Villepin débloque aux Antilles une rallonge poiur le logement social
Villepin débloque aux Antilles une rallonge
pour le logement social
Dominique de Villepin a annoncé jeudi en Guadeloupe des crédits supplémentaires pour le logement social outre-mer, face à la grogne des associations et élus qui accusent le gouvernement de lâcher les DOM dans ce domaine.
Arrivé mercredi soir en Guadeloupe, pour une visite de 48 heures aux Antilles, le Premier ministre a réservé aux élus insulaires la primeur de cette rallonge de 120 millions d'euros sur trois ans (2007-2009) destinée à "accélérer la relance" du logement social dans les départements d'outre-mer.
Cette enveloppe doit permettre "d'aligner le rythme de progression des crédits du logement outre-mer sur celui qui avait été fixé en métropole dès 2004 par le plan de cohésion sociale de Jean-Louis Borloo", a-t-il déclaré au Conseil général de Guadeloupe.
Un rendez-vous rajouté in extremis à son agenda après que les présidents du Conseil régional, Victorin Lurel (PS), et du Conseil général, Jacques Gillot (app PS), l'eurent accusé de ne pas vouloir les rencontrer.
La rallonge budgétaire "sera mise en oeuvre dès 2007, à hauteur de 60 millions d'euros, puis à hauteur de 30 millions d'euros les deux années suivantes", a précisé M. de Villepin.
Une façon de répondre aux critiques émises par des associations et des élus. Le plan Borloo a "déshabillé les plus pauvres, l'Outre-mer, pour habiller les banlieues", a en effet dénoncé en effet le "Collectifdom", association représentant Antillais, Guyanais et Réunionnais.
"Un drame", selon Collectifdom, alors que plus de 200.000 personnes vivent dans des "bidonvilles" dans les DOM.
Les Antillais ont "les mêmes droits au logement que partout en France", a lancé jeudi M. Gillot au Premier ministre. M. Lurel a lui dénoncé "le désengagement financier de l'Etat" en Guadeloupe, qui s'élève selon lui, "malgré des artifices de présentation", à "600 millions d'euros depuis 2002".
Rejetant les accusations de "désintérêt" ou de "désengagement" de l'Etat, M. de Villepin a affirmé que l'effort financier pour le logement social outre-mer était, outre la rallonge, "considérable" et "dépasse 850 millions d'euros" par an.
Cette visite marathon, la première d'un chef du gouvernement depuis Lionel Jospin en mars 2002, intervient à six mois de la présidentielle mais, assure-t-on à Matignon, ne s'inscrit pas "dans le cadre de la campagne" électorale.
Accompagné des ministres François Baroin (Outre-mer) et Léon Bertrand (Tourisme), élu de Guyane, M. de Villepin devait ensuite se rendre à Bouillante (ouest) pour visiter une usine géothermique, unique en France, qui fait appel à la chaleur volcanique, puis rencontrer à Capesterre-Belle-Eau les responsables de la filière bananière, vitale pour l'île.
Il devait s'envoler le soir pour l'île toute proche de la Martinique. Féru de poésie, il s'entretiendra vendredi à Fort-de-France avec le poète Aimé Césaire, 93 ans, chantre de la négritude. Un rendez-vous incontournable pour tout homme politique de passage aux Antilles.
Le chef du gouvernement rencontrera aussi des membres de l'association des victimes de la catastrophe aérienne du 16 août 2005, qui avait fait 160 morts au Venezuela, dont 152 Martiniquais.
M. de Villepin avait été précédé en mars par son ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy, qui s'était démarqué de Jacques Chirac en posant les jalons d'une "nouvelle politique de l'outre-mer (...) moins qu'avant fondée sur l'assistanat".
Sources : AFP
Posté par Adriana Evangelizt