Interdiction de fumer : plusieurs milliers de buralistes manifestent à Paris

Publié le par Adriana EVANGELIZT

Interdiction de fumer :

plusieurs milliers de buralistes manifestent à Paris

"Buralistes en colère", "Oui au commerce de proximité" : des milliers de débitants de tabac ont manifesté mercredi à Paris pour demander une adaptation de la loi sur l'interdiction de fumer dans les lieux publics, qui doit entrer en vigueur dans les restaurants et les bars le 1er janvier.

Les manifestants --20.000 selon les organisateurs, 6.700 selon la police-- ont marché dans une ambiance festive de la gare Montparnasse à l'Assemblée nationale, avec force pétards, sifflets et autres instruments de musique. Ils se sont dispersés vers 17H30.

René Le Pape, président de la fédération des débitants de tabac, se dit "ravi" de la mobilisation "malgré les problèmes de transports" liés à la grève des cheminots qui ont "bloqué" des buralistes en province.

"On est aux environs de 20.000", assure-t-il, après avoir évoqué dans un premier temps 10.000 personnes.

Faute de pouvoir prendre le train après des actes de malveillance sur les voies, des buralistes du Sud-Ouest ont manifesté à Bordeaux et à Angoulême.

"Cela montre qu'il y a un problème qu'il va falloir que le gouvernement entende", ajoute M. Le Pape, rappelant que lors de la campagne présidentielle Nicolas Sarkozy avait prôné la "concertation avec les professionnels".

Les buralistes sont soutenus par une partie de la majorité. Un tiers des élus UMP ont cosigné des propositions de loi visant à assouplir l'interdiction. Certains se sont même joints mercredi au cortège parisien.

D'après M. Le Pape, qui a défilé derrière une banderole tricolore barrée du slogan "Liberté, Convivialité, Proximité", le décret est "inapplicable pour la plupart" des établissements et il faut "ouvrir des discussions".

"Si on interdit de fumer dans les bistrots, ils fermeront leurs portes l'un après l'autre", ajoute-t-il. Selon lui, la généralisation de l'interdiction de fumer entraînera "une perte de chiffre d'affaires de 30%, et ça on ne peut pas l'accepter".

"Qu'on nous laisse travailler", lance Françoise Fine, installée à Serre-Chevalier (Hautes-Alpes) à la frontière italienne. "On craint de tout perdre: notre chiffre d'affaires, notre vie, notre famille, tout", dit-elle.

La ministre de la Santé Roselyne Bachelot a pourtant a indiqué mercredi avoir "travaillé à des aménagements", pour permettre notamment que l'on puisse fumer sur les terrasses ouvertes sur le côté.

Une proposition que la profession balaie d'un revers de main: "Elle me fait sourire (...), il me paraît évident que sur une terrasse ouverte sur le côté, on puisse fumer", lance René Le Pape, qui avait pourtant demandé cet aménagement.

"Vous en connaissez beaucoup, vous, des bars-tabacs qui ont une terrasse ?", ironise Jean-Eudes Massart, qui tient un établissement à Dijon.

M. Le Pape insiste sur une autre revendication: créer des pièces avec extracteurs d'air, moins strictes que les fumoirs prévus dans le décret.

Fumeur, non-fumeur, il faut "laisser le choix" à l'établissement, juge Nasradine Zidane, qui tient un café-chicha (narguilé) en Seine-Saint-Denis et craint "des conséquences pour l'emploi".

La Confédération générale des petites et moyennes entreprises (CGPME) a réclamé que la loi soit appliquée de façon "souple" pour ne pas mettre en péril les commerces de proximité. Estimant que l'interdiction provoquerait la "fermeture" des discothèques et des bars de nuit, l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie (Umih) a appelé de ses voeux "des mesures d'accompagnement".

Sources Edicom

Posté par Adriana Evangelizt

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Publié dans Résistance

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