Divorce entre les députés UMP et Villepin
On reconnait là le tour de passe-passe des lâches et des manipulateurs. Pour prouver qu'ils sont dans leur bon droit, ils font porter le chapeau à Dominique de Villepin. C'est lui qui a tort, c'est lui qui veut la guerre. Ah ils n'ont pas honte ! Non contents de brader là France à un Ambitieux qui fait tout le contraire de la loi 1905, ils se conduisent comme une meute sauvage pour faire plier ceux qui n'adhèrent pas à leur choix. Non, nous ne trouvons pas Sarkozy sympathique ! Non, il ne nous inspire pas confiance ! Et non, nous ne voterons pas pour lui ! Et que Dominique de Villepin se rassure, un mouvement de contestation se créé, il ne faut pas croire que nous allons accepter sans broncher que l'on nous impose le pire.
Divorce entre les députés UMP et Villepin,
Juppé rallie Sarkozy
Nicolas Sarkozy a marqué deux points mardi dans sa lutte contre les chiraquiens, avec une attaque violente des députés UMP contre Dominique de Villepin qui consacre l'isolement du Premier ministre, et le ralliement d'Alain Juppé à sa candidature à la présidentielle.
A quelques jours du congrès de l'UMP qui doit l'introniser dimanche candidat à la présidentielle, le président du mouvement a enregistré un soutien de poids, celui de son prédécesseur à la tête du parti, Alain Juppé.
"Le meilleur d'entre nous", comme l'avait qualifié Jacques Chirac dont il est proche, s'est finalement engagé aux côtés de M. Sarkozy. "Je connais bien Nicolas Sarkozy, depuis longtemps. Je connais ses forces et ses faiblesses, comme il connaît les miennes. J’apprécie sa capacité d’agir", a expliqué M. Juppé sur son blog.
"Non événement", a commenté le chiraquien Jean-Louis Debré, qui, comme Dominique de Villepin, ne compte pas voter dimanche pour Nicolas Sarkozy. Le clan chiraquien reste dans la logique gaulliste d'une présidentielle conçue comme la rencontre d'un homme avec le peuple, alors que les sarkozystes défendent une logique de parti. Une césure encore soulignée mardi à Bobigny (Seine-Saint-Denis) par les piques distillées en marge de la cérémonie des voeux du chef de l'Etat aux fonctionnaires, où se trouvaient aussi MM. de Villepin et Sarkozy.
L'entourage de Jacques Chirac a indiqué qu'il n'enverrait pas de message au congrès de l'UMP car "le président n'a pas de camp, son camp c'est la France", tandis que Dominique de Villepin a évoqué les "armées napoléoniennes" et la nécessité d'être "divers, mobiles, capables de surprises".
De son côté, Nicolas Sarkozy, qui selon son entourage devrait rester au ministère de l'Intérieur jusqu'à la fin février, a ironisé sur le nombre de plus en plus restreint de ses opposants. De fait, juste après, il a reçu le soutien massif des députés UMP qui ont violemment attaqué le Premier ministre lors de leur réunion de groupe, consacrant le divorce entre Dominique de Villepin et les élus, entamé lors de la crise du CPE en février 2006.
Une situation relativement inédite qui, à moins de quatre mois de la présidentielle, pourrait déboucher sur une crise si d'aventure les élus UMP décidaient de faire barrage aux derniers textes gouvernementaux. C'est Jean-Luc Reitzer (Haut-Rhin) qui a sonné la charge. Pour lui "Villepin a fait son travail de Premier ministre, mais pour la présidentielle, les jeux sont faits. Il faut qu'il l'accepte". M. de Villepin a tenté en vain d'expliquer que pour gagner, l'unité n'était pas suffisante car il fallait convaincre au-delà de son camp. Ces propos ont provoqué un tollé. "Je n'ai pas la même expérience que vous", a-t-il poursuivi, aussitôt interrompu par des "cela se voit!" lancés de la salle.
C'est un Premier ministre isolé qui a essayé de s'expliquer, mais sa position est incompréhensible. Il s'est fait tacler", a renchéri Yves Bur. Bernard Accoyer, le chef des députés UMP, a "supplié" MM. de Villepin et Sarkozy de "se parler, de se rapprocher", car c'est seulement ainsi "que nous gagnerons". Matignon a aussitôt soupçonné les sarkozystes d'avoir orchestré la fronde. Selon des villepinistes, M. de Villepin a quitté l'Assemblée "furieux", jugeant la réunion "indigne".
Le divorce entre les députés UMP et Dominique de Villepin, qui a atteint mardi son paroxysme avec la violente attaque des élus contre le Premier ministre, est l'aboutissement d'un an de tensions entamé avec la crise du CPE en février 2006. L'année 2006 aurait pu bien débuter pour Dominique de Villepin. Durant ses six premiers mois à Matignon, le Premier ministre était parvenu à amadouer, à force de dialogue et rencontres, les députés qui avaient vu d'un mauvais oeil sa nomination.
Mais la machine s'est enrayée après sa décision de créer le contrat première embauche (CPE).
Les députés UMP n'étaient pas forcément opposés à ce dispositif, introduit par voie d'amendement gouvernemental dans le projet de loi sur l'égalité des chances. Mais, très vite, ils ont nourri des craintes pour leur avenir électoral devant les manifestations d'ampleur des jeunes et l'opposition résolue de la gauche. Nombreux ont été ceux qui se sont alarmés de la fermeté de M. de Villepin, perçue par certains comme de l'entêtement. "C'est l'impasse, Villepin joue et fait la guerre. Or le destin d'un pays n'est pas un jeu et doit être traité autrement que dans une atmosphère belliqueuse", confiait un élu UMP, sous couvert de l'anonymat.
Le fil du dialogue était rompu. Il ne sera jamais renoué.
Sources AFP
Posté par Adriana Evangelizt