Et maintenant une France d'ouverture ? chiche !

Publié le par Adriana EVANGELIZT

Et maintenant une France d'ouverture ? chiche !

par Joëlle Meskens

Générosité. Rassemblement. Respect. Fraternité. Dimanche, Nicolas Sarkozy a choisi ces mots-là autant que ces autres - autorité, mérite, effort - qu'on l'avait si souvent entendu prononcer durant sa campagne.
Ce n'est évidemment pas un hasard.

Après sa très large victoire, il a acquis la légitimité politique. Il lui reste à s'imposer comme le président d'une France apaisée.

Le combat présidentiel qui s'est achevé a été l'un des plus passionnants, mais aussi l'un des plus rudes de l'histoire de la V e République. Il y avait longtemps que deux projets politiques n'avaient été aussi clivés, que deux personnalités n'avaient été aussi opposées, que deux visions de la France ne s'étaient à ce point affrontées. Le résultat ne s'est pas fait attendre : à peine le résultat connu, des incidents ont éclaté un peu partout dans le pays, comme si les perdants voulaient livrer un « troisième tour ». Cette revanche de la rue n'a évidemment pas de raison d'être. L'élection s'est déroulée, démocratiquement, et il y a lieu de s'incliner devant les verdict des urnes.

Mais même si son score a été élevé, Nicolas Sarkozy devra se souvenir que son élection n'est pas un plébiscite. Il ne s'agissait pas d'un référendum pour ou contre lui. Il a cessé d'être le candidat de la droite pour devenir le président de tous les Français.

Quel faux pas, dès lors, que cette fête au Fouquet's, symbole si connoté d'une certaine France des paillettes ! L'image de ce dîner partagé là avec Johnny Hallyday ne peut qu'excéder cette « autre » France qui ne s'est pas reconnue dans son projet et qui craint désormais d'être laissée sur le bord du chemin.

Mais soit... Nicolas Sarkozy, qui a tant fait toute sa vie pour conquérir le pouvoir, en dispose désormais sans partage.

Il promet un gouvernement d'ouverture, avec des personnalités du centre, de la société civile et même de gauche. Chiche ! S'il osait ce casting, Nicolas Sarkozy réussirait alors son vrai coup de maître. Rassurer ceux qu'il inquiète et couper l'herbe sous le pied d'une opposition qui achèverait d'en perdre sa boussole. Après sa victoire de dimanche, il prendrait carrément une option sur sa réélection en 2012.

Sources Le Soir



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