Sarkozy assure que l'Europe "repart", mais critique la BCE et égratigne Juncker

Publié le par Adriana EVANGELIZT

Sarkozy assure que l'Europe "repart",

mais critique la BCE et égratigne Juncker

Le président Nicolas Sarkozy a affirmé, dans des propos rapportés par Le Monde daté de dimanche-lundi, que l'Europe "repart", tout en égratignant Jean-Claude Juncker, président de l'Eurogroupe, et en critiquant sévèrement la politique de la BCE dans la crise financière.

"L'Europe, cela repart", s'est réjoui M. Sarkozy, selon Le Monde qui rend compte d'une conversation dans l'avion le ramenant de Hongrie vendredi, après une visite éclair dans le pays de ses aïeux.

Alors qu'un agacement allemand envers l'hyperactivité du chef de l'Etat français a été mis en avant dans la presse, M. Sarkozy assure que ses relations avec la chancelière Angela Merkel "n'ont jamais été aussi bonnes". "La difficulté, c'est qu'elle doit composer avec ses länder et sa coalition. Moi je peux aller plus vite", commente-t-il.

Sur les critiques de l'Eurogroupe, qui a déploré vendredi à Porto le "manque d'ambition" de Paris pour la réduction des déficits publics, M. Sarkozy répond : "Le 18 septembre, j'annoncerai un certain nombre de réformes qui seront applaudies des deux mains par les Européens. Je serai au rendez-vous".

C'est ce jour-là que M. Sarkozy doit dévoiler son plan pour, notamment, les régimes spéciaux de retraite.

"Quelle initiative a-t-il prise ?", lance le chef de l'Etat à l'adresse de Jean-Claude Juncker, président de l'Eurogroupe, qui regroupe les ministres des Finances des treize pays de la zone euro.

"Sur le capitalisme financier, c'est Angela Merkel et moi qui menons le débat. Il n'est pas absurde que le président de l'Eurogroupe s'interroge", poursuit M. Sarkozy.

En réaction à ces déclarations, le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires Joaquin Almunia a pris la défense de M. Juncker (également ministre des Finances et Premier ministre luxembourgeois).

M. Almunia a souligné, dans une déclaration depuis Porto (Portugal) où sont réunis les ministres des Finances de la zone euro, que M. Juncker bénéficiait de "la reconnaissance" de ses pairs pour son travail à la tête de l'Eurogroupe.

En outre, M. Sarkozy qui a souvent critiqué le niveau à ses yeux trop fort de l'euro et appelé la BCE et son président Jean-Claude Trichet à "un vrai dialogue", assure dans les propos cités dans Le Monde, vouloir continuer "à donner des coups de boutoir" contre l'approche européenne des dossiers financiers.

M. Sarkozy s'en prend à l'action de la BCE dans la crise financière de l'été. Certes, il approuve son intervention pour ramener le calme sur les marchés financiers après les tensions consécutives à la crise des crédits immobiliers à risque ("subprime") aux Etats-Unis.

"Mais j'ai trouvé curieux d'injecter des liquidités sans baisser les taux", observe-t-il, alors que la BCE a maintenu inchangé son principal taux directeur et que les taux longs européens sont remontés suite aux injections de liquidités par les banques centrales, qui ont rassuré les investisseurs.

"On a fait des facilités pour les spéculateurs, on complique la tâche pour les entrepreneurs", estime M. Sarkozy.

La BCE "protège les citoyens européens" en maintenant la stabilité des prix, a rétorqué M. Trichet, et elle "protège" les acteurs du marché "qui se comportent correctement".

A ces critiques, M. Trichet, présent également à Porto, a immédiatement répliqué, en affirmant que la BCE "protège les citoyens européens" et ne favorise pas les spéculateurs.

Selon M. Trichet, la BCE "protège les citoyens européens" en maintenant la stabilité des prix. Et elle "protège" les acteurs du marché "qui se comportent correctement", sans "favoriser d'aucune façon" les spéculateurs.

Interrogé sur ces réactions samedi après-midi, l'Elysée n'a pas voulu les commenter.

Sources AFP

Posté par Adriana Evangelizt

Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article