Les candidats à la conquête des banlieues
ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE EN FRANCE
Les candidats à la conquête des banlieues
par Nadjia Bouzeghrane
Un déplacement en banlieue de Nicolas Sarkozy est envisagé. Sa préparation est minutieuse. Ce déplacement s’impose pour le candidat UMP.
Nicolas Sarkozy a en effet besoin de corriger l’image du ministre de l’Intérieur qui promettait, en octobre 2005, de nettoyer « au Kärcher » des quartiers encombrés de « racailles ». Le candidat Sarkozy doit montrer qu’il « a changé ».
Le candidat de l’UMP a déjà rencontré, le 13 décembre, place Beauvau (siège du ministère de l’Intérieur) des jeunes des quartiers populaires. Ces derniers étaient invités à « faire entendre leur voix, par le biais de recommandations et de propositions ». Les débats avaient été préparés et menés avec des militants de Bleu-Blanc-Rouge (BBR), une association spécialisée dans l’insertion professionnelle fondée à Argenteuil au lendemain de la sortie sur les « racailles ».
Le 27 janvier, à Argenteuil, l’association organisait une rencontre entre jeunes de la ville et patrons issus de zones sensibles. Dans ce retour en banlieue de Nicolas Sarkozy, sa conseillère et porte-parole, Rachida Dati (de père marocain et de mère algérienne) joue un rôle de premier plan. C’est elle qui a préparé la rencontre du 13 décembre, c’est elle qui est en contact avec des associations de quartiers. Rachida Dati a organisé, ces dernières semaines, plusieurs réunions à Paris avec des responsables associatifs pour nouer le lien avec « les quartiers populaires ». Elle a précisé jeudi soir sur LCI qu’une visite de M. Sarkozy à Argenteuil (Val-d’Oise) était en cours de préparation. La nouvelle rencontre doit avoir lieu prochainement, en journée, dans une salle des fêtes ou un gymnase, a annoncé à l’AFP Tarek Mouadane, porte-parole des BBR. Un autre lien très actif entre les quartiers sensibles et Nicolas Sarkozy, c’est Abderrahmane Dahmane, secrétaire national de l’UMP chargé des relations avec les associations des Français issus de l’immigration.
Depuis avril 2005, Abderrahmane Dahmane œuvre à structurer au sein de l’UMP des associations communautaires qui ont vocation, selon lui, à servir de « relais » entre le parti et la société civile. M. Sarkozy devra renouer avec une partie de la jeunesse française dont il s’est coupé depuis octobre 2005. Ce ne sera pas tâche aisée, les jeunes des quartiers sensibles n’ont pas oublié l’insulte d’Argenteuil. Les émeutes ont aiguisé, voire éveillé leur conscience citoyenne et ont eu pour effet de les amener à s’inscrire massivement sur les listes électorales. Des sondages ont souligné que la majorité d’entre eux voterait à gauche.
Le « pacte républicain » de François Bayrou
Pour sa part, en visite vendredi à Mantes-la-Jolie (région parisienne), le candidat de l’UDF, François Bayrou, assure qu’il n’est pas venu « à la pêche des électeurs de banlieue, mais à la rencontre des citoyens », « une nouvelle France ». « C’est une nouvelle France, mais c’est la France républicaine qui demande qu’on lui fasse confiance, qu’on lui offre compréhension et bienveillance et qu’on ne passe pas son temps à lui renvoyer des stéréotypes du genre le mouton », a ajouté le candidat UDF à l’élection présidentielle, en allusion à Nicolas Sarkozy qui a évoqué « ceux qui égorgent des moutons dans des baignoires ». « Depuis 25 ans, on a manqué la politique pour les banlieues », a déploré le candidat UDF. Et d’ajouter : « Il y a tant à faire pour assurer la mixité sociale, lutter contre les discriminations. »
Le leader centriste prône pour les quartiers un plan de lutte de longue durée, « un grand projet d’union nationale ». Il veut agir pour le logement social, favoriser la mixité, donner la priorité à l’éducation, nommer des sous-préfets dans les banlieues et établir un service civique de six mois. « Partout en France, quel que soit le quartier, nos enfants auront droit à rencontrer le même niveau d’excellence que dans les quartiers huppés » a-t-il indiqué. Avant de qualifier la situation des banlieues de « plus grand échec de la France. » François Bayrou préconise un « nouveau contrat social et républicain », qu’une fois « élu président de la République », il mettra en œuvre. Les sondages le créditent de 13% d’intentions de vote au premier tour.
Paris. De notre bureau
Nadjia Bouzeghrane
Sources El Watan
Posté par Adriana Evangelizt