Après 48 heures de silence, Poutine félicite Sarkozy
Il est clair que la relation avec la Russie risque de ne pas prendre la même tournure.
Après 48 heures de silence,
Poutine félicite Sarkozy
Vladimir Poutine a félicité mardi son futur homologue français Nicolas Sarkozy bien après la plupart des dirigeants mondiaux, un retard qui augure de lendemains moins chantants pour les relations franco-russes que sous Jacques Chirac, "ami" personnel du président russe.
"Les relations russo-françaises ont atteint un niveau élevé de confiance et de compréhension mutuelle. J'espère leur renforcement après votre élection", souligne le président russe dans son message de félicitations publié 48 heures après la publication des résultats de le présidentielle en France.
Le président russe a également prôné "le maintien de contacts étroits russo-français au sein de l'ONU" et a appelé la France à garder "son rôle de locomotive" dans le développement du partenariat entre la Russie et l'Union européenne.
Vladimir Poutine a également envoyé un message au président sortant Jacques Chirac, plus long et plus chaleureux, louant ses "efforts personnels" dans le développement des relations franco-russes.
"Les félicitations d'un chef de l'Etat à un autre chef de l'Etat, c'est plus qu'un simple protocole, elles traduisent des relations personnelles", estime Evgueniï Volk, politologue à la Fondation Heritage.
"Lorsque (le pro-russe) Viktor Ianoukovitch a été élu président de l'Ukraine (en 2004), Poutine l'a félicité avant les résultats officiels. Il l'a aussi invité à son anniversaire par la suite. Evidemment, Poutine n'invitera pas Sarkozy à son anniversaire!", ajoute-t-il.
"Le Kremlin veut déterminer si Sarkozy est vraiment pro-américain", estime Alexeï Malachenko, analyste au centre Carnegie de Moscou.
Les relations entre Moscou et Washington étant des plus tendues, notamment en raison du projet américain de déploiement d'un bouclier antimissile près des frontières russes, toute déclaration favorable aux Etats-Unis est perçue comme étant anti-russe par le Kremlin, selon les analystes.
Or Nicolas Sarkozy ne cache pas sa préférence pour la première puissance mondiale. Il y a quelques mois, il avait ainsi reproché à Jacques Chirac de "serrer la pogne de Poutine" et répliqué aux questions sur son penchant supposé pour l'Amérique en demandant si on s'attendait à ce qu'il soit un "admirateur de la Russie".
Durant la campagne, M. Sarkozy a, à plusieurs reprises, critiqué la Russie sur la guerre en Tchétchénie, un sujet extrêmement sensible pour Moscou.
Pour M. Volk, "les relations avec Nicolas Sarkozy sont considérées sans optimisme en Russie. Il ne faut pas s'attendre de sa part à la même sympathie que Jacques Chirac, qui a traduit (le poète Alexandre) Pouchkine".
Le quotidien Izvestia voit d'un très mauvais oeil le fait qu'il ait parmi ses conseillers Pierre Lellouche, président de l'Assemblée parlementaire de l'Otan jusqu'à novembre dernier, "particulièrement malveillant à l'égard de la Russie".
Pour le quotidien, la position atlantiste de Nicolas Sarkozy rend notamment peu probable une réapparition du camp de la paix Berlin-Moscou-Paris contre la guerre en Irak largement inspiré par Jacques Chirac.
Pour certains politologues, les racines hongroises de Nicolas Sarkozy sont aussi perçues en Russie comme un mauvais signe, la Hongrie étant un ancien satellite de l'URSS passé dans l'UE et converti rapidement à l'Alliance atlantique.
Reste un unique espoir: les relations économiques.
Elles "ne vont guère changer. La France va rester un gros investisseur en Russie et la Russie va continuer à fournir des matières premières à la France", selon l'analyste Boris Kagarlitski, directeur de l'Institut russe des problèmes de mondialisation.
Sources AFP
Posté par Adriana Evangelizt