Nicolas Sarkozy s'explique et distribue bons et mauvais points

Publié le par Adriana EVANGELIZT

Nicolas Sarkozy s'explique et distribue bons et mauvais points


ARIS (Reuters) - Nicolas Sarkozy a défendu jeudi soir à la télévision les réformes sociales à marche forcée qu'il a annoncées mardi et mercredi et distribué de nouveau bons et mauvais points tous azimuts.

"On ne m'a pas élu pour commenter les problèmes de la France. On m'a élu pour trouver des solutions à des problèmes qui sont pendants depuis des années", a déclaré le président de la République en préambule d'une longue interview recueillie au Palais de l'Elysée par TF1 et France 2.

Il a notamment réaffirmé qu'il fallait en passer par l'alignement des régimes spéciaux de retraites sur le régime général de la fonction publique d'ici la fin de l'année pour assurer le financement du système des retraites en France.

"Je ne transigerai pas sur l'affaire des 37,5 années de cotisation qui doivent passer à 40", a déclaré le chef de l'Etat, qui a cependant pris soin de cajoler les 1,5 millions de personnes concernées et les syndicats.

Aux premiers, il a assuré qu'ils conserveraient leur statut particulier, que la pénibilité de leur travail serait prise en compte, qu'il n'entendait pas les "stigmatiser", ne les jugeait pas "privilégiés" et faisait "confiance à leur honnêteté".

"Le gouvernement est prêt à discuter assez largement du temps qu'il faut pour arriver aux 40 années", a-t-il ajouté.

Aux seconds, qui jugent intenable le calendrier fixé par le chef de l'Etat, il s'est dit prêt à aller au-delà des deux semaines données au ministre du Travail Xavier Bertrand pour consulter les partenaires sociaux : "S'il s'agit de mettre quelques semaines de plus, bien sûr qu'on les mettra."

L'appel à la grève lancé par les syndicats de cheminots pour le 18 octobre ? "S'il y a des problèmes, eh bien on les affrontera", a dit Nicolas Sarkozy, qui a assuré que les nouvelles règles en matière de service minimum s'appliqueraient.

Il a également défendu ses projets d'assouplissement des 35 heures, de refonte de la fonction publique, de franchises pour les soins médicaux, de lutte systématique contre la fraude sociale et fiscale, etc. En matière de pouvoir d'achat, il a réaffirmé que les allègements de charges pour les entreprises seraient subordonnés à l'ouverture de négociations salariales et au relèvement des minima salariaux inférieurs au smic.

Face à la révision à la baisse des prévisions de croissance des économistes pour 2007 et 2008, Nicolas Sarkozy, qui disait encore récemment vouloir porter la croissance du PIB français à 3%, a en revanche tempéré quelque peu son volontarisme.

L'année "2007, j'y suis quand même pour rien, 2008 on va essayer de la doper et 2009 ça sera la mienne", a-t-il dit. "Il faut que nous ayons une croissance entre 2,5% et 3% pour arriver au plein emploi (...) Je veux aller chercher cette croissance."

Nicolas Sarkozy s'est efforcé de dissiper les rumeurs de tension avec son Premier ministre, qui s'est dit "un peu agacé" que le chef de l'Etat l'ait ramené au rang de "collaborateur".

SATISFECITS ET MAUVAIS POINTS

François Fillon fait son travail "de façon parfaitement remarquable", dit Nicolas Sarkozy, qui a dit travailler "main dans la main" avec le Premier ministre. "Si agacement il y avait eu, je l'aurais constaté certainement", a-t-il ajouté.

Le ministre de la Défense Hervé Morin, qui a fait état dans des interviews d'un possible remaniement ministériel en janvier, a eu moins de chance : "Le remaniement ministériel n'est pas quelque chose qu'on annonce plusieurs mois à l'avance et ceux qui en ont parlé en on parlé imprudemment."

Le chef de l'Etat a reproché au ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner d'avoir estimé dans une interview, à propos du différend sur le programme nucléaire iranien que les pays occidentaux devaient se préparer "à la guerre".

"Moi, je n'aurais pas employé le mot guerre", a dit Nicolas Sarkozy, qui a cependant affirmé que "ce qu'a fait Bernard Kouchner au Darfour et au Liban" était "remarquable".

Les ministre de l'Education et de l'Enseignement supérieur, Xavier Darcos et Valérie Pécresse, le secrétaire d'Etat aux "Solidarités actives" Martin Hirsch, Jean-Louis Borloo (Ecologie), Rachida Dati (Justice) et Fadela Amara ont eu droit à des satisfécits.

Nicolas Sarkozy a en revanche pris le contrepied de sa ministre de l'Economie Christine Lagarde, qui avait parlé de "rigueur" à propos de la réduction du nombre de fonctionnaires, en affirmant qu'il ne croyait pas à une "politique d'austérité" mais à une politique "fondée sur l'effort".

C'est cependant une nouvelle fois le président de la Banque centrale européenne (BCE) Jean-Claude Trichet qui a fait le plus les frais des piques du président de la République.

"Quand la Banque centrale américaine baisse ses taux, tout repart. Quand nous, nous ne baissons pas les nôtres, on s'enfonce. Il y a quand même un petit problème", a-t-il déclaré. "Je dis à M. Trichet (...) 'regardez ce que font les autres, l'enfer ce n'est pas toujours les autres'."

En revanche, il a rendu hommage à son ancienne adversaire socialiste Ségolène Royal - "une femme courageuse et très estimable" - et jugé que les attaques dont elle est la cible dans son propre camp "sont un peu déplacées".


Sources
Le Monde

Posté par Adriana Evangelizt

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