Nicolas Sarkozy maintient sa plainte dans l'affaire Clearstream
Nicolas Sarkozy maintient sa plainte dans l'affaire Clearstream
PARIS (Reuters) - Le président Nicolas Sarkozy a expliqué jeudi qu'il n'entendait pas retirer sa plainte dans l'affaire Clearstream, où il s'oppose à l'ancien Premier ministre Dominique de Villepin, mis en examen.
Ce dernier estime que la constitution de partie civile du chef de l'Etat est juridiquement irrégulière car il est statutairement garant de l'indépendance de la magistrature et a indirectement autorité sur la police et le parquet.
Il serait donc en position de conflit d'intérêt, dit Dominique de Villepin.
"Ce n'est pas une plainte en tant que président de la République, c'est une plainte (déposée NDLR) bien avant que je sois président de la République", a fait valoir Nicolas Sarkozy lors d'un entretien sur TFI et France 2.
"Je veux savoir comment mon nom s'est trouvé sur le fichier d'une banque dont j'ignorais tout", a-t-il dit.
"Ca s'appelle la justice. Le président de la République, il est pas au-dessus des lois, il est pas en dessous non plus", a-t-il ajouté. Nicolas Sarkozy a déposé plainte début 2006.
Le chef de l' Etat n'a pas souhaité commenter davantage les déclarations de l'ancien Premier ministre : "je ne sais pas ce que dit M. Villepin, il s'explique devant la justice".
Dominique de Villepin est mis en examen depuis juillet pour, notamment, "complicité de dénonciation calomnieuse". Il est soupçonné d'avoir fomenté la remise à un magistrat, Renaud Van Ruymbeke, en 2004, de faux listings de comptes bancaires occultes où figurait le nom de Nicolas Sarkozy.
"Mon nom a été sali, on m'a fait un faux compte avec des faux virements dans une banque dont j'ignorais tout. J'ai eu une commission rogatoire internationale sur le dos pendant 15 mois", a dit Nicolas Sarkozy.
Le juge Renaud Van Ruymbeke a en effet mené une enquête en Italie pour vérifier les accusations portées contre Nicolas Sarkozy, avant d'obtenir la réponse de la justice italienne fin 2005 qu'il s'agissait d'un montage.
Nicolas Sarkozy estime avoir été mis en position de suspect.
"Il a fallu que je démontre à la justice de mon pays que je n'avais pas de compte. Je demande à chaque Français de penser à ça. Un beau jour, un juge vient vous dire 'monsieur vous avez un compte dans une banque et vous devez prouvez que vous n'en avez pas'. Vous trouvez que c'est commode ?", a-t-il dit.
En fait, le juge Van Ruymbeke a procédé aux vérifications sans interroger Nicolas Sarkozy ni le solliciter et le magistrat estime que c'est lui qui a démontré le caractère des listings.
Ce magistrat est mis en cause aujourd'hui pour ses procédures. Il comparaitra devant la formation disciplinaire du Conseil supérieur de la magistrature le 25 octobre.
Sources Le Monde
Posté par Adriana Evangelizt