SARKO LARGUES PAR LES JEUNES
Tant va l'eau à la cruche qu'elle se casse. L'image de Sarko s'est craquelé, fissuré... et sa sortie du gouvernement ne fera qu'accroître sa descente. Il a eu le tort de croire qu'il représentait le Peuple Français dans ses façons péremptoires. A cela s'est ajouté un penchant communautariste qu'il n'arrivait plus à cacher. Et beaucoup de regards se sont ouverts. Le reste n'est plus qu'une question de temps.
Les jeunes font grise mine à Sarko
Une alerte ? Publiés en décembre 2005, deux des derniers sondages mesurant l'indice de popularité de Nicolas Sarkozy affichent une baisse brutale de 9 points, après une hausse aussi sensible en novembre à la suite des émeutes dans les banlieues. Dans le baromètre TNS Sofres pour Le Figaro Magazine, la cote du ministre de l'intérieur passe de 54 à 45 % ; dans celui d'Ipsos pour Le Point, elle chute de 63 % à 54 %. Plus problématique : le ministre de l'intérieur ne parvient pas à décrocher son rival Dominique de Villepin, qui reste à un niveau de popularité comparable, voire supérieur.
Pour les proches du président de l'UMP, ces brusques variations ne sont que la manifestation d'un effet de "Yo-Yo" sans grande conséquence. L'un d'eux risque cette explication maritime : "Quand on est en haut du mât, les changements de direction sont plus forts et les effets du quotidien plus sensibles." Pour Brice Hortefeux, "M. Sarkozy se maintient sans problème dans le peloton de tête".
Tous se rassurent en analysant le niveau d'"excellentes opinions" enregistrées par leur champion : mesuré par plusieurs instituts, il se situe en moyenne depuis janvier 2005 aux alentours de 20 %. "Pour l'instant, se réjouit Thierry Saussez, spécialiste en marketing politique et conseiller de M. Sarkozy, Nicolas est le seul à être qualifié pour le second tour." Il n'empêche : vu de Matignon, le moindre point perdu par M. Sarkozy est vécu comme une bataille gagnée par le premier ministre.
Pour les sondeurs, l'effritement de sa popularité tient à deux facteurs : "Une interrogation sur sa capacité à régler les problèmes de sécurité et sur son image", selon Brice Teinturier, de la Sofres ; "un clivage de plus en plus net de ses soutiens au fur et à mesure que sa candidature s'impose", pour Pierre Giacometti, d'Ipsos. Ce dernier note que M. Sarkozy a atteint son plus haut niveau en décembre 2002 avec 67 % de bonnes opinions : un score qui décline et devrait décliner encore au fur et à mesure que l'image partisane du candidat se substitue à celle du ministre.
Les instituts enregistrent tous une baisse de popularité chez les jeunes, chez les ouvriers et dans l'électorat de gauche. Si les scores de M. Sarkozy n'y ont jamais été très élevés, ils n'ont jamais été aussi bas depuis la crise des banlieues. Stéphane Rozès de l'institut CSA explique : "Vis-à-vis des problèmes de la banlieue et de leurs habitants, les jeunes ont eu un réflexe d'identification victimaire. Même s'ils réprouvent les incendies de voitures, ils tiennent Sarkozy pour le premier responsable des violences." Pour M. Teinturier, l'électorat populaire a aussi pu se sentir "stigmatisé" par le mot "racaille", employé par M. Sarkozy à l'encontre de certains habitants de la banlieue. Parallèlement, les enquêtes font apparaître une image "brutale", alors que celle de M. de Villepin est souvent qualifiée par les sondés de "rassurante".
Ces chiffres et ces analyses, Nicolas Sarkozy les connaît. Il sait qu'il ne pourra pas se laisser longtemps distancer dans ces catégories par Dominique de Villepin. Ni laisser son image se réduire à celle de "premier flic de France". "Aucun segment de l'électorat ne doit être négligé", explique Manuel Aeschlimann, conseiller de M. Sarkozy et parlementaire des Hauts-de-Seine. Pour Roger Karoutchi, autre élu de ce département, le candidat à la présidentielle doit désormais tenter d'associer "la fermeté du ministre de l'intérieur" à "la sérénité du président de l'UMP".
Cette synthèse peut-elle aboutir ? En élargissant son audience pour se poser en rassembleur, M. Sarkozy risque de perdre dans le noyau dur de son électorat. Pour M. Giacometti, "un tel niveau de popularité dans son propre camp est inédit. On n'a pas vu ça depuis Chirac dans les années 1980". Une référence à laquelle, quoi qu'il en dise, M. Sarkozy n'est jamais insensible.
Sources : LE MONDE
Posté par Adriana Evangelizt