LA GARDE PRETORIENNE DE DDV
Il est bon de pouvoir compter sur quelques amis. Ils ont oublié Jean-Louis Debré dans la liste.
Les porte-voix de Dominique de Villepin à l'Assemblée
par Bruno JEUDY
LES VILLEPINISTES, combien de divisions ? Dominique de Villepin est arrivé à Matignon sans troupes. Lui, le non-élu, n'avait jamais cherché à cultiver des réseaux d'élus. Mais, alors que la majorité des députés préfère se tenir à l'écart de la rivalité entre le premier ministre et le président de l'UMP, quelques francs-tireurs jouent désormais les porte-voix du villepinisme. Ce «noyau dur», composé d'une vingtaine de députés, défend le premier ministre contre la gauche et... les lieutenants de Nicolas Sarkozy.
Hervé Mariton, le libéral. Jusqu'à l'arrivée de Dominique de Villepin à Matignon, seuls les médias anglais et russes s'intéressaient au député maire de Crest (Drôme). A 48 ans, ce polytechnicien polyglotte – il parle l'anglais et le russe couramment – est désormais régulièrement interrogé par la presse française. Et cette consécration, il la doit à Dominique de Villepin. Spécialiste des questions de transport et d'économie, il fait partie de la «task force emploi» du premier ministre. De sensibilité libérale, il se sent néanmoins en parfait accord avec l'homme de Matignon : «Sarkozy est moins libéral qu'on ne le dit et Villepin plus libéral qu'on ne le pense.»
Jean-Pierre Grand, la «grande gueule». A 55 ans, l'élu de l'Hérault faisait partie jusqu'à présent de la troupe des anonymes du Palais-Bourbon. Ce fidèle de Jacques Chaban-Delmas s'était fait remarquer, l'an passé, en s'opposant à Nicolas Sarkozy. Au point de mener une véritable croisade contre le président de l'UMP dont il déteste le style et l'orientation politique. Et puis, au printemps dernier, il a reçu chez lui, à Castelnau-le-Lez, celui qui n'était alors que ministre de l'Intérieur. «J'ai été impressionné par Dominique de Villepin», se souvient-il. Naturellement, il s'est donc autoproclamé député villepiniste dès l'entrée en fonction de son champion. Depuis, cette «grande gueule» ne quitte plus la salle des Quatre-Colonnes à l'Assemblée où il défend Villepin coûte que coûte.
Georges Tron, l'ex-balladurien. Pilier de l'équipe d'Edouard Balladur entre 1993 et 1995, le député et maire de Draveil (Essonne) n'a jamais caché sa détestation de Nicolas Sarkozy. Il a très tôt milité en faveur de la nomination de Villepin à Matignon. Depuis, il essaie d'organiser ses réseaux à l'Assemblée nationale : «On ne cherche pas à se compter. C'est trop tôt», dit-il. Avant la réunion du bureau politique, c'est lui qui a pris la plume et signé le texte des cinq députés villepinistes opposés aux primaires. «L'émergence du villepinisme est en train de se faire sans agressivité.»
Marie-Jo Zimmermann, la recrue. Le député de Moselle a surpris les sarkozystes en cosignant la tribune antiprimaires parue dans Le Figaro. «Je veux qu'en 2006 on gouverne. La présidentielle c'est pour 2007», répond celle qui préside la délégation des femmes à l'Assemblée nationale. Egalement rapporteur de l'Observatoire de la parité, Marie-Jo Zimmermann bénéficie d'une bonne cote tant à Matignon qu'à l'Elysée. «J'aime bien la méthode de travail de Villepin. Je mets mes compétences au service du premier ministre. Sa réussite sera aussi celle des députés», souligne l'élue de Lorraine qui fait partie du «groupe emploi» de Matignon. Chef de file de l'UMP à Metz, elle accueillera le chef de l'Etat le 6 janvier à l'occasion de ses premiers voeux décentralisés.
Jean-Luc Warsmann, l'expert. A 40 ans, ce jeune élu a déjà l'expérience des anciens : il siège à l'Assemblée depuis dix ans. Les avis de ce député des Ardennes sont très écoutés à Matignon. «C'est un gros bosseur et une pointure juridique», dit-on du vice-président de la commission des lois dans l'entourage du premier ministre. Villepin a d'ailleurs effectué un de ses premiers déplacements dans son fief des Ardennes. A l'Elysée aussi, on ne tarit pas d'éloges sur cet élu. Jacques Chirac a, d'ailleurs, tenu à le recevoir au début du mois en tête à tête.
Sources : LE FIGARO
Posté par Adriana Evangelizt