LE DUEL DDV-SARKOZY

Publié le par Adriana EVANGELIZT

La photo ci-dessous montre bien la différence des personnages. Sarkozy nargue, donne l'impression de se moquer du monde, fait mine de s'intéresser au noeud de sa cravate et toujours ce sourire crispé mi figue mi raisin qui ne présage rien de bon. Pour nous, il manque de franchise, nous le pensons même sournois, son orgueil sans limites éclate au grand jour à chaque instant et il n'arrive même plus à contrôler  le ressentiment, la jalousie qu'il éprouve vis-à-vis de DDV. Le pire étant que lui et son équipe trouvent le moyen de faire les étonnés face aux dernières attaques voilées du Premier Ministre comme si ce n'était pas eux qui avait commencé à allumer la mèche. Il faut le faire. Une mentalité au ras des pâquerettes.

A voir les portfolios du Monde :

Dominique de Villepin, l'ambition d'un diplomate lyrique

Nicolas Sarkozy, itinéraire d'un ambitieux

 

Villepin-Sarkozy : une guerre qui ne dit pas son nom

 

Tous les mercredi, à 10 heures moins trois, Nicolas Sarkozy et ses deux ministres délégués, Brice Hortefeux et Christian Estrosi, se rendent ensemble à l'Elysée, après s'être donnés rendez-vous dans la cour de l'Hôtel Beauvau. Moins de deux minutes plus tard, ils s'asseyent sans un mot à la table du conseil. "On dirait la patrouille de France" , raille un ministre.

Ensemble compact face à ce qu'ils croient être l'hostilité du gouvernement, de Matignon et de l'Elysée, les hommes de M. Sarkozy feignent aujourd'hui de s'étonner de la violence d'une guerre, qu'ils ont pourtant contribué à déclencher. "Nous sommes dans une phase défensive , reconnaît un proche du ministre de l'intérieur. On est attaqués tous les jours. On ne s'attendait pas à un tel comportement." Ce dernier ajoute encore : "On a peut-être été trop crédules."

Trop crédules ? Difficile à croire de la part de conseillers et de ministres qui ont participé en première ligne au combat autrement plus fratricide entre Jacques Chirac et Edouard Balladur. Mais voilà, depuis la rentrée, alors que Dominique de Villepin est entré dans la course à la présidentielle, Matignon s'est mis à répondre aux attaques des sarkozystes. Ils ne se voyaient qu'un ennemi, Chirac ; ils se découvrent un vrai challenger, Villepin, décidé à ne pas faire de cadeaux.

Vendredi 23 septembre, Christian Estrosi, ministre de l'aménagement du territoire, embarque à bord du Falcon qui emmène le premier ministre à Oyonnax (Ain). M. Estrosi, raconte un de ses conseillers, souhaite "vendre" au chef du gouvernement son idée de "pôles de ruralité" . Tout se passe bien. "Génial !" , aurait même assuré M. de Villepin à son interlocuteur.

Six jours plus tard, le 29 septembre, le premier ministre tient sa quatrième conférence de presse et annonce, pour 2006, la création de "pôles d'excellence rurale" , indiquant que ce projet lui a été soumis par le député (UMP) des Ardennes, Jean-Luc Warsmann... Pas un mot pour M. Estrosi, qui n'est toujours pas revenu de cette mauvaise manière. Dans la guerre psychologique que se livrent désormais MM. de Villepin et Sarkozy, ces petites vexations sont nombreuses.

Bien sûr, à Matignon comme Place Beauvau, on jurera la main sur le coeur que tout va bien entre "Nicolas et Dominique" et que seuls les entourages sont devenus un peu plus nerveux au fur et à mesure de la parution des sondages ­ qui placent désormais les deux hommes au coude-à-coude. Nicolas Sarkozy balaye les chiffres et pointe ce qui constitue à ses yeux la vraie faiblesse de son rival : "Villepin est une construction des journalistes. Etablir une vraie relation avec les Français, comme l'on fait Mitterrand et Chirac, cela prend trente ans."

A Matignon, on pense avoir ciblé le talon d'Achille du numéro deux du gouvernement : son orgueil. Pour l'atteindre, il faudrait tour à tour l'agacer comme lorsque le premier ministre conteste l'idée de "rupture" chère au président de l'UMP, qui "se termine toujours dans le sang" , et l'ignorer : "Sarkozy ? Villepin n'y fait pas attention, glisse un proche du premier ministre. Il est comme Chirac face à Balladur ou Jospin : il nous dit de ne pas y prêter attention."

