Du « mouton dans la baignoire » aux moutons dans l’isoloir

Publié le par Adriana EVANGELIZT

Du « mouton dans la baignoire » aux moutons dans l’isoloir


L’AN 1 de la résistance civique et démocratique à l’État sarkozyste

par Oumma com

Nul d’entre nous n’oserait contester le caractère pluraliste et démocratique du scrutin du 6 mai. Qu’on le veuille ou non, il convient d’admettre que c’est bien une majorité de nos compatriotes (53 % environ) qui a porté Nicolas Sarkozy à la présidence de la République. Le national-sarkozysme qui, ces dernières semaines, a très largement joué sur les peurs, les divisions, les passions et les fantasmes identitaires et sécuritaires, a triomphé dans les urnes, sans que l’on puisse véritablement parler de manipulations ou de fraudes électorales.

Pourtant, si force est d’admettre qu’il n’y a pas eu de bourrage des urnes françaises, à l’instar des scrutins truqués dans certains régimes autoritaires du Sud, l’on a bien assisté, en revanche, à une véritable opération de bourrage des crânes. De ce point de vue, le sarkozysme constitue sans aucun doute un autoritarisme démocratique qui parvient à instrumentaliser habilement tous les ressorts du « pluralisme médiatique » pour imposer ses vues, comme une forme de « propagande consentie ». D’une certaine manière, l’on serait tenté de dire que le « mouton dans la baignoire » (cf. le discours de Toulon du 7/2/2007) a incontestablement contribué à fabriquer des « moutons dans l’isoloir », agitant le spectre du « communautarisme musulman » pour créer un semblant d’unité nationale face à une menace prétendument commune.

Plus de 52 % des Français ont suivi comme des moutons de Panurge Nicolas Sarkozy, non parce que ce dernier répondait à leurs problèmes quotidiens (l’emploi, le chômage, le logement, la vie chère, etc.), mais d’abord parce qu’il incarnait l’image du sauveur face à un « danger imaginaire », qu’il a fabriqué de toute pièce, tel un apprenti sorcier qui pour faire croire à l’efficacité de ses potions magiques, invente la maladie de son patient. En effet, Nicolas Sarkozy a inventé le « mal français », convainquant les électeurs qu’ils étaient gravement atteints de maux divers, tels que l’immigration, l’islam, les banlieues, la repentance… Et, le pire, c’est que les Français ont fini par s’autopersuader qu’ils étaient réellement malades, se jetant aveuglement dans les bras du charlatan électoral.

C’est peut-être là le fait le plus inquiétant pour l’évolution de notre démocratie française : les campagnes électorales laissent libre cours à toutes les sortes de démagogies sécuritaires, identitaires et xénophobes qui ne sont jamais sanctionnées et finissent pas payer sur le plan politique.

Les « puristes » de la morale et des idéaux républicains ont été balayés dans les urnes car précisément ils n’ont pas compris qu’une élection se gagne à coups de petites phrases allusives sur « le mouton dans la baignoire », la polygamie, la délinquance génétiquement programmée, la repentance honteuse, le fléau migratoire, la réhabilitation de l’œuvre coloniale…, autant de thèmes qui relèguent les défenseurs des valeurs démocratiques au bas du classement de l’efficacité propagandiste. La morale de l’histoire électorale française de ces quinze dernières années, c’est précisément qu’il n’y a plus de morale. Avec Nicolas Sarkozy, c’est la capacité à faire triompher dans les urnes l’immoralité politique dans sa plus pure perfection

Mais ne nous trompons pas : si Nicolas Sarkozy développe des relents autoritaires, il est loin pour autant de correspondre à la caricature du général dictateur Tapioca dans les albums de Tintin. Sa conception autoritaire de la démocratie se marie volontiers à une pratique aiguisée du clientélisme d’Etat, qu’il a d’ailleurs largement expérimenté lors de son passage au ministère de l’Intérieur.

