Sarkozy à Alger pour établir un partenariat concret et sans "repentir"

Publié le par Adriana EVANGELIZT

Sarkozy à Alger pour établir un partenariat concret et sans "repentir"


ALGER - Le président français Nicolas Sarkozy a effectué mardi une visite éclair à Alger avec la volonté d'établir un "partenariat" politique et économique concret avec l'Algérie, débarrassé du poids de l'histoire tumultueuse entre les deux pays.

Pour son premier déplacement hors d'Europe depuis son accession à l'Elysée le 16 mai, M. Sarkozy devait, après cette première étape algérienne, se rendre en fin d'après-midi à Tunis, signe de la priorité qu'il donne aux relations de la France avec ses voisins du sud de la Méditerranée.

Il s'est envolé pour le Maghreb quelques heures après avoir rassuré à Bruxelles les ministres des Finances de la zone euro sur l'orthodoxie de son programme économique et budgétaire.

Le président français, accompagné du ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner et de la secrétaire d'Etat aux Droits de l'Homme Rama Yade, est arrivé en fin de matinée à l'aéroport d'Alger où il a été accueilli avec tous les honneurs par son homologue algérien Abdelaziz Bouteflika.

Il a fait une longue accolade à M. Sarkozy, qu'il connait bien et qui est déjà venu à plusieurs reprises à Alger.

Après l'accueil officiel, les deux présidents ont pris la route de la résidence d'Etat de Zeralda, sur la côte ouest d'Alger. Pas d'accueil populaire le long de la trentaine de kilomètres, pavoisés de drapeaux algériens et français.

Après un tête-à-tête, les entretiens ont ensuite été élargis aux deux délégations avant un déjeuner de travail.

L'objectif de cette visite est double, selon le porte-parole de l'Elysée David Martinon: réaffirmer "l'amitié profonde" de la France pour les pays du Maghreb et présenter le projet d'Union méditerranéenne, un "axe majeur de la politique étrangère" de M. Sarkozy.

Alger est restée jusqu'à présent très prudente sur ce projet. Cette union a l'ambition de rassembler les pays du pourtour méditerranéen comme la Turquie qui, selon M. Sarkozy, n'ont pas vocation à intégrer l'Union européenne mais à avoir avec l'Europe des liens privilégiés.

Pour sa part, l'Algérie veut nouer un "partenariat d'exception" avec la France après avoir discrètement enterré le "traité de paix et d'amitié" promis à l'ancien président Jacques Chirac.

Alors que Alger demande, en préalable, à la France de reconnaître les "crimes" commis durant les 132 ans de la colonisation, M. Sarkozy reconnait "qu'il y a eu beaucoup d'ombres, de souffrances et d'injustices" mais refuse le "repentir", une position qu'il a réitérée dans une interview publiée mardi dans El Watan (francophone) et El Khabar (arabophone).

Il affirme qu'"on peut faire l'amitié sans un traité d'amitié". "Ce qui importe surtout c'est de donner au partenariat un contenu concret", dit-il en citant la formation des cadres, les échanges économiques, l'énergie, la circulation des personnes ou la coopération militaire.

Sur ce dernier point, le président français se dit "prêt à aller plus loin" pour accompagner la professionnalisation et la modernisation des forces algériennes.

M. Sarkozy a également souhaité "un rapprochement" entre le groupe public algérien d'hydrocarbures Sonatrach et des sociétés françaises comme Gaz de France (GDF), Suez ou Total, un projet qui a déjà suscité des réserves du côté algérien.

L'ensemble de ces projets de coopération renforcée doit déboucher sur un "partenariat d'exception" qui devrait être conclu lors d'une visite d'Etat en octobre du président français en Algérie, en Tunisie et au Maroc, après l'étape prévue puis annulée dans ce dernier pays, selon des diplomates.

Sources AFP

Posté par Adriana Evangelizt

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