Salaires des fonctionnaires : la grogne syndicale monte d'un cran
Salaires des fonctionnaires : la grogne syndicale monte d'un cran
Le ministre du Budget et de la Fonction publique Eric Woerth a présenté vendredi aux syndicats de fonctionnaires des mesures salariales "concrètes et ciblées" qualifiées de "saupoudrage" par les syndicats qui ont quitté la réunion "très en colère".
"Ces mesures extrêmement justes et ciblées concernent plus d'un million d'agents" sur les 5,2 millions de fonctionnaires, a déclaré M. Woerth lors d'un point presse à l'issue de la rencontre.
La première vise à étendre à 75.000 agents des trois fonctions publiques (Etat, collectivités territoriales et hôpitaux) l'indemnité de sommet de grade pour les fonctionnaires n'ayant plus de possibilité d'évolution. Concrètement, ces agents percevront une prime en décembre allant de 400 à 700 euros.
La seconde mesure prévoit de payer quatre jours de RTT, sur la base du volontariat, aux 140.000 agents de l'Etat et 35.000 agents des collectivités possesseurs d'un compte-épargne temps (CET), sur lequel ils accumulent des jours de RTT non utilisés.
Elle représente entre 260 et 500 euros supplémentaires sur leur fiche de paye en décembre
Une troisième mesure étend à 200.000 agents de catégorie B la possibilité d'effectuer des heures supplémentaires exonérées de charges sociales et fiscales. L'appartenance d'un agent à une catégorie détermine sa rémunération, la plus basse étant la catégorie C, la plus élevée la catégorie A.
Enfin, une autre mesure vise à rémunérer les heures supplémentaires épargnées par 600.000 agents hospitaliers à hauteur de 30%.
Au total, ces dispositions représentent 100 millions d'euros pour la fonction publique d'Etat, 130 millions pour la fonction publique hospitalière et une somme "variable" en fonction des collectivités pour la fonction publique territoriale, a précisé M. Woerth,
Elles s'ajoutent aux 2,9 milliards d'euros supplémentaires dépensés pour la fonction publique en 2007 par rapport à 2006, a-t-il ajouté.
Les organisations syndicales, qui réclament des augmentations collectives, ont quitté la réunion avec le ministre "très en colère", dénonçant "une absence totale de dialogue social" et des mesures "dérisoires" touchant "une minorité d'agents", a déclaré à l'AFP Gérard Aschieri (FSU).
"Le ministre a annoncé comme un scoop qu'il allait payer le travail réalisé", a déploré Eric Fritsch (CFDT), qui a le premier claqué la porte.
Pour Jean-Marc Canon (CGT), "les mesures proposées sont absolument inacceptables" et "aux antipodes de ce que réclament les organisations syndicales".
"Le ministre veut faire passer pour des mesures salariales ce qui est un dû!", s'est indigné pour sa part Jean-Michel Nathanson (Solidaires). "On nous a présenté des mesurettes qui sont encore pires que ce qu'on croyait", a-t-il dénoncé, ajoutant que le gouvernement "portait la responsabilité du conflit social à venir".
La CFTC a pour sa part dénoncé "une vraie fausse rencontre", tandis que l'Unsa a déploré "des mesures profondément injustes", qui s'inscrivent dans une "politique du coup par coup et de saupoudrage".
Pour le président du Conseil supérieur de la fonction publique territoriale, Bernard Derosier (PS), les annonces de M. Woerth constituent "un simulacre des mesures qu'il serait nécessaire d'adopter".
Les syndicats ont tous confirmé leur appel à la grève pour le 20 novembre pour les salaires et l'emploi. Très remontés contre les 22.900 suppressions de postes annoncées pour 2008, ils ont réclamé à plusieurs reprises et en vain l'ouverture de négociations salariales.
Sources Edicom
Posté par Adriana Evangelizt