VILLEPIN SE POSE EN HERITIER

Publié le par Adriana EVANGELIZT

Villepin se pose en héritier du président

Omniprésent. Dominique de Villepin a, contre toute attente et bien malgré lui, volé la vedette à Nicolas Sarkozy. Ce devait être le week-end du président de l'UMP. Ce fut, finalement, celui du premier ministre. Avec l'hospitalisation de Jacques Chirac, le chef du gouvernement a occupé les écrans de télévision samedi et dimanche, laissant au bout du compte peu de place à son numéro deux, qui comptait sur l'université d'été de son parti pour faire une spectaculaire rentrée politique.


Hier soir, après un week-end déjà bien rempli, le premier ministre a profité du Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI pour donner des nouvelles de l'état de santé de Jacques Chirac (lire page 6). En réalité, il avait programmé de longue date cette émission politique pour reprendre la parole quelques heures à peine après le discours prononcé par Nicolas Sarkozy à La Baule. Histoire de marquer le terrain et de ne pas laisser le champ libre au président de l'UMP, déjà en campagne pour la présidentielle de 2007. Jacques Chirac peut-il encore envisager un troisième mandat ? «Ces spéculations politiques sont hors de proportion», a-t-il asséné.


Défendant son action, il a emprunté un mot cher à Nicolas Sarkozy : celui de «rupture». «La plus grande rupture, elle est en train d'avoir lieu, c'est la rupture contre le chômage», a martelé le premier ministre. «Alors que personne n'aurait parié un centime d'euro, nous sommes passés au-dessous de la barre des 10% de chômage grâce aux efforts successifs des gouvernements de Jacques Chirac», s'est-il réjoui.


Interrogé sur la mise en place du contrat nouvelles embauches (CNE), fortement critiqué à gauche, il a indiqué «qu'entre 30 000 et 40 000 CNE ont été souscrits». Mais, il a opposé une fin de non-recevoir à la proposition du président de l'UMP de créer un «contrat unique» pour l'ensemble des entreprises. «L'idée de transférer le CNE aux grandes entreprises n'est pas à l'ordre du jour.»


Une autre question sensible n'est pas du tout à l'ordre du jour : c'est la réforme de l'impôt sur la fortune (ISF). «L'ISF est un impôt juste», a-t-il encore répété, quitte à fâcher sa majorité. Avant de poser ce message : «Ne sautons pas à pieds joints sur les vingt prochains mois. (...) Ne faisons pas des prochaines échéances un exutoire de promesses, qui, par définition, ne seront pas tenues.» Questionné sur la Turquie, il s'est déclaré «favorable à ce que le processus d'adhésion à l'Europe puisse s'enclencher».


Fidélité et rupture, Dominique de Villepin en a aussi beaucoup parlé, la veille, à La Baule. Il a d'ailleurs surpris tout le monde en prononçant un long et vibrant hommage à Jacques Chirac qui a pu paraître disproportionné après les nouvelles plutôt rassurantes sur l'état de santé du chef de l'Etat. Devant les jeunes militants qui ont scandé «Chirac, Chirac !», le premier ministre s'est carrément posé en héritier, voire en dauphin : «A 27 ans, j'ai fait une rencontre, Jacques Chirac, et je lui ai voué ma fidélité.» Puis il a insisté sur les qualités du chef de l'Etat, louant son «humanité» et son «courage».


Sur un ton offensif, bien loin de la fébrilité affichée au mois de juin lors de la convention UMP, au lendemain de sa nomination, le premier ministre s'est montré plus à son aise. Malin, Villepin a aussi rassuré sur sa relation avec Sarkozy : «Nous sommes com-plé-men-taires.» Et, désormais, ouvertement rivaux dans la compétition présidentielle.

Sources : LE FIGARO

Posté par Adriana Evangelizt

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