LES LIMITES DE SARKOZY

Publié le par Adriana EVANGELIZT

Où l'on note que Sarko n'a rien dit sur le CPE, ne l'a pas défendu, c'est pourtant une idée à lui mais c'est Villepin qui trinque... on voit là encore la façon de procéder...

"On finit par voir les limites de l'action de Nicolas Sarkozy"

par Robert Schneider,
rédacteur en chef
du service politique
du Nouvel Observateur


Nicolas Sarkozy voit sa popularité baisser, mais il n'est le seul: l'ensemble du gouvernement paraît en difficulté. Lui qui cherchait à se démarquer du gouvernement est-il malgré tout associé à son bilan ?

- Il l'est en effet et c'est le principal enseignement du sondage TNS-Sofres. La cote de popularité de Dominique de Villepin est au plus bas. Il rejoint le niveau qui était le sien lors de son entrée en fonction, niveau qui était d'ailleurs le plus bas de tous les nouveaux locataires de Matignon de la Ve République. La baisse de Dominique de Villepin et de plusieurs ministres entraine celle de Nicolas Sarkozy. Les enquêtes d'opinion montrent que c'est d'abord le CPE qui fait plonger la cote de Dominique de Villepin. Sur ce sujet, Nicolas Sarkozy a fait preuve d'une grande prudence, ne le défendant pas beaucoup. Il y eu également l'odyssée ridicule du Clemenceau, dans laquelle Nicolas Sarkozy n'est pour rien. Il n'a aucune responsabilité non plus dans la mauvaise gestion de l'épidémie de chikungunya à La Réunion.

Cela prouve, qu'il le veuille ou non, que le sort du ministre de l'Intérieur est lié à celui du gouvernement, dont il est le numéro 2 mais dont il cherche pourtant à se démarquer le plus possible.


Seul consolation pour Nicolas Sarkozy: la baisse de Dominique de Villepin. L'unique argument du Premier ministre pour appuyer sa candidature à la présidentielle était sa popularité. Si elle disparaît, il ne lui reste plus grand-chose, alors que Nicolas Sarkozy, lui, demeure président de l'UMP.

Au-delà des difficultés que rencontre le gouvernement, est-ce que l'image de Nicolas Sarkozy s'est modifiée ?

- Il est un peu tôt pour le dire. Nicolas Sarkozy a déjà connu des chutes de popularité, même si elles étaient moins fortes. Cela s'explique. Plus nous nous approchons de l'échéance présidentielle, plus il perdra en popularité: des sympathisants de gauche qui disaient lui faire confiance ne vont pas le soutenir pour autant. A l'approche d'une élection, les choix se radicalisent.

Nicolas Sarkozy avait frappé les esprits par son parler clair. Avec le temps, on finit par voir les limites de son action.

On se rend compte que dans les banlieues, qu'il disait vouloir nettoyer au karcher, les bandes et l'insécurité sont toujours présentes. Nicolas Sarkozy communique beaucoup et bien. Il a eu l'habileté de souvent se placer sur des terrains où on ne l'attendait pas. Il a théorisé le fait qu'il ne faut jamais rechercher le juste milieu, tout en trouvant un équilibre: d'un côté je tape dans les banlieues, de l'autre je crée le Conseil supérieur du culte musulman; je ferme Sangatte, mais je suis contre la double peine.


Par ailleurs, certains pensent que la censure du livre sur Cécilia Sarkozy a contribué à modifier l'image de Nicolas Sarkozy. Je ne le crois pas. La plupart des Français ne s'y sont pas intéressés. En revanche, le fait qu'il puisse discuter avec le patron d'Europe-1 de l'embauche d'un journaliste au service politique rappelle furieusement un passé que l'on croyait révolu. Nicolas Sarkozy est bien le fils de Jacques Chirac! Quant à l'emploi des mots "racaille" ou "karcher", cela a sans doute plu à un certain électorat de droite, mais cela n'a pas contribué à construire une image présidentielle.

Peut-on parler de la fin d'un phénomène Sarkozy et d'un retour à une popularité d'un niveau plus habituel ?

- A un an et demi de la présidentielle de 2002, Lionel Jospin était nettement plus populaire… Il faut donc relativiser tous ces sondages. Dans un an, la donne politique sera différente. La baisse de la popularité de Nicolas Sarkozy indique qu'il traverse un passage difficile. Il y a une interrogation sur son action, son image et son éventuelle adéquation avec les attentes des Français. Pour autant, il reste le plus populaire à droite. C'est d'autant plus vrai si on compare sa popularité à la perception de l'action du gouvernement: 86% des Français estiment qu'il n'est pas efficace pour lutter contre la hausse des prix, 85% qu'il n'est pas efficace pour lutter contre le chômage, en outre 82% des sondés pensent que les choses vont aller plus mal à l'avenir. A la longue, le rejet du pouvoir chiraquien risque de le tirer lui aussi vers le bas.

Propos recueillis par Baptiste Legrand
(le vendredi 3 mars 2006)

Sources : LE NOUVEL OBSERVATEUR

Publicité

Publié dans Nicolas Sarkozy

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article