Loin de provoquer un conflit ouvert et frontal avec les quartiers populaires, les banlieues ou certaines couches de la population française (celles qu’il dénonce à longueur de discours), il tentera probablement de les acheter en leur distribuant des gratifications symboliques, matérielles, voire pécuniaires, s’il en était besoin. Car, disposant désormais d’un contrôle quasi-total sur l’appareil d’Etat, Nicolas Sarkozy peut espérer enclencher un vaste processus de clientélisation de la société française et, en particulier, des classes populaires et des classes moyennes.

Gageons que d’ici quelques semaines, sinon quelques mois, Nicolas Sarkozy aura su s’entourer de conseillers pro-américains et pro-israéliens en politique étrangère, de « musulmans de service » pour le culte islamique et la gestion des âmes musulmanes ordinaires (un nouveau CFCM encore plus allégeant que le premier et composé majoritairement de béni-oui-oui à la solde du patron), de Beurs et de Beurettes exotiques largement subventionnés pour la gestion des quartiers dits « difficiles », d’intellectuels de cour pour louer les bienfaits de sa politique culturelle, voire de syndicalistes très coopératifs pour légitimer sa « politique sociale » très libérale.

Sur ce plan, il convient de rester lucide : Nicolas Sarkozy va pratiquer un autoritarisme « chirurgical », en essayant de ne pas trop heurter - dans un premier temps du moins - les sensibilités et les susceptibilités des Français. Ne rêvons pas trop : la France ne va pas se soulever massivement contre les projets de Nicolas Sarkozy et dans les premiers mois les clients du « nouveau système » seront certainement plus nombreux que les résistants.

Dans ces conditions et compte tenu du déploiement efficace de ce clientélisme autoritaire dans tous les secteurs de la société française (la sarkozysation lente mais sûre de la République), il paraît utopique et même totalement irresponsable d’attendre le « grand soir » de la révolte anti-Sarkozy. Seul l’établissement d’un rapport de force permanent de type démocratique permettra de résister à l’autoritarisme sarkozyste et de maintenir en vie des espaces de liberté, au sein desquels nous pourrons continuer à agir.

Entre le scénario d’une opposition rangée, attendant patiemment l’heure de l’alternance politique (c’est le syndrome de l’immobilisme calculateur qui guette certaines franges du PS) et une attitude de radicalité contestataire et totalement inefficace sur le plan des mobilisations (la solution nihiliste prônée par certaines composantes de l’extrême gauche), c’est à la construction d’une véritable résistance civique et démocratique à l’Etat sarkozyste qu’il convient de s’atteler urgemment. En espérant, qu’en 2012, « le mouton dans la baignoire » ne se transformera plus en « moutons dans l’isoloir » mais en citoyens éveillés et éclairés qui rejetteront en bloc la démocratie autoritaire, communautaire et sécuritaire tant rêvée par Nicolas Sarkozy.

Sources Oumma com

Posté par Adriana Evangelizt

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Publié dans Elections danger

