LA LEVEE DE L'ETAT D'URGENCE

Publié le par Adriana EVANGELIZT

Bonne initiative pour le début de l'année 2006 et il était même "urgent" de la mettre en oeuvre...

Le décret d'exception pris pendant les émeutes en banlieue ne se justifiait plus.

Jacques Chirac met enfin fin à l'état d'urgence

Président des bonnes nouvelles ! Il lui en fallait une ce matin pour démarrer sa traditionnelle séquence des voeux et Jacques Chirac l'a trouvée : à compter du 4 janvier 2006, l'état d'urgence instauré depuis le 8 novembre est officiellement supprimé. Cette mesure est «inscrite à l'ordre du jour du Conseil des ministres» qui a lieu ce matin, précise un communiqué de l'Elysée tombé hier soir.

Jacques Chirac avait en réalité pris sa décision dès le début de la semaine dernière. Ses services avaient demandé au ministère de l'Intérieur de préparer le décret mettant fin à l'urgence. Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy en avaient alors directement parlé ensemble. Selon un proche du ministre de l'Intérieur, «le décret était prêt dès la fin de semaine, n'attendant plus que l'aval et la signature du président de la République». Mais l'Elysée et Matignon ne souhaitaient pas donner le sentiment d'une forme de relâche policière avant la nuit de la Saint-Sylvestre, où traditionnellement des voitures flambent un peu partout en France. Mais après avoir reçu dans la matinée, hier, le Premier ministre, Dominique de Villepin, «pour faire un point général de la situation», le chef de l'Etat a jugé nécessaire de mettre fin au plus vite à cette mesure d'exception décrétée durant les violences urbaines de novembre devenue obsolète, et surtout de plus en plus contestée devant les tribunaux (lire ci-contre).

Grogne. Avec ce geste d'apaisement réclamé par la gauche, Jacques Chirac espère aussi coller à une opinion qui comprenait mal pourquoi le pays vivait toujours sous couvre-feu potentiel. Le Parti socialiste, qui ne s'était pas opposé à son instauration, avait affirmé, fin novembre, que la prolongation de l'Etat d'urgence était «un mauvais signe». Même si quelques dispositions du texte étaient encore appliquées (comme la restriction de vente d'essence au détail) dans certains départements, c'est surtout la portée symbolique de cette mesure qui était contestée. Sa mise en oeuvre avait d'ailleurs donné lieu à toute une série de calculs, revirements et autres bisbilles au sommet de l'Etat entre Jacques Chirac, Dominique de Villepin et Nicolas Sarkozy (Libération du 5 décembre).

Sous la pression des députés de la majorité craignant que l'électorat de droite se jette dans les bras de Le Pen, Dominique de Villepin avait poussé pour le scénario du couvre-feu dès le lendemain des violentes émeutes à Evreux du 5 décembre. Un temps dubitatif sur la nécessité de réactiver une loi symbole de la guerre d'Algérie, Jacques Chirac s'était laissé convaincre «face à l'obligation d'une annonce forte», comme l'expliquait alors un de ses conseillers. Nicolas Sarkozy, lui, s'était montré plus réticent encore, estimant que cette mesure créait davantage de problèmes qu'elle n'en résolvait.

Sources : LIBERATION

 

Le Conseil des ministres approuve la levée de l'état d'urgence

Le Conseil des ministres a adopté mardi un décret levant à partir de mercredi l'état d'urgence instauré le 8 novembre pour faire face aux violences dans les banlieues, a-t-on appris de source gouvernementale.

L'Elysée avait annoncé lundi soir que le président Jacques Chirac avait décidé de mettre fin à l'état d'urgence à compter du 4 janvier, après avoir discuté de la situation avec le Premier ministre Dominique de Villepin.

L'état d'urgence, une mesure exceptionnelle datant du début de la guerre d'Algérie, avait été décidé par le chef de l'Etat le 8 novembre en pleine crise des banlieues. La loi du 3 avril 1955 permet notamment d'instaurer des couvre-feux et de procéder à des perquisitions sans le contrôle d'un juge.

L'état d'urgence avait ensuite été prolongé par le Parlement à partir du 21 novembre pour une durée de trois mois.

Dans ses voeux au gouvernement, un peu plus tôt, Jacques Chirac avait souligné que cette mesure exceptionnelle "était indispensable pour donner aux forces de l'ordre les moyens d'agir". "C'était évidemment une décision de précaution, de protection et une décision strictement temporaire. Au vu de la situation de ces dernières semaines, j'ai décidé d'y mettre fin", a-t-il dit.

Il a également affirmé qu'il fallait une "accélération de l'action" en faveur de l'égalité des chances", à l'école, dans l'accès aux universités et à l'emploi en entreprise et dans la fonction publique.

Par ailleurs, Jacques Chirac a appelé le gouvernement à "accélérer son action en 2006", en particulier en faveur de l'emploi, et à ne pas se déchirer avant l'heure pour la présidentielle de 2007, lors de ses voeux au gouvernement.

"Les échéances viendront à leur heure. L'expression des ambitions, qui sont parfaitement légitimes en démocratie, doit venir elle aussi à son heure", a dit le chef de l'Etat dans une sorte de rappel à l'ordre aux deux candidats potentiels de la droite pour 2007, Nicolas Sarkozy et Dominique de Villepin.

Lors de cette cérémonie, qui ouvrait la séquence des voeux de Jacques Chirac, le chef de l'Etat a rappelé aux ministres qu'"aujourd'hui, notre honneur, notre exigence, c'est de redoubler d'efforts au service du pays" et d'être "solidaires et rassemblés dans l'action", selon le texte de sa déclaration rendu public par l'Elysée.

"Nos concitoyens attendent cela de nous: gouverner, agir, répondre à leurs difficultés et à leurs aspirations et le faire dans la cohésion et l'unité".

Jacques Chirac a ainsi fixé comme "feuille de route" au gouvernement de Dominique de Villepin "l'approfondissement mais aussi l'accélération de l'action en 2006".

Il a cité l'emploi "avec notamment l'engagement de la réforme du financement de notre système de protection sociale pour le rendre plus favorable à l'embauche en France" et la politique industrielle "avec la priorité donnée à l'énergie et au numérique".

Le président de la République, se félicitant d'une baisse du chômage pour le huitième mois consécutif en novembre, a rendu "un particulier hommage" au "travail" et à "l'engagement" du gouvernement "sous l'autorité du Premier ministre".

Mais il leur a demandé de "mieux encore (...) expliquer" les succès obtenus, soulignant qu'il s'agissait là de "la clé de la confiance". "C'est essentiel pour amplifier notre politique de modernisation du pays", a-t-il dit.

Il a également insisté sur le renforcement de la lutte contre l'insécurité, l'immigration clandestine et "les détournements de nos lois, notamment en matière de regroupement familial".

Jacques Chirac a d'autre part annoncé que le nombre de tués sur les routes "devrait être très certainement inférieur à 5.000 en 2005", demandant au gouvernement de "redoubler d'efforts" en matière de sécurité routière mais aussi dans la lutte contre le cancer et l'action en faveur des handicapés, les trois "chantiers" qu'il avait lancés en 2002.

Sources : LE FIGARO

Posté par Adriana Evangelizt

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Publié dans LA LIBERTE EN DANGER

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