Premier "couac" pour Dati avec la démission de son directeur de cabinet
Premier "couac" pour Dati avec la démission
de son directeur de cabinet
La ministre de la Justice Rachida Dati connaît son premier accroc de taille à la Chancellerie avec la démission vendredi de son directeur de cabinet, officiellement pour des raisons privées, en plein débat sur le projet anti-récidive et la refonte de la carte judiciaire.
Michel Dobkine, 51 ans, a démissionné un mois et demi à peine après son entrée en fonction et son successeur devrait être nommé "très rapidement", a fait savoir la Chancellerie où on parle de raisons "strictement personnelles".
Ce magistrat expérimenté, ancien procureur général de Nîmes et qui dirigeait avant d'arriver à la Chancellerie l'Ecole nationale de la magistrature (ENM), a expliqué à l'AFP que son départ soudain était lié à "un événement privé".
Une source proche du dossier a précisé qu'il devait se remarier prochainement. Ses compétences professionnelles ne sont pas en cause mais sa fonction s'est révélée difficilement compatible "avec une vie de famille normale", ce qui "a généré des tensions", a-t-on ajouté de même source.
Selon France Info, "il avait du mal à s'adapter aux méthodes" adoptées par la Garde des Sceaux pour gérer son ministère.
D'après L'Est républicain, "depuis plusieurs jours les rapports entre ce magistrat expérimenté et la ministre de la Justice s'étaient dégradés". Vendredi "en fin de journée, Michel Dobkine a réuni tous ses collaborateurs pour annoncer son départ, en expliquant: +J'en ai assez de me faire insulter toute la journée+", a précisé le journal.
M. Dobkine a "démenti catégoriquement" avoir tenu de tels propos. "J'ai réuni les membres du cabinet pour leur expliquer que pour ce travail, il fallait être là à 100%. Or, j'étais là à 85%", a-t-il expliqué.
"Tout fonctionnait très bien" avec la Garde des Sceaux, a-t-il assuré, renvoyant les motifs de son départ à sa vie privée.
Une autre source judiciaire a néanmoins fait état d'un climat "tendu" et d'une "forte pression" depuis l'arrivée de Rachida Dati au ministère situé Place Vendôme.
La Chancellerie a démenti toute autre démission au sein du cabinet, évoquant simplement le retour au sein de l'UMP d'un ancien collaborateur de Mme Dati, Olivier Ubeda, qui l'avait suivie au ministère "pendant quelques jours, le temps que son cabinet soit constitué".
La démission de Michel Dobkine intervient à un très mauvais moment pour la Garde des Sceaux alors que le projet de loi anti-récidive, qui institue des peines plancher contre les récidivistes, a été adopté au Sénat et doit être encore examiné par les députés.
Une concertation avec les professionnels sur la refonte de la carte judiciaire a été lancée le 27 juin. Un comité d'orientation sur la future loi pénitentiaire doit se tenir mercredi à la Chancellerie, au moment où la perspective d'une absence de grâce collective le 14 juillet fait peser de lourdes menaces sur le climat dans les prisons.
"Cela va désorganiser le fonctionnement du ministère de la Justice dans une période où nous avons besoin d'interlocuteurs stables", s'est inquiété Bruno Thouzellier, président de l'Union syndicale des magistrats (USM, majoritaire).
La secrétaire générale du Syndicat de la magistrature (SM, gauche), Hélène Franco, y voit, elle, "le signe d'un réel malaise" et d'un "phénomène de surchauffe à la Chancellerie avec des annonces tous azimuts et un très sérieux manque de concertation".
Sources AFP
Posté par Adriana Evangelizt