Villepin se défend en attaquant

Publié le par Adriana EVANGELIZT

Villepin se défend en attaquant


Par Frédéric WARINGUEZ

 

Avant son audition, ce jeudi, Dominique de Villepin a fait parvenir aux juges d'Huy et Pons une note de 23 pages dans laquelle il détaille son décryptage de l'affaire Clearstream. Il accuse Nicolas Sarkozy d'avoir "privatisé" l'affaire à son profit. Mais de son côté, le général Rondot confirme les déclarations de Jean-Louis Gergorin qui mettent en cause Villepin.

Dominique de Villepin a mis au point sa défense: ce sera l'attaque. Très présent ces derniers jours dans les médias sous le prétexte de la sortie de son ouvrage sur Napoléon (Le Soleil noir de la puissance), l'ancien locataire de Matignon en a profité pour se montrer très critique et tirer à vue sur Nicolas Sarkozy et ses zélateurs, réclamant de voir les résultats concrets de la politique menée. Jeudi, dans le bureau des juges Jean-Marie d'Huy et Henri Pons qui l'ont mis en examen pour "complicité de dénonciation calomnieuse, recel de vol, recel d'abus de confiance et complicité d'usage de faux", il n'y aura ni micro ni caméra mais Dominique de Villepin ne devrait pas manquer d'évoquer celui dont il se défend pourtant d'avoir été le rival.

A en croire Europe 1 qui s'est procuré la note de 23 pages que Dominique de Villepin a envoyé aux deux juges, Nicolas Sarkozy n'y est pas épargné. L'ancien Premier ministre qui estime avoir été injustement accusé d'avoir tenté de "mouiller" l'actuel chef de l'Etat, affirme que la justice se retrouve instrumentalisée. "Ce dossier peut être considéré comme privatisé au profit d'une seule partie civile", écrit-il, faisant allusion à Nicolas Sarkozy. "La sérénité et l'indépendance de la justice sont-elles possibles quand on sait que le président de la République est LA partie civile, qu'il a autorité sur la chancellerie et a la capacité à tout moment de donner des instructions dans un dossier qui le concerne personnellement? N'est-il pas de ce fait juge et partie et cela étonne-t-il quiconque dans cet Etat de droit?", s'émeut-il parlant d'une police "sous pression" et d'une justice "sous influence".

Une fois encore, Dominique de Villepin réfute l'accusation d'être à l'origine d'un complot et d'avoir fait placer le nom de Nicolas Sarkozy sur les listings. Tout simplement parce que, selon lui, les noms de personnalités sont apparus sur les listings en 2003 et qu'il n'a été saisi de cette affaire qu'en 2004.

Rondot maintient sa version

Villepin ne nie pas que Sarkozy a bien fait l'objet d'une machination mais il affirme que son nom a été introduit par quelqu'un d'autre. Et l'ancien bras droit de Jacques Chirac de développer sa thèse selon laquelle l'affaire Clearstream est avant tout une affaire industrielle. "Si (Nicolas Sarkozy) a été cible, ce n'est pas une cible politique mais industrielle, du fait de son influence personnelle sur le groupe Lagardère", affirme-t-il. Ainsi pour Villepin, Nicolas Sarkozy a "orchestré" la prise de pouvoir de Noël Forgeard chez EADS dans le but "de contrôler les commissions générées par les ventes d'armes". Une affirmation qui s'appuie sur une lettre de Jean-Louis Gergorin, ancien numéro 2 d'EADS, qui expliquerait cette opération.

Les juges d'Huy et Pons écouteront sans aucun doute cette version des faits mais ils auront néanmoins de nombreuses questions à poser à l'ancien Premier ministre. D'autant que ses affirmations sont mises à mal par les déclarations de Jean-Louis Gergorin confirmées par le général Rondot lors de la dernière audition de ce dernier, le 6 septembre, relatée dans Le Monde. Rondot explique avoir été chargé le 9 janvier 2004 d'une enquête officieuse sur ces listings avec pour consigne de ne pas faire part des avancées de ses investigations à sa hiérarchie.

Pourtant, informé en mars 2004 de l'apparition du nom de Sarkozy sur les listings, Villepin ne prend pas contact avec Rondot qui flaire la falsification. Une absence de contact que "ne s'explique pas" le militaire, rapporte Le Monde. Le général Rondot qui apprend en mai de la bouche de Gergorin que Villepin a demandé à celui-ci de faire parvenir les faux listings au juge Renaud van Ruymbeke tandis que, dans le même temps, Imad Lahoud lui confie que Gergorin a affirmé avoir reçu instruction de Dominique de Villepin relayant le président de la République (Jacques Chirac) de "balancer Nicolas Sarkozy". Un faisceau d'éléments qui forge visiblement la conviction du général sur les arrière-pensées de Villepin, alors ministre des Affaires étrangères, à l'égard de celui qui a été élu président de la République le 6 mai dernier.

"La justice est-elle encore possible dans ce dossier?", s'interroge Dominique de Villepin dans sa note. Face aux scénarios contradictoires qui leur sont présentés, les juges Jean-Marie d'Huy et Henri Pons, c'est une certitude, auront fort à faire pour démêler le vrai du faux...

Sources Le JDD

Posté par Adriana Evangelizt

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Publié dans Villepin Sarkhozy

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