Nicolas Sarkozy se vante-t-il, le 13 septembre, auprès des journalistes qui l'accompagnent en Pologne, des résultats d'une enquête IFOP selon laquelle les sympathisants de droite préfèrent largement le ministre de l'intérieur au chef du gouvernement ­ "cinquante points d'avance sur Villepin, c'est humiliant quand même" : l'entourage du premier ministre affecte la patience d'une mère pour un enfant intenable et capricieux : "Ridicule et puéril" .

La proximité avec le chef de l'Etat est une autre composante de la rivalité entre les deux hommes. L'un, Sarkozy, le connaît depuis trente ans ; l'autre, Villepin, travaille à ses côtés depuis douze ans. L'un, Sarkozy, le voit une fois par semaine ; l'autre, Villepin, presque tous les jours. "Pourquoi Sarkozy s'oppose-t-il à Chirac, alors qu'il y fait sans cesse référence ?" , se demande un proche du premier ministre, décelant une faille psychologique dans cette relation ambiguë. Au risque d'ajouter de l'eau au moulin de ses détracteurs, le numéro deux du gouvernement en rajoute. Confirmant avoir eu une explication houleuse avec le chef de l'Etat, le 23 septembre, à propos de la Turquie, il lâche : "Ce n'était agréable ni pour lui ni... pour moi." Commentaire d'un ministre : "Il préfère être ridicule face à Chirac pour montrer qu'il reste toujours son interlocuteur numéro un." A l'Elysée, les commentaires sont assassins. Le ministre y est jugé "velléitaire et orgueilleux" . "Il peut déraper, dit-on encore. Il ne sait pas fixer les limites."

Autre champ clos de l'affrontement entre les deux hommes : l'international. Dans cette partie-là, Villepin bénéficie d'une estimable avance. A lui la tribune de l'ONU, les sommets européens et internationaux. A Sarkozy les assemblées de militants, les meetings de province. "Vous imaginez Sarko là, à la tribune de l'ONU ?" , interroge insidieusement un conseiller de Matignon. Resté à Paris, Sarkozy réplique : "On ne parle pas aux Français depuis New York."

Dernière bataille, la guerre des images. Chacun peut voir sur ce terrain ce qui oppose Villepin à Sarkozy. L'un est grand et souriant ; l'autre petit et crispé. Sans le dire, Matignon compte que la comparaison se fera un jour à l'avantage du premier ministre. Celui-ci joue de son corps dans les vagues de l'Atlantique tandis que M. Sarkozy affecte d'être grippé pour refuser de faire du footing avec lui. Et quand Villepin affiche son sourire, Sarkozy, empêtré dans ses déboires conjugaux, ne sait quelle contenance prendre : "Ou je suis sérieux et l'on dira que je suis déprimé, dit-il. Ou je suis souriant et l'on écrira que je drague tout le monde." L'entourage du premier ministre a bien vu cette autre faille, mais promet ­ pour l'instant ­ de ne pas s'en servir.

Depuis quelques jours, Matignon tente d'accréditer l'idée que M. Sarkozy ne ferait pas ­ ou mal ­ son travail de ministre de l'intérieur. "Vous avez vu les dernières statistiques de la délinquance ? Elles ne sont pas très bonnes" , glissent, l'air de rien, les conseillers de M. de Villepin. De l'autre côté de la Seine, dans le fortin de la Place Beauvau, on fait le dos rond : "Ou tu te vexes et tu deviens méchant, explique un membre de la garde rapproché de Sarkozy. On peut aussi décider d'être grands seigneurs..."

------------------------------------------

PRESIDENTIELLES : AVANTAGE SARKOZY

Pour 42 % des Français (contre 34 %) et 61 % des électeurs de droite (contre 26 %), Nicolas Sarkozy sera un meilleur candidat UMP que Dominique de Villepin en 2007.

Selon un sondage BVA pour Le Figaro et LCI, publié jeudi 6 octobre, au second tour, M. Sarkozy ferait mieux que M. de Villepin contre Ségolène Royal qui, au passage, se révèle la meilleure candidate PS (53 % à 47 %, contre 51 % à 49 %). M. de Villepin obtiendrait mieux que le président de l'UMP contre Laurent Fabius (59 % à 41 %, contre 58 % à 42 %). Contre Dominique Strauss-Kahn, ils feraient le même score (57 %). Le sondage a été réalisé du 30 septembre au 1er octobre, auprès de 811 personnes.

Sources : LE MONDE

Posté par Adriana Evangelizt

Publicité

Publié dans Villepin Sarkhozy

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article