Sarkozy a un seul choix
Sarkozy a un seul choix
par Ali Bahmane
Bien avant sa venue à Alger, le staff de Sarkozy a soigneusement laissé courir la rumeur que le ministre de l’Intérieur allait ramener dans ses bagages un beau cadeau pour l’Algérie : la levée de la consultation préalable pour l’obtention du visa, cette lourde contrainte imposée aux Algériens depuis dix ans et qui a été épargnée aux Marocains et aux Tunisiens. L’entourage de Sarkozy a omis intentionnellement une info de taille : c’est l’Algérie elle-même qui a arraché cette facilité – ou elle est en train de le faire – en dessérant l’étau terroriste et en retrouvant sa crédibilité antérieure sur la scène internationale. Au demeurant, la machine pour faciliter les procédures de visas s’est ébranlée à l’échelle européenne.
Sarkozy ne ramène rien à Alger, il est demandeur avant tout, à quelques mois de la présidentielle française, un scrutin qui s’annonce particulièrement difficile, pour lui et pour les autres : près d’un million d’Algériens binationaux qui voteront et un lobby estimé aux alentours de 4 millions de personnes, ça pèsera sûrement sur la balance et le ministre-candidat entend en tirer profit.
Si elle s’arrête à ce marché de dupes, la visite de Sarkozy à Alger ne dépasserait pas le stade du protocolaire et serait un non-événement. En revanche, elle deviendrait utile et réhausserait l’image (bien ternie aujourd’hui) du ministre-candidat tant au sein du monde politique qu’au niveau de la population algérienne si celui-ci reconnaît les crimes commis dans notre pays par l’armée et l’administration coloniale française. Et également s’il prend l’engagement qu’en cas de victoire aux élections présidentielles, il demandera, au nom de l’Etat français, pardon à la Nation algérienne exactement comme Chirac l’a fait pour les crimes commis contre les juifs sous l’autorité du gouvernement Vichy. Fondamentalement, c’est ce qu’attendent les Algériens des hommes politiques de l’Hexagone.
Les facilités de visas, les contrats commerciaux, les ventes d’armes et toutes autres choses matérielles n’ont aucun sens s’ils ne sont pas accompagnés d’actes politiques majeurs et s’ils ne sont pas hautement civilisationnels. Sarkozy faisant ce que Chirac n’a pas osé faire, il est dificile de le croire mais il est permis de rêver. C’est au chef de l’UMP maintenant de se déterminer, n’ayant pas d’autre choix que d’aller dans le sens de l’histoire. S’il ne fait pas mieux que le locataire actuel du palais de l’Elysée, il retombera vite en Algérie dans les oubliettes.
Sources EL WATAN
Posté par Adriana Evangelizt