Poutine invite Chirac en Russie
Poutine invite Chirac pour un de ses derniers voyages
avant la présidentielle
Le président français Jacques Chirac effectuera fin mars en Russie l'un des derniers voyages à l'étranger de sa magistrature, selon son homologue russe Vladimir Poutine, qui a réitéré mercredi l'intérêt des Russes pour le géant aéronautique européen EADS.
»Lors de la visite du président Chirac en Russie à la fin mars, j'espère que nous pourrons discuter des questions de coopération, en particulier dans l'énergie», a déclaré M. Poutine devant les ministres français des Affaires étrangères Philippe Douste-Blazy et de la Défense Michèle Alliot-Marie.
A Paris, l'Elysée n'a pas confirmé la visite, affirmant qu'il s'agissait en l'état d'une invitation de Vladimir Poutine et qu'elle est »examinée dans un esprit d'amitié».
Ce déplacement du président français, s'il se confirme, interviendra quelques semaines seulement avant le premier tour de la présidentielle le 22 avril où M. Chirac est peu susceptible de se représenter après douze ans passés à l'Elysée selon les observateurs.
MM. Poutine et Chirac entretiennent depuis longtemps d'excellentes relations. En septembre, le chef d'Etat français avait remis au maître du Kremlin les insignes de Grand Croix de la Légion d'honneur, le grade le plus élevé dans cette distinction.
Lors du 74e anniversaire de M. Chirac en novembre 2006, Vladimir Poutine avait salué la »sagesse d'homme d'Etat» et l'»énergie créatrice» d'un homme qu'il apprécie et tutoie.
Le président russe a profité de la rencontre pour rappeler l'intérêt porté par les Russes à une »coopération» avec EADS, dont la filiale Airbus traverse de fortes turbulences.
»Nous sommes prêts à une coopération constructive et aimerions arriver à un accord (sur une coopération à long terme) au niveau de la compagnie», a-t-il souligné en rappelant que »l'acquisition d'un paquet d'actions d'EADS par une de nos banques (Vnechtorgbank) ne constituait pas un pas vers une acquisition hostile».
Ces propos interviennent alors que Airbus doit annoncer un plan de restructuration qui prévoit jusqu'à 10.000 suppressions d'emplois. L'entrée en 2006 de la Vnechtorgbank (VTB) à hauteur de quelque 5% au capital d'EADS a suscité de vives inquiétudes parmi les Européens.
Le chef de la diplomatie française a saisi la balle au bond pour indiquer que la France serait »très heureuse si les compagnies aériennes russes achetaient des A-350».
De son côté, la ministre française de la Défense a salué le travail accompli avec son ancien homologue Sergueï Ivanov, tout juste promu premier vice-Premier ministre. Ce dernier, considéré comme un successeur potentiel de Vladimir Poutine en 2008, était présent à la rencontre.
»Je pense que nous avons fait beaucoup avec Sergueï Ivanov en aéronautique», a souligné Mme Alliot-Marie, en évoquant la coopération dans le domaine des hélicoptères, des avions de reconnaissance, des avions de chasse et des drones.
Dans la matinée, les ministres de la Défense et des Affaires étrangères des deux pays s'étaient rencontrés dans le cadre du 6e Conseil de coopération franco-russe pour les questions de sécurité.
Sources Tageblatt
Posté par Adriana Evangelizt