Une victime cachée de Mai 68

Publié le par Adriana EVANGELIZT

Qu'est-ce qu'il faisait Sarkozy en mai 68 ? Pauvre France ! On se demande ce qu'il aime dans notre pays. Pas la contestation en tout cas. Il faut se plier aux ordres. Se mettre au garde-à-vous. Ecouter Sarkozy qui croit posséder la science infuse. Et bien franchement, on prépare un article sur le sujet, on a rarement quelqu'un d'aussi intransigeant, d'aussi imbu de sa personne, d'aussi étriqué d'esprit et d'aussi vieux jeu. Même notre grand-mère était plus moderne que lui. Son insatiable soif de pouvoir, sa dangereuse ambition et ses certitudes éculées font que nous pensons sérieusement qu'il  ne dépareillerait pas dans une équipe stalinienne, c'est certain. Que ce soit en matière de religion dont il n'a pas encore compris qu'elles ont été inventées pour asservir les hommes... que ce soit dans sa vision passéiste du monde, que ce soit dans son rapport avec l'humanité dont il préfère le haut de l'échelle plutôt que le bas... il n'y a rien, absolument rien chez Sarkozy qui soit en accord avec l'Esprit Français Eclairé. Il piétine allègrement les mots Liberté Egalité Fraternité. Il veut fonder un ordre nouveau. Nous, on tient la liste de ceux qui le suivent et qui vont peut-être le mettre au pouvoir. Mettre un dictateur au pouvoir pour miner la France et saquer les Français. On le répète mais on le pense... la France d'aujourd'hui est au même niveau que l'Allemagne de 1933...

Une victime cachée de Mai 68

par Dominique Dhombres

Il faisait chaud, dimanche 29 avril à Bercy, et Nicolas Sarkozy transpirait beaucoup. LCI diffusait en direct les images du dernier grand meeting du candidat UMP. "Mai 1968 nous avait imposé le relativisme intellectuel et moral. Les héritiers de mai 1968 avaient imposé l'idée que tout se valait, qu'il n'y avait donc désormais aucune différence entre le bien et le mal, le vrai et le faux, le beau et le laid. Ils avaient cherché à faire croire qu'il ne pouvait exister aucune hiérarchie des valeurs. D'ailleurs, il n'y avait plus de valeurs, plus de hiérarchie. Il n'y avait plus rien du tout !", disait-il. L'air est connu. Mai-68, voilà l'ennemi ! Tout cela, c'est chienlit et compagnie ! L'école de Jules Ferry est tombée par terre lorsque l'élève a contesté le maître, lorsqu'il ne s'est plus levé à l'entrée de ce dernier. Soudain, il n'y a plus eu de respect pour le savoir, plus de classement, et même plus de notes. C'était la revanche du mauvais élève sur le bon. Jusque-là, pas de surprise. Mais, à cette vieille chanson, Nicolas Sarkozy a ajouté dimanche des couplets nouveaux. Et là, il fallait se pincer pour le croire. L'orateur transpirait toujours autant. "L'héritage de mai 1968 a introduit le cynisme dans la société et dans la politique. Voyez comment le culte de l'argent roi, du profit à court terme, de la spéculation, comment les dérives du capitalisme financier ont été portées par les valeurs de mai 1968", disait-il. La spéculation boursière fille de Mai-68, il fallait oser cette filiation. Les manifestants de ce lointain mois de mai étaient allés à la Bourse pour y mettre le feu et non pour y acheter des "hedge funds", que l'on sache.


La suite était encore plus ébouriffante. "Voyez comment la contestation de tous les repères éthiques a contribué à affaiblir la morale du capitalisme, comment elle a préparé le terrain au capitalisme sans scrupule des parachutes en or, des retraites chapeaux, des patrons voyous", s'écriait-il. Le capitalisme était évidemment parfaitement moral avant 1968, et les patrons voyous ont manifestement lu leur feuille de route sur les murs de la Sorbonne ! Quant aux parachutes en or, c'est bien connu, ils ont été inventés sur les barricades de la rue Gay-Lussac. Pourquoi pas dans les usines occupées ?


Nicolas Sarkozy est passé à autre chose, mais c'était un curieux moment. Voilà un homme qui croit qu'on naît pédophile ou enclin au suicide. S'il est convaincu de telles sornettes, il peut tout aussi bien voir dans la morale du capitalisme une victime de Mai-68.
Vous imaginez la scène : la morale du capitalisme, plus très fraîche, presque quarante ans après l'agression dont elle a été victime, est venue déposer plainte auprès du commissaire Sarkozy.

Sources Le Monde

Posté par Adriana Evangelizt

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Publié dans Elections danger

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