Sarkozy au Sénat: Protestation du président du groupe socialiste

Publié le par Adriana EVANGELIZT

Sarkozy au Sénat: Protestation du président du groupe socialiste

Le président du groupe socialiste au Sénat Jean-Pierre Bel a protesté mardi contre la venue au Sénat de Nicolas Sarkozy, rappelant dans un communiqué que "constitutionnellement le président de la République ne peut venir s'exprimer devant le Parlement".

Selon M. Bel, c'est "pour contourner l'interdit juridique et pour semer le trouble dans l'esprit de l'opinion" que la salle dans laquelle le chef de l'Etat est venu exposer sa politique sociale devant la presse spécialisée "n'est pas l'hémicycle du Sénat mais une salle du sous-sol".

"Le groupe socialiste du Sénat dénonce la manière dont le président Sarkozy joue avec l'un des principaux interdits de notre Constitution qui exprime le principe républicain de séparation des pouvoirs", écrit le sénateur de l'Ariège.

"Les Français ne sont pas dupes, nous savons que l'une des mesures essentielles que Sarkozy souhaite instaurer dans la réforme des institutions est justement de faire en sorte que le Président puisse s'exprimer devant le Parlement", ajoute-t-il.

Arrivé à 14h30 par le portail principal du palais du Luxembourg, le chef de l'Etat a été accueilli sur le perron central par le président du Sénat Christian Poncelet qui l'a accompagné jusqu'à la salle Clemenceau, réservée par l'Association des journalistes de l'information sociale (AJIS) pour y célébrer son 40e anniversaire.

Seuls Valéry Giscard d'Estaing et François Mitterrand avaient, avant M. Sarkozy, franchi l'enceinte du palais du Luxembourg en tant que présidents en exercice. S'il est arrivé à Jacques Chirac de répondre, en 1995, 2000 et 2001, à une invitation du président du Sénat, ses visites s'étaient toujours déroulées dans les salons de Boffrand du Petit Luxembourg, résidence officielle du deuxième personnage de l'Etat.

Aux termes de l'article 18 de la Constitution, "le président de la République communique avec les deux assemblées du Parlement par des messages qu'il fait lire". Cette disposition est habituellement interprétée comme s'opposant à ce que le président de la République vienne personnellement s'exprimer devant une assemblée parlementaire.

La première dérogation à la tradition interdisant l'accès du Sénat au président de la République remonte au 27 mai 1975, quand le président Giscard d'Estaing y avait été accueilli, dans l'hémicycle, pour le "centenaire du Sénat de la République". La salle des séances avait cependant été "déparlementarisée" pour l'occasion, la tribune étant démontée.

En 1991 puis en 1993, le président Mitterrand avait à son tour assisté à une réception au Sénat. Il n'avait toutefois pas dépassé les limites de la Salle des Conférences, qui jouxte l'hémicycle.

Sources Le Monde

Posté par Adriana Evangelizt

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