LE CRI DE LA GARGOUILLE LE SOIR AU FOND DE LA BOURSE

Publié le par Adriana EVANGELIZT

Un excellent article sur les privatisations en France... Dominique de Villepin saura-t-il faire le bon choix ?

LE CRI DE LA GARGOUILLE (1) LE SOIR AU FOND DE LA BOURSE

par Gérard Blandin

Dominique de Villepin, le poète claudelien de Matignon, s'était donné cent jours - pas un de plus - pour redonner confiance aux Français (avec le succès insigne qu'on connaît). Heureusement que notre homme providentiel ne s'est pas soumis à la même contrainte pour réussir les privatisations annoncées. Car, à n'en pas douter, on se dirigerait tout droit vers un waterloo financier.

Prenons, par exemple, le dossier exemplaire de la Société nationale maritime Corse Méditerranée. Après une gestion calamiteuse (six patrons en dix ans, subventions en veux-tu en voilà, avantages sociaux exorbitants du style « un jour en mer, quatre jours de repos », etc.), l'Etat actionnaire décide de privatiser la compagnie à 100 %. Pourquoi pas ? Après tout, la SNCM n'évolue plus sur un marché captif. Au terme d'une « consultation » express, celui qui tire le gros lot se trouve être un camarade de promotion d'un certain de Villepin, Dominique. Evidemment rien à voir avec le Premier ministre, comme l'homonymie pourrait le laisser supposer. Les syndicats tapent du poing sur la table, les grèves se durcissent ; le courage aidant, l'Etat recule. Finalement, la menace d'un dépôt de bilan se précise, avec, à la clé, 2 400 emplois dans la balance. Réussite totale.

Ouvrons maintenant le dossier sensible des autoroutes (ASF, APRR et Sanef). L'Etat étant aux abois, avec une dette publique hypertrophiée, décision est prise de vendre ces bijoux de famille par un appel public à candidature au lieu de passer par le Parlement, au motif que l'Etat ne détient pas directement 50 % du capital. Procédure pour le moins cavalière qui ravit, on s'en doute, tous nos compatriotes. Français, cochons de payants, prenez votre ticket au péage et circulez, y'a rien à voir ! « Il aurait certes été possible de vendre les actions de l'Etat au fil de l'eau, comme l'a précisé Thierry Breton, ministre de l'Economie et des Finances, mais leur vente en abondance pourrait conduire à une chute des cours. » Ben voyons, l'ancien patron de France Télécom a sûrement oublié toutes les finesses des placements rapides entre zinzins, comme les a pratiqués son prédécesseur à Bercy.

Dans ces conditions, est-il humain d'aborder la privatisation partielle d'EDF, pardon, l'ouverture du capital ? Nous ne voudrions pas subir les foudres d'Amnesty International. Allez, juste un mot pour dire que la privatisation annoncée pour début octobre est désormais renvoyée aux calendes grecques ou plutôt corses, d'aucuns estimant que le sort de l'électricien est intimement lié à celui de la SNCM. L'avenir le dira. Comment donc sortir le gouvernement de ce mauvais pas ? Deux possibilités. 1) Demander conseil à Lionel Jospin, orfèvre en la matière - bien qu'il s'en défende - pour avoir privatisé plus qu'Edouard Balladur et Alain Juppé. 2) Faire appel à Paul Dubrule et Gérard Pélisson, les deux cofondateurs d'Accor, qui ont peut-être un autre neveu en réserve de la République

(1) Par référence au livre de Dominique de Villepin paru aux éditions Albin Michel, 2002.

Sources : LA VIE FINANCIERE

Posté par Adriana Evangelizt

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Publié dans PRIVATISATION

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