17 500 milliards de pétrodollars... Mais où donc s'en va tout l'argent?
17 500 milliards de pétrodollars...
Mais où donc s'en va tout l'argent?
La fortune accumulée par les pays du Golfe grâce au pétrole est aujourd'hui si incommensurable qu'ils ne savent même plus où placer.
Faut-il d'emblée aligner les chiffres? Faisons-le. Même si, forcément, l'ampleur des zéros qui s'additionnent n'a en vérité, rien à voir avec ce que le cerveau humain peut concevoir. Première donnée: 17 500 milliards de dollars, à peu près dix fois le budget annuel de la Confédération, voilà la fortune globale des potentats des pays du Golfe. A peu près? Oui, car, selon le Financial Times et le Fonds monétaire international (FMI), «il est impossible à ce jour d'évaluer correctement les montants dont disposent les Etats producteurs de pétrole».
Seconde donnée: suite à la hausse verticale du prix du baril de Brent, (+30% en cette seule année 2007), les pays du Golfe réalisent une plus-value automatique de quelque 450 milliards de dollars sur un chiffre d'affaires annuel d'environ 1000 milliards à 1500 milliards de dollars. En clair, l'Arabie saoudite, Bahreïn, le Koweït, Oman, le Qatar et les Emirats Arabes encaissent mille et neuf zéros derrière de billets verts en un an, sans qu'ils n'aient à lever le petit doigt, l'extraction, l'exportation et le raffinage étant contrôlés par les grands groupes pétroliers occidentaux (ExxonMobil, British Petroleum, Shell ou Total en tête).
Troisième donnée: à l'heure actuelle, 60% de cette somme acquise est réinvestie dans les pays producteurs, alors que 40% retournent dans les circuits financiers ou industriels occidentaux. Comme l'explique Moshin Khan, directeur régional du FMI pour le Moyen-Orient, «nous estimons qu'en 2007, 200 milliards de dollars en provenance des pays du Golfe vont être investis dans des instruments financiers occidentaux. Le reste, a contrario, va contribuer à financer les projets immobiliers, touristiques ou industriels du Qatar, de l'Arabie saoudite ou de Dubaï, qui drainent aujourd'hui la majeure partie des fonds issus du pétrole.»
Il s'avère en effet que, selon le FMI, l'ensemble des projets de développements des Etats du Golfe infrastructures aéroportuaires, routes, écoles, développement urbain s'élève à 1000 milliards de dollars. Dubaï, par exemple, ambitionne de devenir l'une des toutes premières capitales touristiques du monde. En effet: alors que depuis des décennies, l'Arabie saoudite a pris pour habitude de placer ses «surplus» financiers issus de l'or noir dans les circuits financiers occidentaux bourse, hôtellerie, industrie, luxe, etc. les «nouveaux» Etats pétroliers ont choisi de miser sur leur propre développement.
Le pari de Dubaï repose sur l'idée simple qu'il faudra prochainement remplacer la manne «divine» de l'or noir par d'autres sources de recettes. Pour le reste, à savoir les 40% des 1500 milliards de dollars engrangés cette année, le casse-tête devient de plus en plus abyssal: «Pour ne prendre que lui, le gouvernement saoudien doit placer 100 milliards de dollars, affirme ainsi Moshin Khan. Or, seul le marché américain est capable d'absorber une telle somme.»
Dès lors, les cheiks du pétrole se font des cadeaux mirifiques, à l'instar de Alwaleed Bin Talal Bin Abdulaziz Al-Saud, déjà propriétaire d'un Boeing 747. Le prince saoudien vient en effet de s'offrir le premier A380 privé, pour 470 millions de dollars. Au cas ou vous vous soucieriez de ses finances, l'homme affiche un revenu de 1,7 million de dollars par mois.
Sources 24 heures
Posté par Adriana Evangelizt