sa demande.
De son côté, M. Akram Azouri, avocat du général Jamil Sayyed, a affirmé que l’intervention télévisée de Siddiq est « une réaction » au dernier rapport de Serge Brammertz dans lequel ce dernier affirme, au paragraphe 73, qu’il vérifie la crédibilité de certains témoignages.
Et d’assurer que, dans sa correspondance, le président de la commission d’enquête internationale ne fait plus allusion au général Sayyed comme « suspect », et que la libération de ce dernier est, en quelque sorte, en vue.
Pour l’avocat, inspirées par celui qui finance son séjour en France depuis un an, les déclarations de Siddiq seront suivies de propos similaires que tiendra l’ancien vice-président syrien Abdel Halim Khaddam. « Pour la première fois depuis l’ouverture de l’enquête, le rapport de Brammertz apporte un espoir sérieux de parvenir à l’identification des assassins de Hariri », souligne M. Azouri.

 

Sources : LORIENT LE JOUR

Posté par Adriana Evangelizt

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Publié dans LIBAN

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