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T
Bonjourje passe sur le commentaire précédent bien stupide, pour commenter votre article.Votre analyse de l'élection et de ses conséquences, me semble très juste. En revanche je trouve bien trop défaitiste, et je ne partage pas votre volonté de ne rien faire jusq'en 2012. Henri David Thoreau dit dans son livre la désobéissance civile qu'il ne faut pas attendre d'avoir convaincu la majorité pour faire quelque chose (Il existe des lois injustes : consentirons-nous à leur obéir ? Tenterons-nous de les amender en leur obéissant jusqu’à ce que nous soyons arrivés à nos fins — ou les transgresserons-nous tout de suite ? En général, les hommes, sous un gouvernement comme le nôtre, croient de leur devoir d’attendre que la majorité se soit rendue à leurs raisons. Ils croient que s’ils résistaient, le remède serait pire que le mal ; mais si le remède se révèle pire que le mal, c’est bien la faute du gouvernement.)En effet, après la catastrophe de 2002, tout le monde s'est dit la même chose, on s'est dit qu'on attendrait tous 2007, pour donner une victoire écrasante à la gauche, mais non , les électeurs qui ont voté Sarkozy n'ont pas compris qu'ils ont vôté pour le parti poltique dont ils sont pourtant insatisfait dans leur majorité depuis 2003-2004. On ne va pas attendre 2012 ou ce même parti va encore nous jouer le jeu de la menace terroriste, et finalement l'emporter. Je tiens à rappeler qu'en 2007 les machines à voter ont fait leur apparition et qu'en 2012, leur nombre sera augmenté, et n'importe quelle personne sensée sait qu'il est facile de les pirater, et que les pirates informatiques qui ont fait de gros coups vont rarement en prison, ils sont récupérés par des services secrets dépendant ...... du ministère de l'intérieur eh oui( qui organise les élections soit dit en passant). Ainsi on ne va pas rester passifs jusqu'en 2012, en attendant les résultats miracles d'une élections moins démocratique. On ne va pas achever dix sept ans de droite mollement en attendant que les dirigeants de la gauche se remuent, sinon on risque de prolonger ca pour 22 ou 27 ans. Si on veut que la gauche se renouvelle, il faut montrer que nous citoyens, sommes prêt à défendre ses valeurs. <br /> C'est à dire qu'en attendant 2012 je pense qu'il fasse déobéirement civilement de manière collective en résistance à Nicolas Sarkozy. C'est à dire refuser de se faire prélever son ADN le jour ou l'on nous forcera à le faire, même si c'ets passible de prison car si tout le monde le fait, on ne pourra pas incarcérer tout le monde.Aussi on peut  refuser de se lever dans les classes quand un adulte rentre ,  manifester dans la rue contre les lois injustes sans répondre aux provocations des CRS, prendre la défense d'immigrés clandestins ou de sans-abris, même si c'est illégal, ne pas hésiter à faire quelque chose de juste, même si c'est illégal, voilà des gestes que l'on peut faire collectivment, pour résister aux politiques réactionnaires, liberticdes ou antisociales à venir, et qui si elles sont répêtées, nombreuses, peuvent avoir beaucoup plus d'impact qu'un bulletin de vote. Ces actions amène les opposant et mêmes les classes politiques à réfléchir et revenir sur leurs positions (c'est ainsi que Martin Luther King et Gandhi ont gagné le combat.  Nous n'allos pas attendre 2012 sans nous laisser faire. il va de soi que ces appels à la désobéissance civile, s'opposent à tout combat armé, tout casse, tout vandalisme, toute violence, même en cas de légitime défense : meiux vaut encaisser un coup, plutôt que de le rendre et s'en prendre un plus sévère.<br /> Je tiens à préciser que malgré tout j'incite les gens de gauche ou même les vrais gens de droite (c'est à dire les antisarkozystes de droite, et la droite traditionnelle qui s'occupe du peuple et non de l'impôt de M.Hallyday) à aller voter, car même si les élections seront plus hasardeuses en 2012, un mircale peut toujours arriver. Le but de mon présent message est de dire que les élections c'est bien mais ce n'ets pas suffisant.
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Élections :  Il n’y a que des vainqueurs.  Les uns sont vainqueurs parce qu’ils ont gagné.  Les autres sont vainqueurs parce qu’ils ont perdu et qu’ils n’ont donc pas besoin d’assumer.  Une victoire aux Présidentielles,  les Socialistes n’en veulent pas.  Ils ne sont pas intéressés.  Les Socialistes préfère le confort de l’opposition.  Jamais les Socialistes n’ont cherché à gagner.  Le pot de fleurs :  Les Socialistes savaient qu’en finale,  le pot de fleurs serait perdant face à n’importe lequel des candidats.  En 2002 :  Le crétin de service  (Un enseignant,  c’est tout dire)  n’avait aucune chance d’être élu.  La victoire de Mitterrand en 1981 repose sur le rejet de VGE.  VGE qui de sa vie politique n’a jamais rien fait d’autre que des conneries.  <br />  <br /> <br /> Les élections démocratiques :  Un simulacre  http://les-elections-democratiques.over-blog.fr/  Élections piège à quoi ?  http://electionspiegeaquoi.hautetfort.com/ 
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