Villepin, «guêpe furieuse prise dans une bouteille de pastis»
Villepin, «guêpe furieuse prise dans une bouteille de pastis»
Interrogé sur les propos de Dominique de Villepin, qui l'accuse d'être à la fois juge - en tant que premier magistrat de France - et partie civile dans l'affaire Clearstream, Nicolas Sarkozy se borne à dire qu'il n'est «ni au-dessus ni au-dessous des lois» avant de conclure : «Qu'il s'explique avec Injustice.» Ce qui lui vaudra une lettre au vitriol de l'intéressé. Lettre qui a mis en joie le chef de l'Etat. En réalité, celui-ci s'amuse de l'agitation de l'ancien Premier ministre, qui court les médias pour dire tout le mal qu'il pense de lui. «On dirait une guêpe furieuse prise dans une bouteille de pastis», commente-t-il en privé.
Pour Sarkozy, les attaques de Villepin n'ont pas de réel caractère politique, celui-ci n'étant pas en situation de se propulser leader de l'opposition; pas plus que porte-parole occulte de Jacques Chirac. Sarkozy est convaincu que ces attaques font partie de la stratégie de défense personnelle de Villepin : celui-ci n'aurait plus d'autre solution que de chercher à l'impliquer pour brouiller les cartes, en tentant de politiser un dossier «accablant» pour lui. Tel le chat jouant avec une souris, le président se plaît à voir la situation actuelle se prolonger, à mesure que seront distillées dans la presse certaines pièces du dossier d'instruction, dont beaucoup n'ont pas encore été rendues publiques.
par Airy Routier et Patrick Fauconnier
Sources Challenges
Posté par Adriana Evangelizt