Paris veut relancer le dialogue interlibanais

Publié le par Adriana EVANGELIZT

Paris veut relancer le dialogue interlibanais

par Gilles Paris

La France accueille, samedi 14 et dimanche 15 juillet, les principaux partis politiques libanais, en espérant contribuer à la reprise d'un dialogue rompu depuis sept mois.

L'exercice, organisé dans le château de La Celle-Saint-Cloud (Yvelines), est périlleux. Depuis la démission des ministres chiites du gouvernement libanais, le 11 novembre 2006, le fossé entre la majorité et l'opposition n'a cessé de se creuser. Un climat de haine s'est installé, au gré des provocations verbales et des attentats non revendiqués, au point d'éclipser le premier anniversaire de la guerre qui a opposé, du 12 juillet au 14 août 2006, Israël à la milice libanaise du Hezbollah.

Le ministre français des affaires étrangères, Bernard Kouchner, a pris l'initiative de rassembler les deux camps après une visite au Liban, en mai. La préparation de cette réunion a été confiée à un diplomate chevronné, Jean-Claude Cousseran, qui a multiplié les navettes pour s'assurer de la participation de chacun.

La France s'est gardée de toute originalité en se bornant à inviter les factions qui avaient pris part, à Beyrouth, avant la rupture de novembre 2006, à un dialogue national conduit sous l'égide du chef du Parlement libanais, Nabih Berri. Elles seront représentées "au meilleur niveau possible", selon les diplomates français. Au Quai d'Orsay, on assure, sur tous les tons, que cette initiative est "amicale", "modeste" et "dénuée d'arrière-pensées". "Il ne s'agit pas de présenter un plan de sortie de crise, clefs en main, ni même d'arrêter un agenda", insiste-t-on. Le thème retenu, la crise de l'Etat libanais et les moyens d'y remédier, est assez général pour ne froisser personne.

La diplomatie française est d'autant plus prudente que son soutien appuyé au gouvernement de Fouad Siniora n'en fait pas un médiateur impartial, même si le départ de l'Elysée de Jacques Chirac, qui s'était beaucoup impliqué après l'assassinat de Rafic Hariri, a sans doute contribué à améliorer son image auprès de l'opposition.

"SENTIMENT D'URGENCE"

La remarque du successeur de M. Chirac, Nicolas Sarkozy, qui a qualifié, lundi, le Hezbollah libanais de "terroriste" à l'occasion d'une rencontre avec les familles de soldats israéliens enlevés le 12 juillet 2006, a obligé l'Elysée à souligner ostensiblement, dès le lendemain, l'opposition de la France à l'inscription de ce mouvement, "acteur politique important au Liban", sur la liste européenne des organisations terroristes. Ce cafouillage a rappelé que la plus grande prudence verbale reste de mise pour qui souhaite jouer les intermédiaires dans la crise libanaise.

Les deux petits jours prévus à La Celle-Saint-Cloud ne permettront pas de parvenir à des résultats substantiels sur les questions politiques les plus cruciales : la composition d'un gouvernement d'union nationale jugé satisfaisant par les deux parties, la prochaine élection présidentielle, qui doit avoir lieu cet automne, ou bien la réforme de la loi électorale, qui doit également faire l'objet d'un consensus. Assisté par cinq médiateurs libanais, dont l'ancien ministre de la culture, Ghassan Salamé, M. Kouchner sera "disponible" si les participants souhaitent le voir intervenir.

Une place particulière a été accordée à l'Iran dans les préparatifs de la réunion qui ont coïncidé, en juin, avec la mort dans des attentats d'un député antisyrien et de six casques bleus. L'émissaire français s'est rendu à Téhéran à deux reprises. Il s'est également entretenu avec le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, engagé dans une médiation parallèle, et avec le ministre saoudien des affaires étrangères, Saoud Al-Fayçal. En revanche, la Syrie n'a pas été sollicitée.

La France, qui espère que la réunion interlibanaise débouchera au moins sur l'annonce d'une nouvelle réunion, veut croire à la bonne volonté des participants. "Il y a un sentiment d'urgence", assure-t-on au Quai d'Orsay, "et la crainte que la crise politique se double d'une crise institutionnelle" avec l'impossibilité pour le Parlement de désigner un successeur au président prosyrien Emile Lahoud ou l'éventualité d'un contre-gouvernement de l'opposition.

Sources Le Monde

Posté par Adriana Evangelizt

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Publié dans LIBAN

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