Un rebondissement dans l'affaire Clearstream qui rappelle la rivalité Villepin-Sarkozy

Publié le par Adriana EVANGELIZT

Un rebondissement dans l'affaire Clearstream

qui rappelle la rivalité Villepin-Sarkozy

La mise en cause de Dominique de Villepin, et plus indirectement celle de Jacques Chirac, par de nouveaux éléments dans l'affaire Clearstream rappelle les épisodes les plus sombres de la bataille pour l'Elysée entre l'ancien Premier ministre et Nicolas Sarkozy.

Ce rebondissement intervient alors que le vainqueur de l'affrontement est désormais président de la République et le perdant retiré de la scène publique depuis son départ de Matignon début mai. L'Elysée assurait d'ailleurs officiellement jeudi qu'il n'y aurait "évidemment aucun commentaire" sur une affaire relevant de la justice.

Car Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur, s'est constitué partie civile pour dénonciation calomnieuse après avoir été faussement accusé de posséder des comptes bancaires à l'étranger, transformant ainsi ce dossier en affaire d'Etat.

"Ils ne m'épargneront rien" dans la course à l'Elysée, avait d'ailleurs lancé M. Sarkozy, expliquant selon des informations de presse son retour place Beauvau par le souci de disposer des moyens de se protéger.

L'affaire aura illustré et dévoilé au grand jour la lutte sans merci que se livraient alors Dominique de Villepin et Nicolas Sarkozy, dans la perspective notamment de la présidentielle de 2007, même si les deux hommes ont toujours cherché, en public, à donner le change.

Et si les "affaires" ont toujours marqué les campagnes présidentielles, le politologue Dominique Reynié soulignait le "caractère inédit" du scandale Clearstream, qui a mis aux prises les numéros un (Villepin), deux (Sarkozy) et trois (Michèle Alliot-Marie, alors à la Défense) d'un même gouvernement.

En arrière-plan, la figure tutélaire de Jacques Chirac, "parrain" en politique de Dominique de Villepin après avoir été celui de Nicolas Sarkozy. Mais l'ancien président a d'ores et déjà fait savoir aux juges qu'il refuserait de témoigner "sur des faits accomplis ou connus durant son mandat", comme l'affaire Clearstream.

L'ancien président avait longtemps semblé chercher à ménager l'avenir de Dominique de Villepin, entretenant le plus longtemps possible le vrai-faux suspense sur son éventuelle candidature à un nouveau mandat puis soutenant "a minima" la candidature Sarkozy. Mais les relations entre les deux hommes ont semblé s'apaiser sur la fin.

Quant à l'affrontement entre MM. de Villepin et Sarkozy, il s'est soldé par une nette défaite du premier.

Nicolas Sarkozy, instruit par l'échec d'Edouard Balladur en 1995, qui l'avait lui-même plongé dans la disgrâce chez les chiraquiens, avait patiemment tissé sa toile pour s'emparer sans coup férir de l'UMP, le grand parti de droite dont la création avait pourtant été voulue par Jacques Chirac.

Une fois le parti et ses élus rangés derrière lui, la position était devenue quasi-inexpugnable pour Dominique de Villepin très fragilisé après l'échec du Contrat première embauche, sur lequel M. Sarkozy avait pris soin de conserver ses distances.

L'affaire Clearstream avait en outre empoisonné les derniers mois de M. de Villepin à Matignon. Fait totalement inédit pour un chef de gouvernement, il avait même été entendu pendant une dizaine d'heures comme témoin par les juges en décembre 2006.

Depuis l'été, plus isolé que jamais politiquement face à une majorité frondeuse et à la multiplication des ralliements à son rival, il avait été quasiment réduit à gérer les affaires courantes, même s'il avait voulu croire en ses chances jusqu'à l'intronisation de Nicolas Sarkozy comme candidat de l'UMP à la présidentielle, le 14 janvier.

Sources AFP

Posté par Adriana Evangelizt


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Publié dans Villepin Sarkhozy

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