Vainqueur et déjà en croisade

Publié le par Adriana EVANGELIZT

Vainqueur et déjà en croisade

par Béatrice Delvaux

La France avait le désir de Sarkozy, la France voulait cette révolution promise par le candidat de la droite : la France lui a offert hier un raz-de-marée, un triomphe. La victoire est nette, totale. Nicolas Sarkozy est le président français le plus profondément désiré depuis des décennies.

La victoire est également sans ambiguïté sur le contenu de cette révolution promise : travail, autorité, morale, ce sont ces trois valeurs, martelées en campagne et rappelées à nouveau hier soir, qui seront les piliers des changements profonds que Sarkozy veut imprimer à son pays, vite et fort.

Dès dimanche, il s'est donné les moyens additionnels de cette réforme, en appelant en homme d'Etat au rassemblement de tous, saluant les électeurs de gauche avec insistance.

Les paroles qui devraient être suivies d'effet : le candidat a promis une refonte des institutions accordant une présence plus nette à l'oppositon, le président devra poser des gestes d'ouverture dans la composition de son gouvernement.

Ce brassage large est particulièrement intelligent dans la foulée d'une victoire qui va faire imploser l'opposition pour de nombreux mois.

Mais Nicolas Sarkozy voit plus loin désormais que la seule France. Le nouveau président a ainsi consacré hier davantage de temps à évoquer les peuples européens, américains, méditerranéens, africains qu'à choyer sa seule patrie.

Rassembleur, réformateur, ouvert sur le monde : il n'y aurait pas grand-chose à redire de ces premiers propos présidentiels, qui annoncent avec force que « la France est de retour en Europe ».

Impossible pourtant de réfréner la perplexité, voire l'inquiétude face à ces appels aux différents peuples du monde, égrainant autant de combats légitimes mais sans réelle trame politique ou diplomatique. Perplexité face à un Sarkozy vainqueur et déjà en croisade, comme si le terrain français était d'emblée trop petit pour lui. Inquiétude face à des appels moralisateurs : en forme d'ultimatum aux Etats-Unis sur le développement durable, en forme de gros reproches à une Europe sourde aux colères des peuples et à leur demande de protection.

Sarkozy, président de la France et maître du monde? Le malaise ne pouvait être écarté hier à l'écoute de propos quasi messianiques. Comme si à nouveau, chez cet homme dont on redoute la part d'ombre, la rhétorique choisie venait polluer le louable objectif exprimé.

Aujourd'hui, c'est la victoire d'un président doté d'une légitimité démocratique sans faille et d'une formidable volonté d'action qui est à saluer.

Seul l'exercice du pouvoir par Nicolas Sarkozy dira si c'est bien le souci démocratique qui aura dominé le véritable règne qui s'ouvre aujourd'hui. Il faut le souhaiter à cette France qui s'est offerte à lui ce dimanche et a un besoin impérieux de modernité et de réformes.

Sources Le Soir


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Publié dans SARKOZY NEO CONS

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