Journée cruciale pour Bayrou, courtisé par Royal et Sarkozy
ll est clair et net que si François Bayrou ne prend pas parti pour Royal, il ouvre la porte à Sarkozy. Est-ce qu'il veut, lui aussi, faire le malheur de la France et des Français ? Faire l'autruche n'a jamais fait avancer les choses. Il faut avoir du courage et dire ce que l'on souhaite. Une France libre ou un goulag.
Journée cruciale pour Bayrou, courtisé par Royal et Sarkozy
PARIS (AFP) - François Bayrou, courtisé avec assiduité par Ségolène Royal et avec moins d'ardeur par Nicolas Sarkozy, va connaître une journée cruciale mercredi, avec une intervention attendue sur les suites du premier tour de la présidentielle, où il a remporté 18,57% des suffrages.
Le président UDF ne devrait donner aucune consigne de vote pour le 6 mai, lors de cette déclaration prévue dans l'après-midi, à 15h30, dans un grand hôtel parisien. Il devrait vraisemblablement annoncer la création d'un parti "démocrate", qu'il a appelé de ses voeux.
Après s'être déclarée mardi soir disposée à accueillir des ministres UDF au gouvernement, Mme Royal devrait revenir à la charge pour tenter de rallier les voix centristes, indispensables pour remporter le second tour le 6 mai.
A l'UMP, les proches de Nicolas Sarkozy devraient multiplier les appels du pied à l'électorat et aux élus centristes, d'autant plus que l'écart avec la rivale socialiste semble se réduire, au vu du dernier sondage Sofres qui accorde 51% au candidat UMP contre 49% à Mme Royal.
Aucun meeting n'est prévu pour les deux finalistes, qui seront tous les deux à la télévision le soir: Nicolas Sarkozy à l'émission "Face à la une" à 20H10 sur TF1, Ségolène Royal à 20H50 dans "A vous de juger" sur France 2.
Dans le camp UMP, une réunion publique est prévue dans la soirée à Bordeaux, animée par l'ancien Premier ministre Alain Juppé et le porte-parole de campagne Xavier Bertrand.
Pour l'équipe Royal, c'est le numéro un socialiste François Hollande, compagnon de la candidate, qui sera en déplacement à Nantes et à Cholet.
La journée sera encore marquée dans la matinée par un Conseil national interrégional (CNIR) des Verts, dont la candidate Dominique Voynet a obtenu 1,57% des voix. La réunion sera suivie en fin d'après-midi d'un point de presse de la secrétaire nationale du parti, Cécile Duflot.
Avant 20H00, le Conseil constitutionnel doit proclamer les résultats officiels du premier tour de la présidentielle.
Mardi, Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy ont redoublé d'efforts pour capter les faveurs de François Bayrou et de ses 6.820.882 électeurs, maniant tous les deux la carotte mais aussi, pour l'UMP, le bâton.
Les finalistes s'étaient lancés dès lundi à l'assaut des voix centristes, laissant des messages sur le portable de François Bayrou... qui n'a répondu ni à l'un, ni à l'autre.
En marge de son meeting à Montpellier, Mme Royal a fait un pas important de plus vers François Bayrou en déclarant qu'il y aurait des ministres UDF dans son gouvernement, s'il rejoignait son "pacte présidentiel".
Elle a également affirmé qu'il était concevable, dans le cadre de discussions avec le leader centriste, "d'ajouter des choses" à son pacte, car l'ouverture proposée "n'est pas du tout ou rien". Lundi soir, elle avait proposé à M. Bayrou "un débat ouvert et public".
Dans la soirée, au Grand-Quevilly (Seine-Maritime), Nicolas Sarkozy a fait assaut d'amabilité envers l'UDF: "Je dis à mes amis de l'UDF qu'ils sont les bienvenus. Chacun de ceux qui nous rejoignent le fait librement".
Fort de ses 18,6%, M. Bayrou fait durer le suspense et ne se prononcera que mercredi, au cours d'une conférence de presse où selon toute vraisemblance, il ne donnera pas de consigne explicite, mais pourrait annoncer la création du nouveau parti "démocrate" qu'il a appelé de ses voeux.
Mme Royal devait lui envoyer mardi une lettre soulignant les points de convergence possibles.
La proposition de la candidate d'un "débat" avec M. Bayrou a monopolisé mardi l'attention du PS sans toutefois susciter de critiques alors que les appels de Michel Rocard en ce sens avaient provoqué un tollé avant le premier tour. Mais c'était avant sa nouvelle initiative.
Mme Royal a également symboliquement reçu Jacques Delors et annoncé la présence à un de ses meetings de Romano Prodi, patron du gouvernement de coalition italien, deux modèles avoués de M. Bayrou. Cette dernière nouvelle n'a pas été confirmée à Rome.
Côté UMP, on soufflait le chaud et le froid en direction de François Bayrou, et surtout de ses amis. Jean-Louis Borloo évoquait une "large ouverture" et des ministères pour les centristes si M. Sarkozy était élu. François Fillon laissait entendre que l'UMP, qui a gelé ses investitures dans les circonscriptions des 29 députés UDF sortants, pourrait bien leur mettre des candidats dans les pattes.
Et certains élus ex-centristes de l'équipe sarkozyste évoquaient même la création... d'un nouveau parti centriste.
M. Sarkozy, qui dénonce "les débauchages et les marchandages", a promis de constituer une majorité "multipolaire", sans plus de précisions. Mais il a soigneusement mis en scène les ralliements UDF (huit parlementaires UDF l'ont rejoint avant ou depuis le 22 avril). Mardi soir, Pierre Albertini, député-maire centriste de Rouen, la plus grande ville UDF de France, a annoncé son soutien au candidat UMP.
Côté UDF, on calculait que 400 candidats pourraient se maintenir au second tour des législatives de juin, imposant ainsi des triangulaires aux candidats PS et UMP et pouvant priver de majorité le futur locataire de l'Elysée.
Lundi, M. Sarkozy avait tiré une torpille sur la candidate socialiste, avec la présence à un meeting d'Eric Besson, ex-"Monsieur économie" du PS, qui avait assuré avoir participé à une entreprise de "diabolisation" du candidat UMP.
L'équipe de M. Sarkozy, arithmétiquement favori, craint en effet que le second tour ne se transforme en référendum contre l'ex-ministre de l'Intérieur, au nom du "Tout sauf Sarkozy".
Le candidat a reçu les parlementaires UMP mardi matin à son QG de campagne, leur demandant de "rester totalement mobilisés", car "le premier tour a créé une vraie dynamique, mais la campagne n'est pas terminée".
Mme Royal, distancée de 5 points au premier tour, pourra trouver réconfort dans un sondage Sofres assurant que l'écart se resserre pour le 6 mai, à 49/51 pour M. Sarkozy.
Les deux finalistes s'affronteront en face à face le 2 mai pour le traditionnel débat radio-télé, leurs équipes ayant trouvé mardi un accord. Ce grand classique de l'entre-deux tours avait été escamoté en 2002, Jacques Chirac ayant refusé de discuter avec Jean-Marie Le Pen.
SourcesYAHOO FR
Posté par Adriana Evangelizt